«Laura is dead» (saison 1, épisode 1)
Le pilote de Twin Peaks, qui peut aisément être vu comme un film d’une durée de 90 minutes, s’ouvre sur la découverte du cadavre d’une jeune fille sur la rive d’un lac, enveloppé de plastique. L’exposition de la série est marquée par la mort, mais également l’amour, les deux concepts prédominants dans Twin Peaks.
L’introduction de chaque protagoniste se fait par l’annonce du décès de la fameuse Laura Palmer, héroïne sacrifiée de la série, objet de tous les mystères et convoitises. On comprend qu’elle était une jeune femme aimée, et importante dans le microcosme de cette ville, nouant des liens, parfois peu évidents, avec chacun de ses habitants. C’est tout Twin Peaks qui est meurtri. Le lyrisme poignant du Laura Palmer’s Theme de Badalamenti épouse les larmes et les cris de douleur inconsolables de Sarah et Leland, parents de la victime, et de Donna Hayward, sa meilleure amie.
Par la grandeur de la mise en scène de David Lynch, Le spectateur entre dans Twin Peaks par l’affect, et tisse des liens émotionnels avec l’ensemble des personnages, bien avant d’apprendre à les connaître. Du visage sans vie entouré de plastique d’une jeune anonyme, la séquence se clôt sur le portrait encadré de Laura Palmer, lumineuse et souriante, en Miss Twin Peaks.

