Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer de dimension. Formé à Boston en 1999 autour de Kasson Crooker, Liz Enthusiasm et Sean Drinkwater, le groupe s’est d’abord construit comme une petite curiosité synthpop, bricolée autour d’un Yamaha QY-70 et de quelques machines. Les premiers concerts se jouent dans des fêtes, devant des amis, sans autre ambition que de s’amuser. Le groupe ouvre notamment pour Splashdown, puis pour Cibo Matto, avant de se retrouver associé à Harmonix, alors en train de développer des jeux musicaux comme Frequency et Amplitude. Le lien avec les jeux vidéo commence presque par hasard. Harmonix manque alors de musique pour Frequency et demande à Kasson Crooker, qui travaille avec le studio, s’il n’a pas quelques morceaux à proposer. Il répond qu’il a du Freezepop. En quelques années, le groupe passe ainsi du statut de petite formation synthpop de la scène indépendante à celui de groupe que certains spectateurs viennent voir parce qu’ils l’ont découvert dans un jeu. C’est dans ce contexte que Less Talk More Rokk va prendre une nouvelle dimension.
Le groupe avait déjà commencé à se faire connaître dans les jeux musicaux, notamment avec Frequency et Amplitude. Mais avec l’arrivée de Guitar Hero II, Freezepop est désormais familier de cet univers et Kasson Crooker comprend mieux ce qui peut fonctionner dans ce type de jeu. Less Talk More Rokk, qui n’a pas été écrit spécifiquement pour un jeu vidéo, va alors particulièrement bien s’y prêter. Sean Drinkwater estime que le morceau était la bonne musique, au bon moment et au bon endroit. Kasson va d’ailleurs le retravailler, en modifiant notamment les progressions des refrains pour les rendre plus complexes. Pour Liz Enthusiasm, le groupe n’écrivait pourtant pas ses morceaux en pensant aux jeux : leur musique avait simplement déjà quelque chose de « video gamey ». Avec Guitar Hero II, cette affinité devient un véritable accélérateur de notoriété pour Freezepop. Lorsque Freezepop débute, la scène électronique reste encore relativement marginale à Boston et la culture musicale locale demeure largement orientée vers le rock. Avec leurs claviers, leurs boîtes à rythmes et leurs pistes d’accompagnement, les membres du groupe sont souvent envoyés du côté des scènes gothiques et industrielles. Les jeux musicaux vont paradoxalement leur offrir un espace où cette différence devient un avantage.



