Les prédateurs, de Tony Scott (1983)
Miriam (Catherine Deneuve) est une vampire née en Egypte il y a 4000 ans, demeure immortelle et toujours aussi sublime. Son secret pour rester belle: se nourrir de sang humain. Sa passion: écumer les boîtes de nuit en quête de sang neuf. Jusqu’au jour où son compagnon (David Bowie), rencontré il y a belle lurette, commence soudainement à vieillir. Prête à tout pour le sauver, elle se met en tête de séduire Sarah (Susan Sarandon), une spécialiste des mécanismes du vieillissement. Bien entendu, rien ne se passe comme prévu. En prenant des détours parfois alambiqués, Scott a excellemment exploité le potentiel romantique du vampire en greffant une dimension affective sur une histoire qui ne rechigne pas sur la surenchère horrifique. Involontairement ou non, le jeune cinéaste dépoussière le mythe que ce soit d’un point de vue narratif (les personnages ne réagissent pas comme prévu face aux événements), visuel (héritage Watkinsien, montage serré) et musical (utilisation d’une bande-son marquante et lyrique qui amplifie l’expression des sentiments). De toute évidence, l’écrin est somptueux à tel point que les ramifications de l’histoire ont un intérêt moindre en dépit d’une thématique passionnante sur l’immortalité. Il convient ainsi de prendre le film comme un trip extatique, contemplatif, envoûtant et sensoriel où ce que l’on comprend est moins important que ce que l’on ressent. Un cauchemar éveillé qui n’en finit plus de hanter.