Dracula, pages tirées du journal d’une vierge, de Guy Maddin (2004)
Esthète illuminé fasciné par les bidouillages formels et les histoires tortueuses où les personnages obéissent à leurs pulsions et dérèglent toute bienséance scénaristique à la grande stupéfaction des cartésiens, le canadien Guy Maddin est adulé depuis des lustres par une poignée de cinéphiles. Dans sa version muette et dansée de Dracula, Maddin s’inspire d’un ballet de scène et respecte les grandes lignes du roman. A travers une illustration ironique du mythe, il rend ouvertement une foultitude d’hommages: au surréalisme, au gothique, à l’expressionnisme, à l’avant-garde soviétique, aux films muets des années 20. Foutraque, pas le meilleur Maddin mais des idées comme souvent. Au moins, on ne s’ennuie pas.