Dracula, de Francis Ford Coppola (1992)
Si vous aimez vous faire raser les joues par Gary Oldman, si vous aimez être reluqué par des yeux maléfiques pendant que vous vous amusez sous la pluie, si vous aimez les musiques qui rentrent avec insistance dans le cerveau, si vous aimez les caméras qui voltigent, si vous aimez la confrontation des mondes et des acteurs, si vous aimez les fous qui hurlent dans les asiles, si vous aimez les portraits qui vous fixent avec insistance, si vous aimez les aliments recouverts de papier aluminium, si vous aimez les seins de Monica Bellucci, si vous aimez les scènes d’orgie sanguinolentes, si vous aimez le Marquis de Sade, si vous aimez boire du sang sur un torse, si vous aimez les personnages qui ont l’impression d’être zieutés en permanence, si vous aimez l’humanité désespérée de Gary Oldman, l’innocence de Winona Rider, les manières de Keanu Reeves et l’humour vanneur de Anthony Hopkins en Van Helsing, alors (on dit bien alors!) vous aimerez cette adaptation de Bram Stocker par Francis Ford Coppola. Un film malade, fascinant par ses audaces, ses prises de risque permanentes et son pouvoir hypnotique. Même s’il prend quelques libertés avec le matériau original, son film est plein d’un lyrisme inspiré. Il s’agit d’une grande oeuvre sur un XIXe siècle, aube de la modernité. On voit les corps nus, les vapeurs d’absinthe, les étreintes empoisonnées et l’amour impossible. Coppola, à son habitude, a réalisé l’exploit de s’approprier le sujet, offrant l’un de ses grands rôles à un acteur d’exception, Gary Oldman.