[TWIN PEAKS] 30 ANS, 30 ECLATS CHAOS

«The idea for all of this really came from a dream?» (Saison 1, épisode 3)

Au terme de son troisième épisode, Twin Peaks assume définitivement son extravagance, sa bizarrerie rafraichissante. Lynch et Frost ont révolutionné le petit monde de la série TV de l’époque jusqu’alors principalement habitué aux soap opera et aux séries policières (ne sous-estimons pas non plus l’importance de séries comme Le Prisonnier ou La Quatrième dimension dans les années 1960). Toutefois, les créateurs ont eu la belle idée de ne pas prendre ces deux genres de haut. Twin Peaks est bien l’alliage des deux, parasité par le style Lynchien et la patte scénaristique de Mark Frost.

Lynch et Frost offrent dans l’épisode 3 de la saison 1 un moment d’anthologie, de non-sens merveilleux typique à Twin Peaks. Alors que Dale Cooper et le shérif Truman font leurs premières découvertes dans l’affaire Laura Palmer, l’agent du FBI décide d’employer une méthode inédite et surtout peu déontologique pour lui donner définitivement de l’élan. En notant les noms des personnages commençant par la lettre «J» sur un tableau, il pense pouvoir déterminer qui est le fameux «J» que Laura était nerveuse à l’idée de retrouver le soir de son assassinat. A chaque fois qu’un nom est annoncé, ainsi que le lien qui rattache cette personne à la défunte, Cooper lance un caillou en direction d’une bouteille en verre située à une vingtaine de mètres. Si le caillou frappe, et au mieux casse la bouteille, la correspondance entre le mystérieux «J» et le nom annoncé est forte. La bouteille cassera au nom de Leo Johnson. Une méthode tibétaine à laquelle croit fort Cooper, et qui lui a été révélé en rêve. 

Lynch et Frost s’amusent des codes habituels et rationnels des films ou séries policières, en faisant de l’irrationnel une source de vérité. Twin Peaks affirmera de plus en plus cette logique onirique comme sa structure prévalente, au risque de perdre son spectateur. Un style que Lynch avait déjà esquissé (Blue Velvet, Sailor et Lula) voire embrassé (Eraserhead) dans son œuvre, mais qui deviendra définitivement sa marque de fabrique à partir de Twin Peaks, véritable laboratoire pour ce cinéaste de génie.

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