En 2010, Marcus Lambkin, alias Shit Robot, publie son premier album, From the Cradle to the Rave, sur DFA Records, le label de James Murphy. Parmi les neuf titres, Losing My Patience accueille Alexis Taylor, chanteur et claviériste de Hot Chip, dont la voix apporte au morceau cette mélancolie légèrement désabusée qui traverse souvent le groupe britannique. Sur une base house et électro très dansante, Lambkin installe une pulsation souple et des claviers qui avancent sans jamais forcer. Taylor ne cherche pas à transformer le morceau en chanson de Hot Chip : sa voix se glisse plutôt dans la mécanique de Shit Robot, créant ce contraste entre euphorie du dancefloor et vague à l’âme.
Le morceau devient ensuite un single à part entière en avril 2011, avec sa version originale, un remix de Hot Chip et trois versions des Unabombers. Dans leur remix, Hot Chip étire le morceau jusqu’à plus de sept minutes, accentuant le groove et développant davantage son potentiel de dancefloor. Losing My Patience résume finalement assez bien le projet de Shit Robot : une musique de club nourrie par la house, le funk, l’électro et le disco, mais suffisamment mélodique pour accueillir les voix singulières de l’écosystème DFA. Taylor y apporte la fragilité, Lambkin la pulsation : une petite chanson de patience perdue qui préfère danser plutôt que s’effondrer.



