En 1998, Laurent Étienne est plus connu sous le nom de Roudoudou, un pseudonyme utilisé dès 1981, alors qu’il animait des émissions de radio. Son émission, Tout l’univers, reposait sur des vieux tubes, des musiques kitsch, des génériques de télévision et beaucoup de second degré. Pour renforcer le côté cartoon et enfantin de l’émission, lui et son ami, qui se faisait appeler « Caramel », ont choisi des noms dans cet esprit : Laurent est devenu Roudoudou. Normal donc qu’il ait gardé son nom au moment de sortir Tout l’univers : Listener’s Digest, son premier album sous ce nom.
Ancien animateur de Radio Nova et chanteur du groupe Oui Oui, il développe ici une musique électronique pleine de fantaisie, qui mélange funk, disco, dub, house, breakbeat, jazz et easy-listening. Le disque ressemble à un véritable collage sonore, entre références rétro, samples et ambiances de musique de film. Parmi les titres qui se démarquent, figure cet étonnant Peace and Tranquility to Earth… qui donne réellement à penser que oui, la paix et la tranquillité sont possibles sur notre bonne vieille planète bleue. Le morceau s’appuie notamment sur un sample de My Dear and Kind Sir de Harbinger Complex. Sa construction repose sur une boucle entêtante, un groove downtempo et des éléments sonores qui se répètent jusqu’à créer une atmosphère presque hypnotique. La guitare qui accompagne le morceau contribue également à son identité.
Mais sa popularité, il la doit surtout à son utilisation dans Les Yeux dans les Bleus, le très célèbre documentaire consacré à l’équipe de France de football pendant la Coupe du monde 1998. Le titre accompagne les images de cette équipe victorieuse et s’inscrit durablement dans la mémoire collective. Il est également utilisé dans des publicités et dans le générique de l’émission de France Culture La Suite dans les idées, ce qui contribue à élargir encore son audience. Le morceau continue ensuite sa route avec plusieurs éditions. Un CD maxi publié chez Delabel en avril 2001 propose la version originale ainsi que deux remixes, signés Olaf Hund et Mako. Ces nouvelles versions prolongent la vie du titre, qui reste l’une des compositions les plus reconnaissables de Roudoudou, autre exemple parmi les exemples de cette électronique française des années 1990, fondée sur le détournement des sons, l’humour et le goût du collage.



