Les Forbans de la nuit, de Jules Dassin (1950)
Réunissant dans la capitale Anglaise, Richard Widmark et la toujours remarquable Gene Tierney, Les Forbans de la nuit nous invite à une plongée sans concessions dans le Londres des défavorisés et de la rapine, ce monde hors du monde où l’on survit d’arnaques et de coups le plus souvent hasardeux. S’attardant sur la figure d’un escroc velléitaire et narcissique, Jules Dassin pour cette escapade en terre londonienne nous confie à un film noir très abouti, véritable modèle du genre. En effet, en suivant la chute annoncée et programmée de celui qui se voulait à raison comme le futur grand promoteur de catch de la cité Anglaise, il inscrit à l’image, la lente et inexorable décrépitude d’un homme que tous vont fuir et trahir. Pour l’argent, par amour ou dans le seul but d’échapper à la mort et de se venger, chacun trouvera son compte à voir Harry Fabian déchoir puis horriblement terminer. Sans concessions ni artifices temporisateurs ou mièvres, Les forbans de la nuit, longtemps honni en Angleterre pour le portrait qu’il en dressait reste assurément l’une des plus fameuses réussites du cinéaste, l’une des incontournables prouesses du genre et plus encore l’un des meilleurs rôles au cinéma de Richard Widmark avec Le Port de la Drogue de Samuel Fuller et Panique dans la Rue d’Elia Kazan.