La soif du mal, de Orson Welles (1958)
Le plan-séquence initial est rentré à lui seul au panthéon du septième Art. Orson Welles filme noir comme un affrontement sans pitié entre deux représentants des forces de l’ordre aux principes opposés. Charlton Heston et Orson Welles s’épient avant de s’affronter à la frontière du Bien et du Mal, à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. Los Robles, ville gangrénée par les caïds, le voyeurisme, le goût de la chair et du sang, devient le théâtre de l’absurdité et de la peur. Un grand film noir sur la déshumanisation latente de citadins happés par l’appel du Mal. Séduisant, terrifiant, étrange ou bien surprenant, il fait en effet passer son spectateur par tous les états tout en le maintenant dans une trame qui ne peut s’achever que dans le sang et la corruption du vice.