Vous reprendrez bien un peu de film noir?

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A bout de souffle de Jean-Luc Godard (1960)
Il s’agit du seul film de Jean-Luc Godard qui soit explicitement rattaché à un genre, c’est-à-dire le polar. Une part des innombrables qualités de ce premier film tient à l’omniprésence du genre en lui-même, en tant qu’objet de discours de l’œuvre. Ceci s’inscrit pleinement dans le projet du réalisateur, qui a toujours voulu faire « des films de recherche sous forme de spectacle ». Ainsi, A bout de souffle est à la fois un film documentaire qui s’interroge sur le genre du polar, et une fiction consacrée à la cavale d’un gangster. Ce n’est évidemment pas cette dernière caractéristique qui fait toute l’importance de ce film, mais bien la réflexion du cinéaste autour du genre, au travers des nombreuses références qui émaillent l’œuvre. Ces références comptent, parmi les plus évidentes, le pouce sur les lèvres de Belmondo, qui rappelle celui de Bogart, acteur emblÈmatique du genre, mais aussi la présence à l’écran de Melville, spécialiste français du film policier. D’autres citations plus discrètes n’en sont pas moins, elles aussi, les signes certains d’une sorte de quête sur le genre du polar: les affiches de Tout près de Satan d’Aldricht et de Plus dure sera la chute en sont un exemple parfait. Film désespéré, hanté par l’obsession de la mort chez Michel, lui-même un « mort en permission » comme Lénine, cité dans le film, le soulignait, A bout de souffle est une œuvre absolument complète, riche d’un nombre impressionnant de trouvailles esthétiques et témoin d’une maîtrise absolument parfaite de l’art cinématographique par Godard ainsi que de la volonté du cinéaste de donner un véritable sens à son œuvre.

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