Red Rock West de John Dahl (1993)
Ce n’est pas pour rien que John Dahl a été dans les années 90 considéré comme le nouveau pape du film noir tant ses œuvres revisitent systématiquement les thèmes du genre, tout en en explorant les nombreuses variations. De Last Séduction à Kill Me again en passant par Les Joueurs prenant place dans l’univers du poker ou encore Mémoires suspectes dans lequel il inclut un sobre élément fantastique, voilà un réalisateur qui n’a cessé de rendre ses lettres de noblesse au genre. Mais c’est surtout avec ce Red Rock West à l’atmosphère oscillant entre trahison aride et traquenard pluvieux que le réalisateur donne toute la force de son talent. Mettant en scène un Nicolas Cage bon gars sur qui le sort s’acharne, voilà une œuvre crépusculaire dont les diverses situations, les rebondissements et surtout le final, gouverné par le nihilisme de son personnage principal, plante une ambiance amère dont on se souviendra longtemps.