Les tueurs, de Robert Siodmak (1946)
Une véritable référence du genre dont la mise en scène virtuose tire véritablement le récit d’Ernest Hemingway vers des hauteurs insoupçonnables à la lecture… La construction en flash-back légitime l’utilisation de superbes figures de styles tant formelles que scénaristiques et rend cette histoire d’amour entre un boxeur un peu candide et une délicieuse femme fatale fascinante. Robert Siodmak crée une atmosphère palpable en jouant sur les ombres, les sur-cadrages ou les plongées et se permet d’élaborer une structure narrative complexe rarement utilisée dans les années 1940. Burt Lancaster et Ava Gardner, couple du film noir par excellence, brillent par leur interprétation et maîtrisent le ton composite des dialogues toujours teintés d’ironie et d’ambiguïté. Traduisant la morosité du lendemain de la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis, Les Tueurs est également un réel constat social à travers son personnage principal qui se laisse mourir et ne tente finalement plus d’échapper à son triste sort.