Vous reprendrez bien un peu de film noir?

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A fleur de peau de Steven Soderbergh (1995)
On a toujours pris Steven Soderbergh pour un cinéaste contemporain. En fait, ce serait plutôt un cinéaste du passé. La plupart de ses films sont rattachés, ouvertement ou pas, à ses aînés. A fleur de peau ne cache pas ses origines puisque c’est le remake officiel de Pour toi j’ai tué de Robert Siodmak. A presque cinquante ans d’écart, Soderbergh reprend donc l’histoire d’un joueur compulsif se faisant balader par le bout du nez par son ex-femme. Dans un premier temps, ça sonne bizarre: le freluquet Peter Gallagher n’est pas vraiment des plus qualifiés pour marcher dans les pas de Burt Lancaster. Tout comme Allison Elliott fait une piètre femme fatale en comparaison d’Yvonne De Carlo. Pas grave, tout tient sur l’acharnement de Soderbergh à vouloir se réapproprier le film de Siodmak. Récit éclaté en enchevêtrement tordu de flash-backs, utilisation de la lumière comme élément psychologique, et surtout vision acerbe de la middle-class révélant pour donner la vraie tonalité du film: pas de place pour les sentiments. Plus que Sexe, mensonge et vidéo, A fleur de peau fait affleurer à la surface la vraie nature d’un cinéaste: une certaine forme de misanthropie désabusée.

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