Vous reprendrez bien un peu de film noir?

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Les Amants de la nuit de Nicolas Ray (1949)
Prototype parfait du film noir, Les Amants de la Nuit est au cinéma ce que fut L’attrape-cœurs de J.D.Salinger pour la littérature, un classique indémodable et toujours aussi puissant sur la jeunesse et ses vicissitudes dans une Amérique interlope et désespérée. Précurseur de Bonnie and Clyde et de la Balade Sauvage, ce film qui relate l’évasion puis la tentative de rédemption du jeune Bowie nous raconte le périple amoureux d’un couple traqué. Deux adolescents traversent ainsi les Etats-Unis à la recherche de la paix et du bonheur afin d’élever l’enfant que porte Keechie. Mais comme dans tout film noir, la fin souvent désespérante fait intervenir avec brutalité et frontalité, le principe de réalité. Et c’est trahi puis débusqué que dans le sang du drame, se clôt cette folle échappée. Portée de tout son long par la sincérité et la naïveté qu’une vie nouvelle est possible pour les plus désargentés, l’histoire de ces abîmés de l’American Way of life est emblématique d’une exclusion rampante et d’un destin qui serait déjà écrit. Avec ce film servi par un sens du cadrage remarquable et un noir et blanc sublimes, Les Amants de la nuit s’impose comme l’un des films les plus bouleversants qui soit. Modèle pour Truffaut et Godard qui le tenaient en haute estime, Nicolas Ray a réussi avec ce métrage pourtant vieux de presque soixante ans à mettre sur pellicule, le déchirement et l’extrême profondeur d’une peine irrépressible.

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