Vous reprendrez bien un peu de film noir?

0
802

Lost Highway, de David Lynch (1997)
Dick Laurent est mort. Ce message obscur, transmis sur l’interphone de Fred Madison, semble venir de nulle part. Saxophoniste de talent, marié à la superbe Renée, Fred pourrait être un homme comblé, mais ses doutes sur la fidélité de sa femme le rongent petit à petit. Un matin, le couple trouve une cassette vidéo sur le palier et visionne son contenu: des images de leur maison prises jusque dans leur chambre. Troublés, ils préviennent immédiatement la police, mais les événements étranges se poursuivent. Le doute s’installe en lui. L’autoroute perdue du film mène le personnage principal vers un hôtel paumé où d’étranges réminiscences, des morts proches et des souvenirs traumatisants refont surface. Ou comment revoir la vie d’un schizophrène en quelques minutes. Le film, à la structure bipartite et hétérogène, se présente comme une boucle où le protagoniste Fred Madison (Bill Pullman) recolle les morceaux de son puzzle mental. Parcours identitaire? Autopsie d’un couple en crise? Les doutes subsistent. De manière plus claire, Lynch dissèque le cauchemar d’un homme qui se substitue à un autre le temps d’un rêve malaisant. Entre la vie (la première partie) et la mort (la seconde). Robert Blake (l’homme en noir) est la clé pour passer d’un monde à l’autre, du réel à celui, plus précieux, de l’onirisme. En réalité, il appartient aux deux (il possède le don d’ubiquité dans une scène mémorable), symbolise le mal schizophrène et ajoute un degré de paranoïa. On le comprend très précisément dans une scène qui fait ouvertement référence au Docteur Mabuse de Fritz Lang avec cette phrase qui glace l’échine: On s’est déjà rencontré, n’est-ce pas? Lost Highway suscite des interrogations qui poussent le spectateur à le regarder à répétition au risque de devenir fou.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici