Vous reprendrez bien un peu de film noir?

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L.A. Confidential, de Curtis Hanson (1997)
Les meilleures surprises arrivent souvent là où on ne les attend pas. Quand Curtis Hanson, estimable mais guère estimé réalisateur de La Main sur le berceau et La rivière sauvage, s’attèle à l’adaptation de l’un des multiples pavés de James Ellroy, L.A. Confidential, l’amateur éclairé et le cinéphile exigeant baillent de concert. Deux quasi-inconnus, australiens qui plus est, figurent en tête d’affiche aux côtés d’une ex-star bientôt has-been, Kim Basinger. Kevin Spacey et Danny de Vito apportent il est vrai un certain cachet à ce casting qui ne paie pas de mine au premier abord. A la sortie, c’est le choc: intelligemment condensée par Brian Helgeland, cette fresque sur la corruption policière à Hollywood devient un monument de film noir moderne, avec ses actrices au bord du gouffre, ses dealers de drogue pour stars en manque, ses policiers totalement soumis au pouvoir de l’argent, et pire, de la célébrité. Seuls dans cette débâcle, les officiers incarnés par Russell Crowe et Guy Pearce doivent s’allier malgré leurs différences pour démêler une inextricable affaire de meurtre. Dans un rôle taillé sur mesure, l’ex-déesse de 9 semaines ½ remporte l’Oscar aux côtés du scénariste prodige, et le casting masculin croule sous les éloges, pour une fois bien méritées. Doté d’un rythme impeccable, baigné dans une somptueuse lumière rétro et favorisant les interactions entre ses trois protagonistes principaux, L.A. Confidential impose le respect et détonne sérieusement dans un genre où les décors font souvent office de naphtaline et les chapeaux mous de cache-misère.

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