Le baiser du tueur de Stanley Kubrick (1955)
L’effet pervers, quand on a connu une carrière aussi irréprochable que celle de Stanley Kubrick, c’est de voir ses chefs-d’œuvre éclipser naturellement ses bons films. Tel est le cas du Baiser du Tueur, second long métrage porteur d’alléchantes promesses du metteur en scène américain. Kubrick s’y plie aux codes du film noir avec une évidente allégresse, et invoque les loosers magnifiques (comme chez Robert Wise, le héros est un boxeur sur le retour) et les femmes vénéneuses aussi facilement que John Woo fait voler les colombes. Il n’oublie pas au passage d’imprimer le film de sa touche personnelle, en nous livrant en guise de conclusion l’une de ces scènes qui vous marque de façon indélébile. Ici ; un combat à la hache d’un réalisme saisissant se déroulant dans une manufacture de mannequins d’exposition. Tout cela avec le budget aspirine des techniciens des effets spéciaux sur une super-production US…