Festival de Cannes 2025 : Ari Aster, Julia Ducournau, Gregg Araki, Dominik Moll, Lynne Ramsay… premiers pronostics pour la 78e édition

Gros poissons attendus, bruits de couloir incertains et autres intuitions (au doigt mouillé) glanées ici et là : comme chaque année, place à notre liste de pronostics cannois, recelant plus de 75 films.

Magellan de Lav Diaz
C’est la grosse côte de dernière minute. Lav Diaz a annoncé lors d’une masterclass au Doha Film Institute avoir soumis au comité de sélection cannois une version courte (2h45 quand même !) de son projet de 9h centré sur Beatriz Barbosa de Magallanes, l’épouse de Magellan. Produit par Andergraun Films (Espagne), Rosa Filmes (Portugal) et Black Cap Pictures (Philippines), le film avait d’abord été annoncé avec un synopsis suggérant que Beatriz serait au cœur de l’histoire – d’où son titre provisoire, Beatriz, l’épouse. S’adressant au site Deadline après la masterclass, Diaz a déclaré que la version courte avait été rebaptisée Magellan et se concentrerait davantage sur l’explorateur, même si la version de 9h n’est pas enterrée. C’est Gael Garcia Bernal qui incarne le célèbre explorateur devant la caméra de Lav Diaz. Le cinéaste philippin ferait son retour sur la Croisette après avoir présenté Norte, la fin de l’histoire en 2013 à Un Certain Regard et Halte à la Quinzaine des cinéastes en 2019. Une première en compétition n’est pas à exclure. M.B.

Coutures de Alice Winocour
Fini ? Pas fini ? On a longtemps considéré Coutures d’Alice Winocour hors course pour intégrer la sélection cannoise, la production du film ayant démarré tardivement l’année dernière, il se pourrait que le film produit par Pathé pourrait être proposé à temps au comité de sélection. Si tel est le cas, autant vous dire que le film pourrait se faire une place en compétition, vu son potentiel : Maxine est une réalisatrice américaine embarquée dans un parcours de vie et de mort alors qu’elle arrive à Paris pour la Fashion Week et que son existence va entrer en collision avec celles de deux autres femmes. Au casting on retrouve Angelina Jolie dans le rôle-titre, accompagnée de Louis Garrel, Elia Rumpf, Garance Marillier, Finnegan Oldfield et la mannequin soudanaise Anyier Anei. Un joli tapis rouge digne des plus grands défilés de mode. M.B.

F1 de Joseph Kosinski
Aux côtés de Mission Impossible : Final Reckoning, c’est l’autre blockbuster pressenti pour être projeté en avant-première au Festival de Cannes. D’autant plus que le précédent film de Joseph Kosinski, Top Gun Maverick, avait bien profité de ce créneau pour lancer une belle carrière en salles par la suite (premier film à plus d’un milliard de dollars de recette post-Covid). Après Tom Cruise, c’est Brad Pitt qui tient la vedette devant sa caméra, dans un long-métrage commandé par la marque F1 avalisée par la Fédération Internationale Auto (et produite par Lewis Hamilton). Et ça tombe bien puisque le lendemain de la clôture du Festival de Cannes aura lieu le Grand Prix de Monaco à quelques kilomètres de là. L’occasion pour la FIA de s’offrir une belle publicité. M.B.

Das geträumte Abenteuer de Valeska Grisebach
Cinéaste rare, Valeska Grisebach aurait enfin bouclé son troisième long-métrage, Das geträumte Abenteuer (littéralement « L’Aventure rêvée »), 8 ans après le très prometteur Western découvert à Un Certain Regard. La cinéaste allemande est repartie en Bulgarie faire un film narrant l’histoire d’une femme qui vit dans la région frontalière entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie, et accepte un accord un peu particulier pour aider une amie qui va la mettre dans une situation dangereuse. Elle va devoir se confronter à ses désirs. Un retour à Un Certain Regard ou une entrée à la Quinzaine des cinéastes est à prévoir. M.B.

Sillage d’ombre de Carlos Reygadas
Cinéaste hautement chaos et imprévisible, le mexicain Carlos Reygadas aurait terminé le montage de Sillage d’ombre, succédant à Nuestro Tiempo en 2018, le seul de ses films à avoir été présenté en dehors du Festival de Cannes. On devrait donc croiser quelque part à Cannes le réalisateur récompensé d’une mention à la Caméra d’or pour Japon, un Prix du jury pour Lumière silencieuse et un Prix de la mise en scène pour Post Tenebras Lux. On sait peu de chose au sujet de Sillage d’ombre, au-delà du fait que le film a été financé en Pologne où il a été partiellement tourné concomitant à des prises de vue au Mexique. Une sélection à Cannes Première comme son compatriote et ami Amat Escalante en 2023 avec Lost in the Night est envisageable. M.B.

Autoscopie de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine
Arrivé à nos oreilles par l’entremise du meilleur fournisseur de France – Thomas Gastaldi de wask.fr – ce nouveau Nicolas et Bruno (Message à caractère informatif) sent bon la Quinzaine des Cinéastes et son créneau grosse marrade, qui a déjà manqué par le passé de nous fracturer la côte droite (Le livre des solutions en 2023, Les Pistolets en plastique l’an passé). Le film réunit Laurent Lafitte, Blanche Gardin (les deux acteurs de Tout le monde aime Jeanne), Olga Kurylenko, Marc Fraize et Zabou Breitman. Voici le pitch officiel : Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence. G.R.

Bono: Stories of Surrender de Andrew Dominik
Daté au 30 mai sur Apple TV, ce documentaire musical devrait, comme le Velvet Underground de Todd Haynes en 2021 ou le Gimme Danger de Jim Jarmusch en 2016 (un de nos meilleurs souvenirs cannois, avec Iggy Pop qui fait n’importe quoi dans la salle), rallier le Hors-compétition. Andrew Dominik est le réalisateur de Blonde et de L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, et Bono est toujours l’insupportable leader de U2 (voilà presque 50 ans que ça dure) : on nous murmure dans l’oreillette que le biopic Disney autour de Bruce Springsteen, Deliver Me From Nowhere de de Scott Cooper, serait lui aussi dans les tuyaux, d’autant que le grand Bruce est en tournée française au même moment… Will Thierry make it? G.R.

Nino de Pauline Loquès
Théodore Pellerin, William Lebghil, Salomé Dewaels, Jeanne Balibar, Younès Boucif ou encore Victoire du Bois réunis dans le film d’une jeune française (remarquée en 2017 avec le court La vie de jeune fille) et dont le seul pitch connu à ce jour a été révélé par les collègues de Cineuropa : L’errance d’un jeune homme dans Paris, tiraillé entre son envie de solitude et son besoin des autres. Nous y croyons. G.R.

Sirat de Oliver Laxe
« Un père, accompagné par son fils, part à la recherche de sa fille disparue en Afrique du Nord » : l’attente est grande autour du nouveau Oliver Laxe, porté par Sergi López et Bruno Núñez (de la série La Mesias), pour ce qui ressemble à s’y méprendre à une entrée en Compétition officielle. Pour rappel, Vous êtes tous des capitaines, Mimosas et Viendra le feu ont déjà fait le Grand Chelem Quinzaine, Semaine et UCR. Il s’agirait de grandir, Oliver… G.R.

La petite dernière de Hafsia Herzi
Autre chouchou de Cannes, Hafsia Herzi, sur qui on serait fou de ne pas mettre une petite piécette. La réalisatrice de Tu mérites un amour (Semaine de la Critique) et Bonne mère (UCR), fraîchement récompensée du César de la meilleure actrice, revient avec une libre adaptation du roman de Fatima Daas. On y suit le personnage de Fatima (coïncidence ? sûrement pas), cadette d’une famille d’immigrés algériens, qui quitte son lycée de banlieue pour une prépa huppée. Featuring Aloïse Sauvage, Park Ji-min, Anouar Kardellas, Luna Ribeiro, Élisa Libri, Nacer Bouhanni, Olivia Courbis et Némo Schiffman. Et si elle était là, la surprise de la Compèt ? G.R.

Love me tender de Anna Cazenave Cambet
Et encore un film pour Tandem, distributeur qui risque d’être aussi fortuné cette année qu’en 2024: la réalisatrice de De l’or pour les chiens (Semaine 2020) a réuni du beau monde pour cette adaptation de l’ouvrage éponyme de Constance Debré. Vicky Krieps, Monia Chokri, Antoine Reinartz, Park Ji-min, Salif Cissé, Clotilde Courau, Viggo Ferreira-Redier, Féodor Atkine, Aurélia Petit : bien que hautement rémunérés, nos indics cannois ne savent pas encore nous dire où le film ira, mais il en sera. G.R.

The Love that Remains de Hlynur Palmason
Cinéaste chéri du Chaos dès ses débuts, Hlynur Palmason pourrait enfin se voir ouvrir les voies quasi impénétrables de la Compétition avec son quatrième long-métrage, The Love that Remains. Trois ans après avoir impressionné son monde avec Godland à Un Certain Regard, l’Islandais pourrait être surclassé avec un projet plus conventionnel, un drame familial se concentrant sur une année dans la vie d’une famille alors que les deux parents se séparent. De Winter Brothers à Godland, en passant par Un Jour si blanc, Hlynur Palmason a toujours fait des conflits familiaux ou filiaux un thème majeur de sa filmographie. Ballottage Un Certain Regard et Compétition pour lui. M.B.

Rose de Markus Schleinzer
On avait perdu de vue l’autrichien Markus Schleinzer, héritier de Michael Haneke dont il a été le directeur de casting, depuis Michael, son premier long-métrage sélectionné en Compétition au Festival de Cannes 2011. En 2018, Angelo, film sur un esclave africain baptisé et éduqué au sein de la cour autrichienne du début du XVIIIe siècle n’avait pas eu les honneurs d’une sortie en salles en France. Schleinzer a tourné son troisième long métrage entre mai et décembre 2024. Avec Sandra Hüller en tête d’affiche, Rose est un drame historique qui se déroule aux lendemains de la guerre de Trente Ans (entre 1618 et 1648). Il suit l’arrivée d’un mystérieux soldat dans un village protestant isolé. Prétendant être l’héritier d’un domaine abandonné depuis longtemps, Rose présente un document pour authentifier ses dires, suscitant malaise et suspicion au sein d’une communauté soudée… Un sérieux candidat pour Un Certain Regard. M.B.

Fuori de Mario Martone
Alors que le réservoir italien s’annonce tari pour l’édition 2025 du Festival de Cannes, un cinéaste pourrait empocher le ticket d’or pour intégrer la Compétition : Mario Martone. Trois ans après Nostalgia, il reviendrait dans la sélection reine avec Fuori, biopic de Goliarda Sapienza, actrice et écrivaine italienne du XXe siècle, auteure du roman à succès L’Art de la joie, incarnée par Valeria Golino. L’actrice avait d’ailleurs réalisé une adaptation de ce même ouvrage dans une mini série dont le premier épisode a été présenté en Séance Spéciale l’année dernière à Cannes. M.B.

Urchin de Harris Dickinson
2025 où l’année des premiers long-métrages d’acteurs en vogue. Avec Chronology of Water et Eleanor the Great, Urchin pourrait être le troisième premier film d’un acteur anglo-saxon à débarquer sur la Croisette cette année. D’autant plus que son auteur, Harris Dickinson a une histoire particulière avec le Festival de Cannes, révélé dans la Palme d’or 2022, Sans Filtre de Ruben Ostlund. L’acteur, qu’on a depuis revu dans Iron Claw ou Babygirl, a tourné l’année dernière un drame racontant l’histoire d’un sans-abri londonien qui lutte pour sortir d’un cycle d’autodestruction tout en essayant de reprendre sa vie en main. La Semaine de la critique ou Un Certain Regard lui tendent les bras. M.B.

L’accident de piano de Quentin Dupieux
Tout juste datée au 2 juillet, la nouvelle livraison dupieuxienne – qui s’accompagne cette fois d’Adèle Exarchopoulos, Sandrine Kiberlain, Jérôme Commandeur et Karim Leklou – sent fort le détour cannois, option Cannes Première. L’homme aux 2 films par an y a maintenant son rond de serviette et son rince-doigts (le désormais fidèle label Chi-Fou-Mi Productions semble y avoir contribué). Les seuls éléments connus du pitch à ce jour : Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d’une de ses vidéos, Magalie s’isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. G.R.

Meteors, de Hubert Charuel 
Les retrouvailles à l’âge adulte de trois amis d’enfance, dont un est journaliste freelance : tout est au beau fixe pour le deuxième long de Hubert Charuel, dont on n’a plus trop eu de nouvelles depuis Petit Paysan (un syndrome « je prends du temps pour soigner mon deuxième long » qui avait totalement réussi à Thomas Cailley, souvenez-vous). On retrouvera justement Paul Kircher, Idir Azougli (Diamant brut) et Salif Cissé au casting : la Élizabeth Teissier qui sommeille en nous peut déjà vous dire que le film sera l’un des moments forts du festival. G.R.

Dracula Park de Radu Jude
Cinéaste roumain des plus iconoclastes des 20 dernières années, Radu Jude pourrait enfin débarquer cette année à la Croisette avec un long-métrage. L’habitué de Locarno et de la Berlinale, qui vient justement de présenter un film en compétition à Berlin, Kontinental’ 25, a un autre projet sous le coude. Dracula Park, tourné en septembre 2024, est un projet fou dont raffole le réalisateur de Bad Luck Banging or Loony Porn : lorsqu’un acteur incarnant Dracula s’enfuit d’un spectacle dans un restaurant, une poursuite chaotique s’ensuit alors que les touristes et les propriétaires poursuivent le « vampire ». En parallèle, un logiciel d’IA génère un kaléidoscope de récits sur Dracula, allant de commentaires sociaux à des versions futuristes, tissant une tapisserie définitive qui redéfinit la figure légendaire. Qu’un cinéaste roumain s’empare du plus grand mythe local quelques mois après Nosferatu nous réjouit. Une place à la Quinzaine des cinéastes lui paraît toute réservée. M.B.

Flesh of the Gods de Panos Cosmatos
Alors qu’on peine encore, sept ans après sa présentation à la Quinzaine des cinéastes, à déterminer si Mandy est une arnaque ou un coup de génie, Panos Cosmatos pourrait bien faire son grand retour au format long cette année à Cannes. Le canadien d’origine grec, fils de George Cosmatos (Cobra, Rambo 2), a tourné Flesh of the Gods en fin d’année dernière à Los Angeles. Le film, produit par XYZ et Adam McKay, se déroule dans le LA scintillant des années 80. Chaque soir, Raoul et Alex, un couple marié, quittent leur luxueux appartement dans un gratte-ciel pour s’immerger dans l’univers nocturne électrique de la ville. Lorsqu’ils croisent le chemin d’une figure mystérieuse et énigmatique, connue sous le nom de Nameless, et de sa bande de fêtards invétérés, ils sont séduits par un monde glamour et surréaliste, fait d’hédonisme, de sensations fortes et de violence. Au casting, deux stars hollywoodiennes : Oscar Isaac et Kristen Stewart. Un thriller vampirique qu’on espère voir sélectionné en Séance de Minuit. M.B.

Rosebush Pruning de Karim Aïnouz
Encore lui. Le cinéaste brésilien d’origine algérienne pourrait faire son retour pour la troisième d’affilée sur la Croisette avec un film tourné à l’international, avec Elle Fanning, Riley Keough et Callum Turner. Rosebush Pruning est un remake des Poings dans les poches de Marco Bellocchio, chef-d’œuvre précurseur des mouvements sociaux de 1968, rien que ça. On peine à déterminer où va la carrière du réalisateur de Praia do futuro et La Vie invisible d’Euridice Gusmao depuis Le Jeu de la Reine et Motel Destino, mais pourquoi pas ? Même si une présence en Compétition n’est pas à proscrire, on l’imagine plutôt à Cannes Première ou Hors Compétition. M.B.

Romeria de Carla Simon
En dehors de Pedro Almodovar, on peine à se souvenir d’une présence d’un ou d’une cinéaste espagnole en Compétition, dans l’histoire récente du Festival de Cannes – Albert Serra étant l’exception, mais avec un film français, Pacifiction. Carla Simon pourrait changer cette année la donne avec Romeria, troisième long-métrage après Eté 93 en 2017 et Nos Soleils en 2022, Ours d’or la même année. Encore un film inspiré par son passé familial. L’intrigue suit Marina qui se rend à Vigo, en Galice, pour rencontrer la famille de son père biologique. Comme sa mère, il est mort du sida lorsqu’elle était très jeune. En rencontrant ses oncles, tantes et grands-parents, Marina tente de reconstituer un récit cohérent de son père et de l’histoire d’amour qu’il a vécue avec sa mère. On a du mal à voir Romeria ailleurs qu’en Compétition, mais les voix du Festival de Cannes sont impénétrables. M.B.

Renoir de Chie Hayakawa
Révélée en 2022 avec Plan 75 à Un Certain Regard, film d’anticipation sociétale sur l’euthanasie au Japon, mention spéciale de la Caméra d’or, Chie Hayakawa devrait logiquement faire son retour à Cannes cette année avec son second long-métrage, Renoir, soutenu notamment par Arte. La réalisatrice japonaise quitte la science-fiction pour relater une histoire très personnelle. Au cœur de l’été 1987 à Tokyo, alors que le Japon est au sommet de sa croissance économique, une jeune fille excentrique et sensible de 11 ans doit faire face au cancer de son père en phase terminale et au stress de sa mère déjà surchargée de travail. Chacun d’eux cherche désespérément des interactions humaines. Le tournage a eu lieu de mi-juillet à début septembre 2024 à Tokyo, et a déjà un distributeur en France (Eurozoom). Un retour à Un Certain Regard est à prévoir pour ce nouveau talent issu du Japon. M.B.

L’aventura de Sophie Letourneur
On sent un vent fort favorable autour du nouveau film de la précieuse Sophie Letourneur, reine de la Queer Palm l’an passé qui retrouve ici le jovial complice Philippe Katerine du tendre Voyages en Italie (2023). Arizona distribuera ce film narrant une nouvelle fois les mésaventures du couple Sophie et Jean-Philippe, accompagnés cette fois en vacances par leurs deux jeunes enfants. Rappelons que le film d’Antonioni avait essuyé des sifflets ici-même à Cannes en 1960, et que c’était également le cas du palmé La Dolce Vita, si Sophie cherche un titre à son prochain film… G.R.

Kika de Alexe Poukine
Alerte co-pro franco-belge avec du KIDAM et du Wrong Men à l’intérieur (ticket qu’on avait vu à la manœuvre sur Rien à foutre notamment) et où l’on retrouvera Makita Samba, Thomas Coumans et Manon Clavel en tête d’affiche, revenue des montagnes suisses de la série Winter Palace sur Netflix. Alexe Poukine est une photographe et réalisatrice belge qui s’est fait un nom dans le monde du documentaire – Sans frapper, Sauve qui peut, qui débarque d’ailleurs le 4 juin prochain dans nos salles tricolores – et le pitch de ce film de fiction a tout pour séduire le comité très belgophile de la Semaine de la Critique… Alors que son compagnon vient de mourir, Kika réalise avec stupéfaction qu’elle est enceinte. Complètement fauchée et le cœur en bouillie, elle hiérarchise ses priorités : 1. sortir de la mouise. 2. réfléchir à garder ou non cet enfant. G.R.

Baise-en-ville de Martin Jauvat
On ne présente plus trop Martin Jauvat, acteur-cinéaste fantasque auteur du rafraîchissant Grand Paris (2022) et qu’on est à peu près sûr de retrouver quelque part cette année, possiblement côté Théâtre Croisette. Ecce et Le Pacte sont ici à la manoeuvre et le casting promet de chouettes sessions photo : Emmanuelle Bercot, William Lebghil, Sébastien Chassagne, Anaïde Rozam, Michel Hazanavicius, Géraldine Pailhas, Annabelle Lengronne, Jérôme Niel… De quoi ça cause ? Sprite, un jeune adulte de vingt ans, revient à Chelles après une rupture amoureuse. Pour payer son permis de conduire et satisfaire ses parents, il rejoint Allo Nettoyo, une start-up de nettoyage nocturne dans la région parisienne. Incapable de se déplacer sans permis, il adopte le « baise-en-ville », une technique de sa prof d’auto-école pour passer la nuit chez des filles rencontrées sur une application. Sprite se débat dans cette nouvelle approche de séduction. G.R.

Des preuves d’amour de Alice Douard
Céline, 32 ans, attend l’arrivée de son premier enfant. Mais Céline n’est pas enceinte. Dans trois mois, c’est Nadia, sa femme, qui donnera naissance à leur fille… Nous croyons fort en ce premier long-métrage autobiographique (et bordelais) d’Alice Douard, récompensée du César du meilleur court-métrage de fiction en 2024 (L’Attente), et qui réunit ici un casting hautement cannes-compatible : Ella Rumpf, Monia Chokri, Noémie Lvovsky, Félix Kysyl, Anne le Ny, Julien Gaspar-Oliveri, Edouard Sulpice, Eva Huault… G.R.

Queens of the Dead de Tina Romero
La séance ricaine sur-vitaminée de la Quinzaine ? Fille de son père (aka le Grand George), Tina Romero suit dans ce teen movie horrifique un groupe éclectique de drag queens et de fêtards toqués contraints de mettre leurs différences de côté pour faire face à une menace : une armée de zombies prêts à tout pour leur dérober leur cerveau… Avec en tête d’affiche Katy O’Brian, révélée dans Love Lies Bleeding : attendez-vous à voir les sièges du Théâtre Croisette bien secoués par cette projection à guichet combles qu’on imagine tomber le premier samedi du festival. G.R.

Le Roi soleil de Vincent Maël Cardona
Une flatteuse réputation enrobe ce film réalisé par l’auteur des Magnétiques, l’un des rares films à s’être démarqué de la Quinzaine 2021. Pio Marmaï, Lucie Zhang, Sofiane Zermani, Panayotis Pascot ou encore Maria de Medeiros se donnent ici la réplique pour un pitch intriguant qui a tout du huis-clos paranoïaque (tremble, Le Prénom !). Nous sommes au petit matin, dans un bar-PMU miteux, où l’un des habitués gagne au loto 244 millions d’euros. Un des clients braque l’assemblée en subtilisant l’arme d’un policier. Un coup est tiré, laissant orphelin le ticket gagnant. Les autres clients y voient leur compte : on baisse le rideau, autant en profiter et se mettre d’accord. Enfermés, ils mettent le doigt dans un engrenage fatal. Qui restera vivant ? G.R.

La mort n’existe pas de Félix Dufour-Laperrière
Sous ce titre hamaguchien se cache l’un des rares films d’animation de notre sélection de pronostics, soit un film canadien distribué par UFO et vendu par BFF qu’on imagine bien avoir son petit succès d’estime over the croisette. « Long métrage d’animation coloré et fougueux, film d’idées et d’aventures, La mort n’existe pas est une fable sur l’irruption de la violence dans le monde, sur ses sources et ses effets, ses conséquences et ses troubles. Un film de métaphores et de paroles franches, douloureux et éclatant, sur l’engagement, les convictions profondes et l’urgence de remettre le monde en mouvement », peut-on lire sur le site du producteur principal du long-métrage en 2D, Embuscade films. On met un petit jeton sur ce titre. G.R.

The Phoenician Scheme de Wes Anderson
Daté le 28 mai par Focus Features, il ne fait aucun mystère autour de la présence du nouveau film de Wes Anderson à Cannes – puis Wes Anderson squatte pendant quelques semaines la Cinémathèque Française avec une rétrospective et une exposition qui lui sont dédiées. S’il a par le passé été associé à la Berlinale, le cinéaste texan est aujourd’hui un habitué de la Croisette, ses deux derniers films ayant été sélectionné en Compétition. Sauf surprise, The Phoenician Scheme, film d’espionnage autour de la relation entre un père et une fille dans le style propre au réalisateur, devrait connaître le même destin. Comment se passer d’un tel tapis rouge ? Benicio Del Toro, Scarlett Johansson, Bill Murray, Charlotte Gainsbourg, Tom Hanks, Mathieu Amalric, Benedict Cumberbatch, Riz Ahmed, Bryan Cranston, Jeffrey Wright, Michael Cera… Déjà la Palme de la montée des marches la plus glamour. Avant un prix, enfin, pour Wes Anderson ? M.B.

Highest 2 Lowest de Spike Lee
Cannes aime beaucoup Spike Lee. Et si cette histoire d’amour a été contrariée pendant près de 30 ans, entre les sélections en Compétition de Jungle Fever en 1991 et BlacKKKlansman en 2018, Thierry Frémaux a définitivement rouvert les portes de Cannes au cinéaste d’Atlanta en faisant de lui le Président du jury de l’édition 2021. Cette année, Spike Lee pourrait présenter son remake de Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa quelque part en officiel – on parie sur une présentation Hors Compétition ou à Cannes Première. Le titre : Highest 2 Lowest, première collaboration entre l’ex enfant terrible du cinéma américain et A24, avec au casting Denzel Washington, Jeffrey Wright, Ice Spice et ASAP Rocky. De quoi imaginer une version musclée et rap du film de Kurosawa. M.B.

Eleanor The Great de Scarlett Johansson
Alors qu’elle devrait en toute logique faire le déplacement pour la sélection en Compétition de The Phoenician Scheme de Wes Anderson, Scarlett Johansson devrait en profiter pour faire un tour du côté de La Semaine de la Critique ou Un Certain Regard pour présenter son premier passage derrière la caméra. Eleanor The Great raconte l’histoire d’Eleanor Morgenstein, 90 ans, qui retourne à New York suite au décès de sa meilleure amie, après avoir fui en Floride pendant des décennies. Tout en luttant contre la solitude et les difficultés qu’elle rencontre pour nouer de nouvelles relations à son âge, elle finit par se lier d’amitié avec un étudiant de 19 ans, formant un lien improbable qui les rajeunit tous les deux. Dans le rôle-titre, on retrouve June Squibb, actrice nonagénaire de légende, revenue en grâce l’année dernière avec le film Thelma, encore inédit chez nous. M.B.

Orphan de Laszlo Nemes
Véritable étoile filante du milieu des années 2010, Laszlo Nemes s’était imposé comme l’une des sensations du cinéma d’auteur européen dès son premier long-métrage, Le Fils de Saul, Grand Prix du jury à Cannes en 2015 puis Oscar du meilleur film étranger. Son film dans les camps de concentration, floutant tout hors-champs, avait beau avoir quelque chose de douteux, cela lui avait quand même valu une reconnaissance de la critique et de la profession. Trois ans plus tard, Sunset, présenté à la Mostra de Venise, connaît une trajectoire inverse, montrant les limites du système Nemes. Il lui aura fallu 7 ans pour se relever de cette déconvenue, mais le cinéaste hongrois prépare un double comeback. Alors que son biopic de Jean Moulin avec Gilles Lellouche dans le rôle de la figure de la résistance française ne débarquera qu’en 2027, Orphan, son troisième long-métrage, est fortement pressenti pour une sélection au Festival de Cannes 2025, et même en Compétition, en guise de rédemption. Encore une fois, le réalisateur explore les horreurs du XXe siècle avec une caméra rivée sur un orphelin de Budapest, en 1957, un an après la révolution hongroise, qui a vu l’échec d’un soulèvement contre l’URSS. M.B.

Amrum de Fatih Akin
Rien ne nous réjouit moins que l’éventualité de voir débarquer Fatih Akin cette année à Cannes, qui plus est en Compétition, comme pressenti par la plupart de nos confrères. Ceci dit, vu le nombre de candidats qui frappent à la porte, le film pourrait être repositionné en section parallèle, Cannes Première ou Hors Compétition. Il faut dire qu’au tournant des années 2010, les films de l’allemand d’origine turc sont devenus le porte-drapeau d’un cinéma en forme de pudding auteuriste, à l’idéologie nigaude et bas du front, voire même l’expression d’un certain misérabilisme-porn académique. The Cut, In The Fade ou Golden Gloves sont parmi les films les plus nauséabonds passés dans des grands Festivals mondiaux au cours des 10 dernières années. Un style déjà en germe mais bien mieux maquillé dans les films qui ont construits sa renommée dans les années 2000 : Head On, De l’autre côté et Soul Kitchen. Pour Amrum, il retrouve Diane Kruger, qui avait gagné un prix d’interprétation en 2017 pour In The Fade, dans un film historique, aux derniers jours de la Seconde Guerre mondiale sur l’île d’Amrum au large de la mer du Nord. M.B.

The Chronology of Water de Kristen Stewart
Très attendu des pronostiqueurs, le premier film en tant que réalisatrice de Kristen Stewart, The Chronology of Water, qu’elle a également coécrit. L’actrice habituée du tapis rouge de Cannes depuis plus d’une décennie, travaille sur ce film depuis plus de cinq ans et décrit le film comme un projet profondément personnel. Basé sur le mémoire à succès de Lidia Yuknavitch publié en 2011, The Chronology of Water met en vedette Imogen Poots dans le rôle de l’auteure à différents moments de sa vie. Le film est annoncé comme une exploration approfondie de la sexualité, de la créativité, un regard sans détour sur ce qu’est d’avoir un corps féminin et une représentation sensible du vocabulaire émotionnel de la jeunesse. Le casting éclectique inclut Thora Birch, Earl Cave, Michael Epp, Susannah Flood, Kim Gordon et Jim Belushi. Peut-être trop gros et trop glamour pour la Semaine de la critique, The Chronology of Water a tout ce qu’il faut pour se démarquer à Un Certain Regard, et pourquoi pas en ouverture de cette même sélection ? M.B.

Woman and child de Saeed Roustayi
Saeed Roustaee a obtenu son visa pour la Compétition il y a trois ans avec Leila et ses frères. Si le film était reparti bredouille, il avait fait sensation (certains le voyaient très haut au palmarès), et avait obtenu le Prix de la critique internationale (FIPRESCI). C’est tout naturellement qu’on devrait le retrouver cette année en compétition à Cannes avec son nouveau projet, Woman and child, le Festival tenant régulièrement à avoir un représentant du cinéma iranien dans la catégorie reine. Décrit comme un drame familial contemporain de vengeance et de pardon, le film met en vedette Parinaz Izadyar (vue dans La Loi de Téhéran du même Roustaee) dans le rôle d’une infirmière veuve en difficulté avec son fils rebelle. Lorsqu’un tragique accident se produit, elle se retrouve trahie et cherche une forme de justice. M.B.

The Doctor says I will be alright, but I’m feeling blue, de Mascha Schilinski 
Attention grosse côte ! The Doctor says I will be alright, but I’m feeling blue, deuxième long-métrage de l’allemande Mascha Schilinski, dont le premier film, Dark Blue Girl, est encore inédit chez nous, pourrait être la surprise du chef de la compétition cannoise. D’après les premières rumeurs, le film aurait fait sensation auprès du comité de sélection, et serait en ballotage entre Un Certain Regard et la catégorie reine. Peu d’informations ont fuité sur le film si ce n’est qu’il s’agit d’un drame ambitieux sur la vie de quatre filles issues de différentes générations, liées par des souvenirs sur une période de cent ans. Wait and see. M.B.

Love on Trial de Koji Fukada
On n’arrive plus trop à suivre l’ancien grand espoir du cinéma japonais. Celui qui avait tourné parmi les films les plus fascinants du cinéma japonais des années 2010 (Hospitalité, Au revoir l’été, Sayonara), jusqu’à recevoir le Prix du jury à Un Certain Regard en 2016 pour Harmonium, s’est éparpillé entre projets mineurs étranges (Le Soupir des vagues), diptyques mélodramatiques (Suis moi je te fuis/Fuis moi je te suis) ou drames calibrés pour des festivals (L’Infirmière, Love Life). Des films tout sauf honteux, mais auxquels on peine à adhérer complètement. Faute de candidats sérieux venus du Japon, il pourrait même être parachuté en Compétition avec son nouveau long-métrage Love on Trial, qui suit une star de J-pop dont le succès est menacé lorsqu’elle tombe amoureuse, violant la clause « no love » de son contrat. Un sujet fort et d’actualité, particulièrement en Corée du Sud où la vie des stars de K-pop est dirigée par leurs maisons de disques, et où le moindre écart entraîne des vagues de haine dans la presse et sur les réseaux sociaux. Un film qui pourrait relancer la machine Fukada. De notre côté, on imagine plutôt le film à Cannes Première ou à Un Certain Regard. M.B.

Deux procureurs de Sergei Loznitsa
Grand cinéaste ukrainien du délitement des relations russo-ukrainiennes, Sergei Loznitsa a tourné l’année dernière son cinquième long-métrage de fiction. Lui qui mène en parallèle une belle carrière de documentariste, parfois à la lisière de l’expérimental, retrouve la fiction 7 ans après Donbass avec Deux procureurs, récit s’inspirant des écrits de l’auteur russe Gueorgui Demidov. Le film se déroule pendant la période des Grandes Purges staliniennes et dépeint la vie de la population civile partout en Ukraine en proie à une invasion barbare. Un sujet très actuel, à l’heure où se décide le destin du pays d’origine du cinéaste comme à une partie de Monopoly entre Poutine et Trump. Loznitsa a connu la compétition pour chacun de ses films, de My Joy à Une Femme douce. Seul Donbass, plus expérimental, s’est retrouvé à Un Certain Regard – où il a gagné le Prix de la mise en scène. On l’imagine ballotté entre les deux sélections pour Deux procureurs, à moins qu’on lui réserve une place dans l’antichambre de la Compétition, Cannes Première. M.B.

Eddington de Ari Aster
Aux dernières rumeurs glanées pendant le Festival de Berlin, A24 espèrerait lancer le nouveau Ari Aster (le monsieur derrière les très-palmes-du-chaos Hérédité, Midsommar et Beau is afraid) sur la Croisette cette année et viserait même la Compétition (le cinéaste n’a, curieusement, encore jamais mis les pieds là-bas)… Rappelons qu’il s’agit d’un western contemporain se déroulant en pleine pandémie, dans une ville fictive spécialisée dans l’extraction de cuivre au Nouveau-Mexique. Et qu’on y retrouvera Joaquin Phoenix, Emma Stone, Austin Butler et Pedro Pascal, shootés par un Darius Khondji aux petits oignons. Selon nos confrères de Variety, le film comportera des références à Hillary Clinton, Anthony Fauci, au port du masque obligatoire, George Floyd, Donald Trump ou encore à Tucker Carlson. Ne nous déçois pas, Thierry F. G.R.

Alpha de Julia Ducournau
C’est le premier nom qu’on a coché dans nos pronostics. La cinéaste récipiendaire de la Palme d’or pour Titane en 2021 a tourné son troisième long-métrage l’année dernière, le mystérieux Alpha, avec Golshifteh Farahani, Tahar Rahim et Emma Mackay. C’est donc sans surprise qu’il devrait intégrer la liste des nommés en Compétition à Cannes. Julia Ducournau a décrit Alpha comme son film le plus personnel. Le film se passe dans les années 1980 dans une ville imaginaire, en pleine épidémie de sida, et confronte la jeune Alpha, 11 ans, à l’un de ses parents tombé malade. Une expérience traumatique de la mort et de la destruction du corps, qu’on imagine flirter avec le body-horror cher à la cinéaste. M.B.

The Mastermind de Kelly Reichardt
On sait encore peu de chose du nouveau projet de notre cinéaste américaine préférée Kelly Reichardt, mais assez pour espérer une première cannoise en mai. The Mastermind a été tourné en octobre dernier, Mubi est derrière son financement. Deux ans après La Chimère de Alice Rohrwacher en Compétition à Cannes, Josh O’Connor retrouve un rôle d’amateur d’art qui ne s’embête pas avec la légalité. Cette fois, il incarnera un artiste qui organise un vol d’œuvres d’art durant la Guerre du Vietnam. Alana Haim, du célèbre trio Haim, et vue chez Paul Thomas Anderson (Licorice Pizza), a également été castée. Si les étoiles s’alignent comme il faut, Kelly Reichardt pourrait concourir pour la deuxième de sa carrière, 3 ans après Showing Up, pour la Palme d’or. M.B.

Nouvelle Vague de Richard Linklater
Tourné en mai dernier dans la capitale française, Nouvelle Vague, est, comme son nom l’indique, un hommage du cinéaste américain francophile Richard Linklater à Jean-Luc Godard, François Truffaut et toute leur génération. Le tournage avait créé un petit buzz dans la presse spécialisée l’année dernière. Se relayait partages d’annonce de casting pour incarne Jean-Pierre Léaud ou Bebel et reportages en direct des plateaux. Un vrai marathon pour le réalisateur de la trilogie Before, qui souhaitait boucler son film avant les Jeux Olympiques. On sait finalement peu de choses du film dont la grande majorité du casting est resté secret, si ce n’est qu’il se concentre sur la production de À bout de souffle de Jean-Luc Godard en 1959, et qu’il se déroule en partie pendant le Festival de Cannes de 1959, marqué par la projection des 400 Coups. La Compétition lui tend les bras, quitte à faire une redite du Redoutable de Michel Hazanavicius, mais on table davantage sur une présentation Hors Compétition, en guise d’ouverture du Festival. M.B.

Hope de Na Hong-Jin
Gros chouchou du Chaos, Na Hong-jin prépare son retour à la mise en scène depuis quelques années avec Hope, dont il a terminé le tournage en juillet dernier. Le cinéaste sud-coréen a réalisé pour la première fois un film à la fois dans sa langue natale et en langue anglaise, puisqu’on retrouve au casting Hwang Jeong-min, déjà présent dans l’immense The Strangers, ainsi que le couple Michael Fassbender et Alicia Vikander. On ne sait si ce thriller teinté de science-fiction sera prêt pour Cannes, en raison de sa postproduction au long cours (c’est une super production locale), mais on imagine mal Na Hong-jin, passé pour chacun de ses films sur la Croisette, louper le coche cette année, surtout qu’une place en Compétition semble lui tendre les bras. Il n’y a plus qu’à brûler un cierge et garder espoir – c’est après tout le titre du film. M.B.

Let The Music Fly de Jiang Wen
On doit à nos confrères du Hollywood Reporter cette entrée dans nos pronostics maisons. Il faut dire que le cinéaste auréolé du Grand Prix du jury en 2000 pour l’ahurissant Les Démons à ma porte s’est fait plutôt rare dans nos salles françaises en 25 ans. A l’exception d’un segment de New York, I Love You et du Soleil se lève aussi, les films de Jiang Wen sont restés inédits chez nous, malgré leur succès au box office chinois. Il se murmurait que son 7eme long-métrage aurait sécurisé une place à Cannes cette année, et pourrait même être le représentant du cinéma chinois en Compétition. On sait encore très peu de choses de ce film, dont le titre même est provisoire, si ce n’est que Let The Music Fly serait un drame musical sur les sacrifices consentis par une famille pour que le plus jeune fils puisse accéder aux plus hauts niveaux de performance au piano classique. M.B.

At The Sea de Kornel Mundruczo
Véritable cinéaste maison du Festival de Cannes, le hongrois Kornél Mundruczó y a présenté tous ses longs-métrages, à l’exception de Pieces of a Woman en 2020, infidélité vénitienne en langue anglaise puisque produit sous le giron de l’indésirable Netflix. Depuis, il a quand même pu montrer Evolution, film dément en trois parties inspiré de l’histoire de la famille de sa femme et co-scénariste Kata Wéber, à Cannes Première en 2021. C’est donc tout naturellement que son second long-métrage en langue anglaise, At The Sea, tourné l’année dernière avec Amy Adams, devrait se retrouver quelque part à Cannes cette année – ça clignote beaucoup Compétition. Le film, un drame intimiste sur une femme, Laura, qui retourne auprès de sa famille après une longue rééducation, où elle doit se réadapter à son quotidien, s’annonce plus proche de Pieces of a Woman que de ses étrangetés qui ont fait sa renommée (Delta, White Dog, La Lune de Jupiter). M.B.

Enzo de Robin Campillo
Si l’absence de L’Ile Rouge, sorti fin mai 2023, avait fait déjouer tous les pronostiqueurs cette année-là, Enzo devrait marquer le grand come-back de Campillo à Cannes, puisqu’il s’agit du projet que le regretté palmé Laurent Cantet (souvenez-vous de cette époque lointaine où François Bégaudeau montait les marches) n’a pas eu le temps de finir. Une co-prod France-Belgique-Italie, chaperonnée par Ad Vitam et Mk2, avec Eloy Pohu, Maksym Slivinskyi, Pierfrancesco Favino, Elodie Bouchez et dont voici le pitch : Enzo, 16 ans, est apprenti maçon à La Ciotat. Pressé par son père qui le voyait faire des études supérieures, le jeune homme cherche à échapper au cadre confortable mais étouffant de la villa familiale. C’est sur les chantiers, au contact de Vlad, un collègue ukrainien, qu’Enzo va entrevoir un nouvel horizon. G.R.

L’inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier
Un Brutalist à la sauce française ? Ce nouveau film raconte l’histoire vraie d’Otto von Spreckelsen, un professeur d’architecture de Copenhague qui a surpris le monde entier en remportant un concours ouvert lancé par le président français François Mitterrand. Le Pacte sera encore une fois derrière ce nouveau film de Stéphane Demoustier où l’on croisera Xavier Dolan, Swann Arlaud, Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Michel Fau (et une Mazarine Pingeot superbement lookée lors de la montée des marches). G.R.

The Way of the Wind de Terrence Malick
L’arlésienne numéro un du cinéma mondial devrait enfin connaître à Cannes une issue positive. Fortement pressenti pour intégrer la Compétition, The Way of the Wind de Terrence Malick a une date de sortie fixée à 2025 d’après l’acteur principal Géza Röhrig. Tourné en 2019, ce film qui relate plusieurs épisodes de la vie du Christ d’un point de vue terre à terre, sans miracles, a connu une postproduction au long-terme. Plus de 3000 heures de rushes auraient été tournées et le montage final devrait avoisiner les 3h. En dehors de Röhrig, on retrouve au casting Matthias Schoenaerts en Saint Pierre, Mark Rylance en Satan, et également notre Mathieu Kassovitz national dans un rôle encore inconnu (et peut-être coupé au montage ?). M.B.

L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho
En octobre 2023, Kleber Mendonça Filho, alors en campagne de promotion pour son beau documentaire sur sa ville, Recife, Portraits Fantômes, nous confiait en interview travailler sur un nouveau long-métrage de fiction dénommé L’Agent secret avec la star brésilienne Wagner Moura (Troupe d’élite, Narcos, Civil War) dans le rôle principal. Le film a été tourné l’année dernière et devrait sans trop de surprise intégrer la Compétition. Toujours localisé à Recife, L’Agent secret est un film d’espionnage historique se déroulant à la fin des années 1970, pendant les dernières années de la dictature militaire brésilienne. Wagner Moura y joue Marcelo, un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, qui arrive dans la ville de Recife où il espère construire une nouvelle vie et renouer avec sa famille. C’est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête… M.B.

Que ma volonté soit faite de Julia Kowalski
Nous brûlons actuellement un cierge pour que ce long-métrage – qui reprend plus ou moins la trame de J’ai vu le visage du diable, moyen-métrage chéri par la Quinzaine en 2023 – fasse partie de la délégation cannoise. Nawojka, une jeune femme en lutte avec son désir monstrueux, est convaincue d’être frappée d’une étrange malédiction héréditaire et qui va tenter de s’extirper du carcan familial au travers de Sandra, sa sulfureuse voisine de retour au village… Maria Wróbel, Roxane Mesquida, Jean-Baptiste Durand et Raphaël Thiéry forment l’alléchant casting de ce projet tourné entre la France et la Pologne, Yann Gonz est à la co-production pour Venin Films, et New Story est là pour distribuer le tout: voilà qui sent extrêmement bon ! G.R.

Dossier 173 de Dominik Moll
Tourné en octobre et novembre dernier, on voit mal comment le film pourrait louper les marches cannoises, surtout depuis que La nuit du 12 (notre Palme du chaos 2022) a remis son auteur dans le coup. Porté par Léa Drucker, Yoann Blanc ou encore Guslagie Malanda, Dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices : une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité. Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro. Cannes Première ou retour en compétition pour l’affectueux papa de Harry, un ami qui vous veut du bien ? G.R.

The History of Sound de Oliver Hermanus
La hype monte pas mal autour du film d’Oliver Hermanus (son Beauty était passé au Certain Regard en 2011) avec à l’intérieur du Paul Mescal et du Josh O’Connor ! Nul doute que la chose passera par Venise ou par le TIFF en cas de désaccord côté Croisette, même si la dernière cérémonie des Oscars semblent acter le retour au premier plan de la rampe de lancement cannoise pour les films internationaux… Le pitch ? Pendant la Première Guerre mondiale, deux jeunes hommes, Lionel et David, entreprennent d’enregistrer les vies, les voix et la musique de leurs compatriotes américains… G.R.

No Other Choice de Park Chan-wook
On imagine mal le cinéaste sud-coréen le plus récompensé de l’histoire de la Sélection Officielle ne pas avoir les honneurs de la Compétition. S’il n’a toujours pas reçu la Palme d’or, contrairement à son confrère Bong Joon Ho, rappelons que Park Chan-wook a déjà remporté la quasi intégralité des prix décernés à des cinéastes à Cannes : Prix du jury (Thirst, ceci est mon sang), Prix de la mise en scène (Decision to Leave) et Grand Prix du jury (Old Boy). Avec No Other Choice, le cinéaste s’attaque à un remake du Couperet de Costa Gavras (ou plutôt une adaptation du livre de Donald E. Westlake, c’est comme vous voulez), projet qu’il traîne dans un tiroir depuis plus d’une décennie. Soit l’histoire d’un homme récemment licencié, qui, afin de préserver sa famille et sa maison, est prêt à tout pour empocher un poste, quitte à assassiner ses concurrents. On retrouve l’énorme star Lee Byung-hun au casting (Squid Game). Seule inconnue : Park Chan-wook parviendra-t-il à finir le montage de son film, dont le tournage s’est terminé en janvier 2025 ? Spoiler : il devrait faire partie fin avril des ajouts de la Compétition. M.B.

I Want Your Sex de Gregg Araki
Cinéaste queer chéri des années 90 et 2000, au panthéon du Chaos, Gregg Araki s’apprête à faire son come-back après 11 ans sans long-métrage (ponctués de quelques épisodes pour des séries Netflix, et une saison de Now Apocalypse pour Starz). On n’y croyait plus, mais le réalisateur de quelques uns des plus grands films ados de l’histoire du cinéma (Doom Generation, Mysterious Skin) a tourné I Want Your Sex en octobre dernier avec un joli casting (Olivia Wilde, Cooper Hoffman, Charli XCX, Roxane Mesquida). Ce film présenté comme un thriller érotique sur la relation de domination entre une artiste de renommée et son assistant, est actuellement en post-production. Si toutes les planètes s’alignent, I Want Your Sex pourrait bien être prêt pour Cannes et apporter un souffle de scandale sur la Croisette. Après une sélection à la Quinzaine des Cinéastes (Smiley Face) et en Séance de Minuit (Kaboom, lauréat de la Queer Palm), on le verrait bien se rapprocher un peu plus de la Compétition, ou de son antichambre, Cannes Première. M.B.

Mission: Impossible – The Final Reckoning de Christopher McQuarrie
Programmé en France au 21 mai 2025, Mission: Impossible et son Tom Cruise – qui avait lancé la promo du film au Stade de France l’été dernier – seront bien présents au Festival, pour ce qui sera probablement l’ultime opus de la saga. Durée épique de trois heures pour un synopsis à l’inverse bien concis, révélé par la cellule investigation d’Allociné : « Nos vies sont la somme de nos choix ». Ce qu’on aurait pu broder nous-même avec un budget bien moins conséquent que 400 millions de dollars, mais passons… G.R.

L’intérêt d’Adam de Laura Wandel
Développé au sein de la Résidence du Festival, L’intérêt d’Adam est le nouveau film d’une réalisatrice dont la carrière est étroitement associée au festival (Compétition officielle pour son court Les corps étranges, UCR pour Un Monde, membre du Jury La Cinef et courts-métrages en 2022)… Léa Drucker et Anamaria Vartolomei se partagent l’affiche de ce film qui raconte la maltraitance que subit un enfant de quatre ans, et c’est Memento qui s’occupe de nous distribuer ça chez nous: vous pouvez déjà consigner la chose dans votre calepin MUJI. G.R.

L’engloutie de Louise Hémon
Parmi les nouvelles têtes françaises attendues cette année, L’engloutie coche de très nombreuses cases (on met une grosse piécette dessus) : un casting porté par Galatea Bellugi, Matthieu Lucci et Samuel Kircher ; un scénario co-écrit avec Anaïs Tellenne (L’Homme d’argile) et Maxence Stamatiadis ; Margaux Juvenal à la production ; Marine Atlan à la photo, et un Prix à la Création de la Fondation GAN 2023 qui achève d’en faire un joli candidat tricolore. Le synopsis : 1899. Hautes-Alpes. « Soudain » est un hameau encerclé par la neige sur les hauts plateaux d’une montagne reculée. Ses habitants voient arriver, par une nuit de tempête, Aimée, une jeune institutrice, laïque et républicaine, qui restera le temps de l’hiver pour faire l’école à une poignée d’enfants. Mais peu après son arrivée, une avalanche engloutit un premier montagnard… G.R.

Résurrection de Bi Gan
La sélection n’a pas encore été dévoilée que certains l’imaginent déjà repartir avec la récompense suprême. Résurrection, le troisième long-métrage du fils prodigue chinois Bi Gan est effectivement très alléchant sur le papier. Soit l’histoire d’une femme dont la conscience tombe dans le « fuseau horaire éternel » après avoir subi une intervention chirurgicale. Piégée dans de nombreux rêves, elle trouve le cadavre d’un androïde et tente de le réveiller en lui racontant des histoires. L’androïde déambule alors dans ses histoires et ses sens s’éveillent peu à peu. Vous n’avez rien compris ? Nous non plus, mais l’idée d’un nouveau trip onirique (qui plus est dans un univers de science-fiction) du réalisateur de Kaili Blues et Un Long voyage vers la nuit nous fait saliver. Encore plus sachant que la grande Shu Qi pourrait refouler le tapis rouge du Festival de Cannes, près de 10 ans après The Assassin de Hou Hsiao Hsien. M.B.

Chien 51 de Cédric Jimenez
L’un des plus gros budgets du cinéma français de 2025 (entre 40 et 50 millions d’euros) devrait se faire une place à Cannes. Chien 51, l’adaptation du roman de SF de Laurent Gaudé de 2022 se déroulant dans un Paris dystopique est un gros candidat à la montée des marches en fanfare, avec un casting français XXL : Gilles Lellouche (peroxydé), Adèle Exarchopoulos, Louis Garrel, Romain Duris, Valeria Bruni Tedeschi, Artus ou encore Lala &ce. Encore une histoire de flics pour Cédric Jimenez, dans le futur cette fois, après Bac Nord et Novembre, tous les deux présentés Hors Compétition sur la Croisette. Après L’Amour Ouf et ses 35 millions d’euros de budget en Compétition l’année dernière (rampe de lancement d’un succès énorme au box office à l’automne), on ne voit trop pas ce qui pourrait empêcher Thierry Frémaux d’inclure un nouveau « blockbuster » à la française dans la shortlist des films concourant pour la Palme d’or. M.B.

Chocobar de Lucrecia Martel
La cinéaste argentine Lucrecia Martel prépare son retour à la mise en scène de long-métrage avec un premier documentaire, Chocobar, dont la création s’est étalée sur 10 ans. Non, le film ne parle pas de barre chocolatée, mais plutôt d’une enquête sur le meurtre du leader indigène Javier Chocobar et l’héritage du colonialisme en Amérique latine. Une œuvre politique on ne peut plus d’actualité depuis l’élection de l’ultra libéral d’extrême droite Javier Milei à la présidence de l’Argentine en 2023. On sait que la Compétition cannoise est plutôt allergique aux documentaires, mais Chocobar a les arguments pour être l’exception à la règle, deux ans après Jeunesse de Wang Bing. Et ce serait l’occasion d’entériner la très bonne santé du cinéma argentin contemporain (Trenque Lauquen, Los Delicuentes…). M.B.

La Disparition de Josef Mengele de Kirill Serebrennikov
Prévoir boules Quies et long créneau sieste récupératrice devant ce nouveau long morceau du père Kirill, qui continue de fournir des royalties aux écrivains français: après Emmanuel Carrère l’an dernier, voilà une adaptation du livre fou écrit par Olivier Guez en 2017. August Diehl incarnera le savant fou (un peu nazi sur les bords) et peu d’infos ont fuité depuis le début du tournage en 2023, soit le projet est plus compliqué que prévu, soit la priorité a été donnée au un-brin-barbant Limonov l’an passé (rappelons que depuis Le Disciple en 2016, tous les films de Kirill sont descendus sur la Croisette, et que l’auteur a pas mal déçu depuis le rafraichissant Leto en 2018…) G.R.

Jupiter de Andrei Zvyagintsev
On savait l’immense cinéaste russe diminué après le Covid et son exil en France en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Andrei Zvyagintsev aura donc mis 8 ans pour réaliser un nouveau long-métrage, après Faute d’amour (Prix du jury à Cannes en 2017). Jupiter a été tourné entre la France et l’Espagne, et est coproduit par Les Films du Losange et Elastica Films. Après deux films centrés sur la Russie contemporaine, le cinéaste exilé a réalisé un film sur les ultra-riches, et plus précisément sur un oligarque russe installé en méditerranée, et confronté à la dure réalité quant à l’avenir de sa famille. On imagine mal le grand retour de Zvyagintsev ailleurs qu’en Compétition. M.B.

Vie Privée de Rebecca Zlotowski
Le film a tout du candidat idéal pour l’Ouverture, qu’on imagine cette année intégrer la Compétition. Zloto nous a réuni un casting de rêve où figurent Jodie Foster, Virginie Efira, Daniel Auteuil, Mathieu Amalric, Vincent Lacoste ou encore Luàna Bajrami. Le scénario a été co-écrit avec Gaëlle Macé et Anne Berest, qu’on retrouvera bientôt dans Fragments d’un parcours amoureux de Chloé Barrau aux côtés de Rebecca justement. Le pitch de ce thriller psychologique qu’on attend pas mal au sein de la rédac ? Lilian Steiner est une psychiatre reconnue. Un jour, elle apprend la mort de l’une de ses patientes. Troublée, Lilian se persuade qu’il s’agit d’un assassinat, elle décide alors de mener son enquête… 15 ans après Belle Epine (oui déjà), c’est le bon moment pour rallier l’Officielle. G.R.

Die My Love de Lynne Ramsay
Cinéaste chérie du Festival de Cannes (tous ses films y ont été présentés : Un Certain Regard, Quinzaine des Cinéastes, Compétition), Lynne Ramsay devrait de nouveau connaître le même destin avec son cinquième long-métrage : Die My Love. Le film de l’Écossaise suit le parcours d’une mère en instance de divorce qui tente de garder la raison alors qu’elle lutte contre la psychose dans une zone rurale reculée. Jennifer Lawrence, Robert Pattinson et Lakeith Stanfield y forment un triangle amoureux des plus sulfureux, chaotiques et névrosés. Centré autour de la santé mentale et du mariage, le film devrait mêler drame et horreur. La compétition lui ouvre grand les bras. M.B.

Father, Mother, Sister, Brother de Jim Jarmusch
Tel Claude François et son hypothétique marteau, le Jim a mis son père, sa mère, ses frères et ses sœurs dans ce nouveau long-métrage, qu’on voit très mal échapper aux festivités azuréennes. Cate Blanchett, Vicky Krieps, Adam Driver, Mayim Bialik, Tom Waits, Charlotte Rampling, Indya Moore et Luka Sabbat se partagent la distribution de ce triptyque tourné entre Paris, Dublin et les États-Unis. Le film raconte les relations qu’entretiennent des parents avec leurs enfants adultes et intégrera des parties musicales (et manifestement des sapes désignées par Anthony Vaccarello). Charles Gillibert et les Films du Losange sont associés à l’ambitieux projet, ce qui veut donc dire que cette future Palme ne reviendra pas – pour une fois – à Jean Labadie (ce qui n’est arrivé que trois fois lors des 72 dernières éditions). G.R.

Oui de Nadav Lapid
On sait que le nouveau film de Nadav Lapid peaufine actuellement son montage final, et c’est donc tout naturellement que l’on devrait voir le cinéaste israélien le plus iconoclaste une seconde fois en Compétition avec Oui, 4 ans après Le Genou d’Ahed, reparti avec un Prix du Jury. Le pitch du film est du pur Lapid, absurde, irrévérencieux, et un brin masochiste : Y. était pianiste et compositeur. Désormais, il divertit les puissants avec sa femme Jasmine. Le couple se donne corps et âme. Ils ne disent jamais non, toujours oui. Et ça marche plutôt bien pour eux. Leur vie est donc horrible. On ne peut pas que danser, chanter et se prostituer toute la journée. On se revoit au Grand Auditorium Louis Lumière en mai. M.B.

Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet
La précédente édition du Festival de Cannes marque le grand retour en Compétition d’un film d’animation, français qui plus est, La Plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius. De quoi donner espoir à tout un pan du cinéma pour une récidive dès cette année, et qui de mieux que Sylvain Chomet, qui reviendra en 2025 avec son troisième long-métrage en près de 30 ans de carrière, pour saisir la perche. D’autant plus que le talentueux réalisateur des Triplettes de Belleville et de L’Illusionniste revient avec un hommage au 7e art et à une de ses plus illustres figures, Marcel Pagnol, dans le bien nommé Marcel et Monsieur Pagnol. D’autant plus qu’en mai que nous fêterons le 130ème anniversaire de la naissance de Marcel Pagnol ainsi que le 70ème anniversaire de la remise de la première Palme d’Or, décernée par Marcel Pagnol à Delbert Mann pour son film Marty. Reste à savoir si ça finira en Compétition ou Hors Compétition. M.B.

Une Affaire de Arnaud Desplechin
C’est le site d’Arte qui le dit : « Arnaud Desplechin quitte la ville de Roubaix, pour poser son nouveau décor dans la ville de Lyon. Fidèle à lui-même, on retrouvera son goût du romanesque, ses personnages d’amoureux contrariés et leurs récits entrelacés. Une histoire bercée par la musique, pour apaiser la peine. Tournage à Lyon entre octobre et décembre 2024. » Attendez-vous donc non seulement à voir le film débouler à Cannes (retour en Compèt, comme avec Frère et Sœur en 2022?) mais également à Lumière avec un petit mot préliminaire de Titi Frémaux sur « la ville qui a vu naître le cinématographe ». Nadia Tereszkiewicz, François Civil et Charlotte sont à l’affiche de ce film que le cinéaste néo-rhodanien a lui-même qualifié de « film de genre ». G.R.

Sentimental Value de Joachim Trier
Prenez deux chouchous du festival (Joachim Trier, Renate Reinsve – voire trois si l’on rajoute le scénariste Eskil Vogt) et ajoutez-y le nom d’Elle Fanning : sauf énorme surprise, le nouveau drame familial du cinéaste accostera sur la Croisette (en Compèt même) ; l’occasion de découvrir le portrait de deux sœurs, Nora et Agnès, qui, à la mort de leur mère, voient leur père réalisateur Gustav réapparaître dans leur vie. On espère un retour en forme du Danois après Julie (en 12 chapitres). G.R.

Ma frère de Lise Akoka et Romane Gueret
Conçu comme une suite de leur web série Tu préfères ? (2020), Ma Frère est le nouveau long du duo derrière Les Pires, présenté au Certain Regard 2022. StudioCanal distribuera ce projet porté par Fanta Kebe, Shirel Nataf, Idir Azougli, Yuming Hey, Amel Bent, et notre copine Suzanne de Baecque, à qui on donne dès à présent rdv pour notre Chaos TV sur place. Le synopsis : Paris, dans un quartier populaire du 19e arrondissement. Shai et Djeneba ont 19 ans et sont copines depuis toujours. L’une est encombrée par une famille étouffante. L’autre par une trop grande solitude. Le temps d’un été, animatrices dans une colonie de vacances, loin des tours au pied desquelles elles ont grandi, elles sont officiellement responsables d’une tribu d’enfants de 6 à 10 ans. À l’aube de l’âge adulte, elles vont devoir faire des choix pour grandir et réinventer leur amitié. G.R.

Silent Friend de Ildiko Enyedi
On en parlait dans ces pages l’année dernière, Ildiko Enyedi a un nouveau projet ambitieux : Silent Friend. Soit trois histoires du point de vue d’un arbre à trois époques différentes : 1908, 1972 et 2020. Une broutille pour la cinéaste qui a reçu l’Ours d’or en 2017 pour Corps et Âme, film dans lequel un homme et une femme s’aiment chaque nuit en rêves, dans le corps d’une biche et d’un cerf. De l’animal au végétal, il n’y a qu’un pas. Entre temps, la cinéaste hongroise avait réalisé le plus classique L’Histoire de ma femme, en Compétition à Cannes en 2021, avec Léa Seydoux, qu’elle retrouve pour Silent Friend. M.B.

La Maison Maternelle des Frères Dardenne
Vous n’en rêvez pas mais Cannes va quand même le faire. La Maison Maternelle sera le 10e film de suite des Frères Dardenne à intégrer la Compétition. Ceux qui ont déjà tout gagné (Deux Palmes d’or, un Grand Prix, un Prix du jury, un Prix de la mise en scène, un Prix du scénario, un Prix spécial du 75e anniversaire et un Prix d’interprétation masculine) reviennent avec une chronique sociale dont ils ont le secret. Évènement, ils s’essaient pour la première fois à une narration chorale, qui s’arrête sur l’expérience de la maternité telle que vécue par plusieurs jeunes femmes. La côte pour leur troisième Palme d’or est à 1,02. M.B.

Miroirs n°3 de Christian Petzold
Une rumeur persistante envoie Mirrors No.3 de Christian Petzold à Cannes, et plus précisément en Compétition. Pourquoi ? Car le film, prêt depuis quelques mois, n’a pas été présenté à la Berlinale, fief du cinéaste allemand depuis deux décennies (il y a gagné tous les prix possibles, sauf le graal, l’Ours d’or). Petzold aurait-il envie de changer d’air ? C’est probable. Dans ce dernier volet d’une trilogie, Paula Beer incarne Laura, une pianiste en herbe, dont la vie est bouleversée par un accident de voiture dans lequel son petit ami perd la vie. Laura découvre alors la maison et la vie d’une famille d’inconnus qui lui proposent de prendre soin d’elle, mais leurs motivations se révèlent moins claires qu’il n’y paraît. Le tournage a eu lieu en avril 2024. Vers une première à Cannes pour Petzold ? M.B.

Adieu monde cruel, de Félix de Givry 
Ça hype pour ainsi dire pas mal autour du nouveau film de Félix de Givry, que certains retiennent comme premier rôle d’Eden de Mia Hansen-Løve en 2014 (feat. à l’époque une toute jeune Greta Gerwig), et que d’autres ont connu à l’époque des soirées Pain Surprises, qui permirent à pas mal de parisiens post-bac de goûter des cachets interdits (pas nous, évidemment!) Dans ce premier long-métrage, on retrouve Milo Machado-Graner dans le rôle d’un garçon qui rate sa tentative de suicide. Trop honteux pour rentrer chez lui, il hante les rues de la ville, comme un fantôme, jusqu’à ce qu’une fille de son lycée, Léna (Jane Beever), ne le reconnaisse. Manon Messiant, tout juste césarisée du Meilleur Film de Court Métrage d’Animation pour Beurk!, est à la production de ce film distribué par Diaphana et qui semble bien parti pour accoster sur la french riviera. G.R.

Duse de Pietro Marcello 
On n’a pas trop compris si le film était terminé ou non mais Valeria Bruni Tedeschi incarne ici la légendaire diva de la scène italienne Eleonora Duse, née en 1858 et décédée en 1924, aux côtés de sa fille Noémie Merlant. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’ancienne actrice revient sur scène : la grande rivale de Sarah Bernhardt est confrontée aux limites de son propre corps et aux réalités d’un pouvoir en contradiction avec ses idéaux utopiques. G.R.

Dao de Alain Gomis
Grand prix du jury à la Berlinale 2017 avec Félicité, Alain Gomis n’a pas encore goûté à la Sélection officielle cannoise : Jour2Fête croit beaucoup en ce nouveau projet porté par le réalisateur de Rewind and Play. Le pitch officiel : Aujourd’hui Gloria marie sa fille en banlieue parisienne. Il y a peu, en Guinée Bissau, elle assistait à la cérémonie qui consacre son père décédé en ancêtre. D’une cérémonie à l’autre, entre passé et présent, vie et mort, réalité et fiction, Gloria se réconcilie avec son histoire, trouve sa place et connaît un moment de paix. Une photo de Céline Bozon et une co-prod, pour sa partie française, orchestrée par Sylvie Pialat et Benoît Quainon pour Les films du Worso et Christophe Barral et Toufik Ayadi pour SRAB Films : on a comme un bon pressentiment sur ce titre. G.R.

Qui brille au combat de Joséphine Japy
Allez, mettons un petit jeton sur le premier long d’une actrice qu’on aime bien et qui a réuni un joli petit cast pour ses débuts derrière la caméra : Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal (Simple comme Sylvain), Angelina Woreth, Félix Kysyl et Sarah Pachoud. Le film évoquera l’adolescence de Joséphine Japy, le combat de sa famille face au handicap de sa jeune sœur, Bertille, et le besoin de mettre un nom sur cette maladie orpheline, pour espérer mieux l’appréhender. Pas énormément d’infos sur ce titre, mais une thématique très Un Certain regard si vous voulez notre avis d’observateur avisé. G.R.

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