PACÔME THIELLEMENT: «Je suis sorti de tous ses chefs-d’œuvre excité comme une puce, prêt à la vie, l’amour, la mort, le vide et le vent»
«Zulawski, c’est l’amour du détachement violent de l’amour ; la violence possessive de la dépossession. Mes Zulawski préférés restent L’important c’est d’aimer, mais parce que ça n’est pas l’amour, et que ça n’a pas d’importance, et Possession, parce qu’il m’a dépossédé.
PS. Ses films m’ont appris à ne pas prendre mon désespoir au sérieux, et à trancher au couteau dans mon sentimentalisme patraque. Il m’ont aidé à voir la beauté grotesque des hystéries des hommes et la fascinante horreur des dépressions féminines. A chaque fois que j’étais déprimé, ses films m’ont écrasé… à l’envers! ils m’ont remis sur pieds comme de la pâte à modeler et je suis sorti de tous ses chefs-d’œuvre excité comme une puce, prêt à la vie, l’amour, la mort, le vide et le vent. La seule manière digne de réagir à la mort de Zulawski serait de hurler comme Isabelle Adjani lorsqu’elle enfante son double dans le métro de Possession – mais je suis d’humeur à accueillir la nouvelle comme Jacques Dutronc se maquille en clown triste dans L’Important c’est d’aimer. Si le monde d’aujourd’hui est si taré qu’il ressemble comme deux goutes d’huile à celui du Diable, j’espère qu’on terminera plutôt comme Sophie Marceau dans La fidélité. «De la douceur, de la douceur, de la douceur!» (Verlaine, Lassitude).
Au-delà de l’amour-destruction: Andrzej Zulawski»

