[100 FILMS POUR HALLOWEEN]

The Kingdom (Lars von Trier, 1994)
Dans un hôpital de Copenhague, un petit nombre de patients et membres de l’équipe médicale découvrent un monde surnaturel. Et donc des fantômes. Et pas n’importe lesquels. Vous pouvez compter sur Lars von Trier pour les visions hallucinées et hallucinantes. Et pour rire aussi, quand même.

Shrunken Heads (Richard Elfman, 1994)
On connaît bien Richard Elfman pour Forbidden Zone, mais moins pour cette prod Full Moon très sympathique avec des gamins vengeurs transformés en têtes réduites volantes et Meg Tilly dans le rôle du bad guy (oui vous avez bien lu). Moins barré que sa comédie musicale cultissime (forcement) mais un cran dessus que les prod de Band et compagnie niveau craziness.

Le jour de la bête (Álex de la Iglesia, 1995)
Autant dire (vu qu’Accion Mutante était passé quasi-inaperçu en France) que c’est à Gérardmer que le public français a fait connaissance avec le cinéma impoli – c’est une qualité – d’Alex De La Iglesia. Comme chez Buñuel, l’érudition catholique est mise au service d’un script paradoxal et réjouissant où un prêtre est amené à pécher le plus possible pour sauver le monde, avec l’aide d’un métalleux et d’un occultiste.

Ebola syndrome (Herman Yau, 1996)
La revanche du frustré version catégorie III (l’interdiction aux moins de 18 ans ouvrant la porte à tous les excès), avec le génial Anthony Wong dans un de ses rôles les plus déments.

Scream (Wes Craven, 1996)
A la fin des années 90, Wes Craven s’amusait du scénario écrit par Kevin Williamson. Il y voyait une petite provocation, se disant que les fans du genre seraient un peu choqués de voir ce maître de l’angoisse cracher dans la soupe. Le paradoxe veut que le film ait majoritairement été compris au premier degré. Presque involontairement, il a massivement relancé l’attraction du slasher, développé par la suite à travers des déclinaisons teenage allant de Souviens-toi l’été dernier à Urban Legend. Un an après son Freddy sort de la nuit, Wes Craven rend les armes de la transgression avec un slasher aiguisé au cynisme.

The Craft (Andrew Fleming, 1996)
Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk Fairuza Balk.

Naked blood (Hisayasu Satō, 1996)
Un fou expérimente sur trois femmes une drogue qui transforme la douleur en plaisir. Un ami, qui pourtant en a vu d’autres, m’avait signalé que certaines scènes de ce film l’avaient obligé à détourner les yeux. Effectivement, le traitement est viscéral.

Moi, zombie: chronique de la douleur (Andrew Parkinson, 1998)
Un homme contaminé se retire de la société et de son entourage et l’on regarde son corps et son esprit subir une lente décomposition qu’il prend la peine de détailler dans un journal intime. Un film de zombie viscéralement mélancolique, qui ne ressemble à aucun autre.

Ring (Hideo Nakata, 1998)
Un monstre qui regarde l’objectif (donc, nous), qui s’approche et finit par carrément sortir de l’écran pour nous faire mourir de peur. Videodrome, en pire. Soit l’histoire d’une cassette maudite qui, une fois visionnée, laisse s’échapper sept jours plus tard d’une télé un fantôme revanchard. Sadako, de son prénom, n’a plus d’ongles, mais de longs, longs cheveux noirs qui lui barrent une bonne partie du visage. On ne lui voit qu’un seul œil, révulsé, et lorsqu’elle franchit le Rubicon symbolique de l’écran de télé, laissant quelques flaques d’eau derrière elle, personne ne fait le malin.

Audition (Yakashi Miike, 1999)
Encore un film de vengeance qui gère le temps de façon magistrale avant de déclencher le chaos avec fureur. Le thème est particulièrement d’actualité avec son producteur de cinéma qui organise des auditions sous de faux prétextes…

Sixième Sens (M. Night Shyamalan, 1999)
Ça a l’air facile à dire aujourd’hui, mais la première vision avait quelque chose de terriblement dérangeant: Toni Collette faisait comme si elle ne voyait pas Bruce Willis! Shyamalan est quand même un génie pour trouver des combines narratives irrésistibles, et celle-ci n’a toujours pas fini d’inspirer des imitateurs.

Vorace (Antonia Bird, 1999) 
Échec foudroyant au box-office dans tous les pays où il était sorti, ce film aurait dû finir oublié de tous. Eh bien, non!

Battle royale (Kinji Fukasaku, 2000)
Pour se rappeler que bien avant qu’on nous bombarde de Hunger Games et autres American Nightmare tous gentils tous bidons, Kinji Fukasaku avait délivré une énorme bombe qui aujourd’hui encore n’a rien perdu de sa superbe et continue visiblement à inspirer des réalisateurs bien moins talentueux (et libres) que lui.

Ginger Snaps (John Fawcett, 2001)
Deux sœurettes lycéennes s’emmerdent tellement qu’elles fantasment leurs suicides et en font des mises en scènes photographiques pour leur classe qui apprécie moyennement. Mais la puberté et la contamination de l’une d’elles par un loup-garou va foutre en l’air cette idylle morbide qui débutait pourtant si bien. C’est beau comme un épisode de Daria tourné avec de vrais acteurs et plus de sang.

L’échine du diable de Guillermo del Toro (2001)
Grand connaisseur des ficelles du fantastique, Guillermo del Toro a exploité l’histoire de fantôme gothique pour lier son Echine du diable, qui est aussi un mélodrame historique, un fable politique et un thriller policier. Plus intéressante pour elle-même que pour sa résolution, l’énigme est exposée en plein jour dans une lumière aveuglante, et elle est autant chargée d’indices mystérieux que de symboles à la signification évidente.

Dark Water de Hideo Nakata (2001)
La grande surprise de Dark Water, au-delà de l’effroi qu’il provoque, c’est son atmosphère de chagrin. Ce sentiment diffus qu’il ne reste plus que deux personnes au monde et dans ce monde de pluie: une mère et sa fille. Et qu’à chaque corridor, à chaque embrasure de porte, se cache un monstre prompt à les séparer à jamais. Lorsque ce dernier apparaît en poussant un cri insoutenable, c’est une véritable explosion du trouillomètre.

Les autres (Alejandro Amenabar, 2001)
Jersey, 1945. Une bigote attend le retour de son mari dans un manoir à donner des frissons à Hitchcock. Elle élève seule ses enfants allergiques à la lumière du soleil. L’arrivée de trois domestiques chamboule la vie dans la maison. De nombreux points communs avec Les Innocents (Amenabar réussit comme Clayton à faire peur avec des rideaux tirés) mais ce n’est pas un hasard: les deux films sont inspirés du roman Le Tour d’Ecrou, d’Henry James. Nicole Kidman y est aussi impériale que Deborah Kerr et le coup de théâtre final donne lieu à des séquences certes effrayantes mais aussi, et on l’a trop peu dit, réellement émouvantes.

May (Lucky McKee, 2002)
Une authentique romance gothique contemporaine, habitée par Angela Bettis, toute mimi, mais avec quelques problèmes. Isolée, presque autiste, elle se sent prête à tomber amoureuse. Catastrophe. Lucky McKee reprend le motif du gentil monstre qui se prend des râteaux par le monde des normaux jusqu’à en devenir vraiment méchant. Et comme c’est toujours le cas lorsqu’on réussit son monstre, à la fin le spectateur pleure avec lui. Bonus Anna Faris. Bonus James Duval.

The devil’s rejects (Rob Zombie, 2005)
Dépassant le pastiche et l’hommage, Rob Zombie compile le meilleur de l’horreur moderne, et y apporte une nouvelle vie.

28 semaines plus tard (Juan Carlos Fresnadillo, 2007)
Pour la suite de 28 jours plus tard, l’Anglais Danny Boyle cède sa place à l’Espagnol Juan Carlos Fresnadillo, auteur d’un fascinant Intacto et bien entouré d’une équipe solide (son producteur et co-scénariste Enrique López Lavigne et le chef opérateur équatorien Enrique Chediak). Résultat, c’est sombre, terrible, poétique. L’un des meilleurs films de zombie de cette décennie avec L’Armée des morts de Zack Snyder. A la clé, l’une des fins les plus frustrantes de l’histoire du cinéma.

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