[100 FILMS POUR HALLOWEEN]

Tras el cristal (Agustí Villaronga, 1986)
Derrière le thème de la vengeance, le vrai sujet est la transmission du mal, traité avec une franchise difficilement supportable pour certains spectateurs. Bryan Singer lui rend hommage dans son quasi remake Un élève doué.

La Mouche (David Cronenberg, 1986)
Avec The Thing c’est le film qui dément le mieux les a priori sur l’inutilité des remake. Cronenberg s’empare du projet et le réalise en ayant La Métamorphose de Kafka en tête. Il signera alors son plus grand succès. La Mouche est une œuvre d’une infinie tristesse semblable à une grande tragédie shakespearienne – la musique presque symphonique de Howard Shore a d’ailleurs était conçue comme un opéra – sous fond de mutation de la chair.

Evil Dead 2 (Sam Raimi, 1987)
Halloween c’est avant tout la farce du grand guignol, une épiphanie du grotesque. La farandole gore de Sam Raimi pousse tous les compteurs dans le rouge sang pour faire rire à s’en secouer les tripes, ressuscite aussi bien les esprits maléfiques que celui du slapstick autour de Bruce Campbell exceptionnel en maître de pantomime.

Aux frontières de l’aube (Kathryn Bigelow, 1987)
Si le scénariste Eric Red (The hitcher) a imaginé un hybride intéressant d’horreur et de western contemporain, Bigelow l’a mis en image avec une classe suprême en accentuant le romantisme ténébreux d’une bande de vampires hors-la-loi terriblement séduisants qui savourent le privilège enivrant de vivre la nuit, mais qui en connaissent aussi le prix.

The gate – la fissure (Tibor Takács, 1987)
Invité régulier des nuits opaques et frémissantes de La Cinq et de RTL9, The Gate (aka La Fissure de par chez nous) a mis du temps à se faire une place chez les fantasticophiles, souvent réduit à un festival d’effets spéciaux trop spooky pour les mioches et trop mioche pour les adultes. Sauf que SURPRISE, jamais on ne reniera l’infime plaisir de se débrancher le cerveau devant de la bonne pop-corn horror des 80’s. Aux côtés de Gremlins, The Monster Squad ou de La foire des ténèbres, le titre mésestimé de Tibor Takacs (auquel on doit un très sympathique Lectures Diaboliques, sacré voleur de grand prix à Avoriaz en 1990) fait partie du club très privé de ces rares et improbables «films d’horreur pour enfants».

Waxwork (Anthony Hickox, 1988)
Quand on pense à l’horreur eighties, sans prétention, légère, grand-guignolesque, très bande-dessinée, on pense à ce film qui rejoint la lignée des monster-mash taillés pour les soirs d’Halloween. Surtout, il rehausse surtout à merveille le thème un peu usité du musée du cire, troquant le traditionnel trophée de chasse façon Grévin en délire multi-dimensionnel où chaque statue de la galerie, plus flippante que n’importe quelle réplique de Line Renaud, renferme une réalité parallèle. Le monster mash qu’on aime: saignant, pas sérieux et généreux.

Les fantômes d’Halloween (Frank LaLoggia, 1988)
Apparue directement en vidéo à la fin des années 80, cette adaptation de la légende de La dame en blanc est une des meilleures. Parce que son auteur à compris que les bons films qui foutent les chocottes sont ceux qui s’inquiètent pour leurs personnages. Mais aussi que les seules histoires de fantômes qui comptent sont celle d’âmes éternellement en peine.

L’Emprise des ténèbres (Wes Craven, 1988)
Une anomalie. En plein boum du film de zombie moderne, Wes Craven prend la mode à contre-pied et signe une sorte de remake baroque du Vaudou de Tourneur (en vérité une adaptation d’un best-seller, une enquête controversée sur la zombification par l’anthropologue Wade Davis). Scindé en deux parties, on suit les deux voyages à Haïti joué par un jeune Bill Pullman. Le premier, scientifique, se révèle passionnant. Le second, halluciné, est terrifiant, comme une continuation des cauchemars des Griffes de la nuit.

Embrasse-moi, vampire (Robert Bierman, 1988)
C’est moins un film de vampires qu’un film (trop peu vu) de Nicolas Cage, indispensable dans le rôle d’un yuppie New yorkais persuadé d’avoir été mordu par une vampire. A force, il finit par se comporter comme un prédateur sanglant. C’est un cas de folie furieuse, et Cage n’a probablement jamais été aussi loin dans la démence.

Spellcaster (Rafal Zielinski, 1988)
Il s’agit de la dernière production Empire, restée longtemps dans le placard (tout comme son compagnon d’infortune Catacomb), un peu à tort avouons-le. Une belle bande d’abrutis s’y dispute un potentiel trésor dans un château italien (bâtisse appartenant à Charles Band et revenant continuellement dans les productions Full Moon) sous le regard de Adam Ant en hôte démoniaque ! Ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un bon film, mais c’est un vrai bon moment, en particulier si on aime les perso si stéréotypés qu’ils en deviennent savoureux et les monstres de John Carl Buechler (dont un trône vampire!).

Society (Brian Yuzna, 1989)
Le film débute en teen-movie drapé d’une inquiétante étrangeté avant que le body horror sous influence de Dali prenne le dessus. Après avoir produit Re-animator, Brian Yuzna a fait ses vrais débuts de réalisateur avec cette satire sociale à combustion lente qui se termine par une orgie inoubliable avec les effets du bien nommé Screaming Mad George – imaginez un épisode des Real Housewives de Beverly Hills passé à la tronçonneuse de Sushi Typhoon…

Simetierre (Mary Lambert, 1989)
Cette adaptation d’un des récits les plus malsains du maître de l’épouvante a su marquer les esprits de toute une génération, sous la houlette aussi sombre que sobre de la, jusqu’ici, quasi inconnue Mary Lambert… En signant lui-même le scénario, Stephen King parvient à instaurer un climat délicieusement glauquissime à cette fable morbide où l’innocence devient impunément la plus implacable des ressources horrifiques en poussant le dévoué Louis Creed (Dale Midkiff) à ressusciter successivement son chat, son jeune fils et sa femme grâce au pouvoir macabre d’un vieux cimetière abandonné. On en tremble encore.

L’enfant miroir (Philip Ridley, 1990)
Après avoir écrit des livres pour enfants et des scripts pour le cinéma (notamment le très noir Frères Kray), Philip Ridley a choisi de raconter son premier long-métrage du point de vue d’un enfant de 8 ans: dans une ferme perdue de l’Idaho dans les années 50, Seth Dove est perturbé par une série de meurtres d’enfants qui frappe la région. Après que son père, soupçonné, s’est suicidé en s’aspergeant d’essence, son frère rentre de l’armée et tombe amoureux de la voisine que Seth prend pour une vampire. Le monde adulte est trop compliqué pour lui, et il invente ses propres explications pour s’y adapter. En adoptant sa perspective, le film multiplie les visions bizarres (grenouilles qui explosent, images d’enfants irradiés) et exagère la réalité à l’aide de couleurs ultra saturées et d’effets sonores amplifiés, le tout dans une atmosphère évoquant le tableau American gothic.

Les sorcières (Nicolas Roeg, 1990)
Pas d’Halloween sans histoires de sorcières (bis). Roald Dahl en avait raconté une épatante par écrit, Nicolas Roeg en fait sa première (et seule) incursion dans l’univers enfantin. Quelque part entre les versions Walt Disney pour les nez crochus et celle de George Miller (Les sorcières d’Eastwick) pour les pieds de nez aux bonnes mœurs.

Mirror Mirror (Marina Sargenti, 1990)
Un des rares faits d’armes de Marina Sargenti, qui signe là un rip-off de Carrie (ou de Christine au choix) assez savoureux malgré ses allures de dtv nineties sans avenir. Une ado gothos (formidable Rainbow Harvest) y est envoûtée par un miroir hanté qui va pouvoir l’aider à péter la tronche aux pom-pom girls insolentes et aux minous décérébrés, le tout sur un tempo confortable. Un très belle scène de communion sanglante, où l’héroïne semble faire littéralement l’amour au miroir ensanglantée, et une pointe d’humour camp bien gérée par Karen Black en maman froufrou.

L’échelle de Jacob (Adrian Lyne, 1991)
Peut-être le meilleur film fantastique des années 90. C’est paradoxalement le plus sous-estimé. On ne le doit pas à Wes Craven, ni à John Carpenter mais à Adrian Lyne, le réalisateur de Flashdance. C’est une succession de scènes géniales, tantôt effrayantes, tantôt émouvantes et cette atmosphère de cauchemar éveillé a préfiguré le jeu vidéo Silent Hill.

The Bone Yard (James Cummins, 1991)
Étonnante petite série b d’horreur où des gamins zombies (et pas que) foutent le boxon dans une morgue. Le budget s’accorde avant tout sur les créatures, souvent hallucinantes, mais sa galerie de personnages très atypiques (dont une héroïne medium hors-normes) le fait clairement sortir du lot des productions horrifiques assez prévisibles des années 90. Et puis franchement, un film avec un caniche géant ne peut être un mauvais film…

Candyman (Bernard Rose, 1992)
Le générique avec la musique de Philip Glass + l’horreur urbaine de Clive Barker + la mélancolie de Virginia Madsen + la voix de Tony Todd, boogeyman qui surgit au bout d’une demi-heure + les intuitions visuelles de Bernard Rose. Pourquoi ne fait-on plus des films comme ça?

Fire in the Sky / Visiteurs extra-terrestres (Robert Libierman, 1993) 
Condamné chez nous à une sortie dtv, Fire in the sky a son petit culte aux États-Unis, puisque illustrant l’histoire incroyable d’un enlèvement extra-terrestre dans les années 70, dont le récit fut un best-seller à la véracité plus que discutée! Avec ses odeurs de bois fumé et de bière, le film vire vite prise de tête de bucherons (magnifiée par une superbe photo de Bill Pope) avant d’offrir quinze minutes à la fois sublimes et terrifiantes à l’intérieur d’un vaisseau alien, dont l’esthétique poisseuse et organique annonçaient sans aucun doute la génération X-Files.

Dellamorte Dellamore (Michele Soavi, 1994)
Moins un film de zombies, qu’un film avec des zombies, qui servent ici à distraire un croque-mort neurasthénique et désabusé, incarné à la perfection par Rupert Everett. Adapté d’une bande dessinée, c’est la plus belle réussite de Soavi, un poème surréaliste exaltant et bourré d’images sublimes, dont une recréation en 3D de l’incontournable Ile des morts de Böcklin.

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