All Of Your Days Will Be Blessed, deuxième titre de From Every Sphere, paru en 2003, nous a laissé le souvenir d’une bonne pop mélancolique naphtalineuse façon dimanche après-midi automnal et ensoleillé (la meilleure période de l’année, évidemment). Les paroles, elles, sont plus dark que l’impression d’ensemble : un oiseau bleu est mort, l’hiver s’attarde, les rivières gèlent, les rêves eux-mêmes semblent avoir rendu les armes, et pourtant quelqu’un, quelque part, promet que les jours à venir seront bénis. À l’écoute, certains convoquaient des dieux, les ombres de Brian Wilson, des Beatles de Sgt. Pepper, de Beck ou de Tom Waits.
Certes, Ed Harcourt n’a pas suivi le même trajet que ses imposantes références, mais il a su faire quelque chose, du moins avec ce titre, avec les débris fertiles d’une histoire de la pop qu’il aurait laissés fondre ensemble. La mélodie monte quand les paroles s’enfoncent. De quoi donner au morceau cette ampleur de vieille pop anglaise qui pourrait facilement devenir emphatique ; Harcourt lui injecte au contraire assez d’étrangeté pour qu’elle reste toujours légèrement de travers. Aussi, quelque chose dans ses harmonies et son imaginaire empêche le confort.


