Cannes Classics se met en cinq (quatre, ce serait carré et pas CHAOS) pour vous orienter dans vos choix de cette année. Que voir pour se mettre un peu de plomb dans la cervelle? Gérald Duchaussoy, responsable de la section, prodigue ses conseils.
Easy Rider (1969, 1h35, États-Unis) de Dennis Hopper
Là, c’est sûr, en 1969, on parlait assez peu d’essence sans plomb lorsque le film était sur la Croisette. En tout cas, Peter Fonda, Dennis Hopper et Jack Nicholson sur la route américaine en chopper dans une oeuvre mythique en plein deal de drogues, ça ne se refuse pas.
The Shining (Shining) de Stanley Kubrick (1980, 2h26, Royaume-Uni / États-Unis)
En parlant de cervelle, le film-cerveau par excellence. Ça bûcheronne à la Nicholson. Peut-être que les drogues du film précédent agissaient toujours. De la poudreuse à l’hôtel Overlook mais pas que.
Los Olvidados (The Young and the Damned) (1950, 1h20, Mexique) de Luis Buñuel
Un bon film de bande violent et désespéré, empli de poésie et de songe. A vous désespérer d’abandonner vos enfants en banlieue sous une chape, même armés d’un Pass Navigo.
Pasqualino Settebellezze (Pasqualino / Seven Beauties) (1975, 1h56, Italie) de Lina Wertmüller
Le portrait du pleutre dans toute sa splendeur (la photo est superbe), une charge métal contre la lâcheté humaine. La fin, on ne s’en remet jamais vraiment, elle vous file de bonnes lésions.
A tanú (Le Témoin / The Witness) (1969, 1h52, Hongrie) de Péter Bacsó
Allez, une comédie pour finir! Entre Peter Sellers pour le jeu et la comédie italienne pour la férocité, on gratte le système au gravier fondu, l’air de rien. A tel point que le film fut interdit pendant plus d’une dizaine d’années en Hongrie. L’air de rien.

