Difficile de placer cet épisode sur l’échiquier Resident Evil. Aventure nostalgique en guise de cadeau pour les fans ? Tournée d’adieu au gameplay d’antan et décors fixes ? Prequel inutile pour exploiter le filon jusqu’au bout ? Resident Evil 0, c’est un peu tout ça à la fois, d’où son placement entre les épisodes faibles et ceux plus forts de la série.
Le jeu raconte les événements entourant le crash en hélicoptère de l’équipe BRAVO des S.T.A.R.S. (élite de la police locale) que vous venez sauver dans le premier épisode. Il met le joueur dans la peau de Rebecca Chambers, l’énigmatique nouvelle recrue que l’on croise au Manoir Spencer dans la campagne de Chris Redfield, ainsi qu’un personnage plus sombre et mystérieux, Billy Coen, un ex-marine accusé du meurtre de 23 personnes. Sorti après le remake/remaster HD de Resident Evil sur Gamecube, l’épisode 0 en reprend la même (magnifique) direction artistique. Plutôt qu’une double campagne, le jeu propose au joueur d’alterner d’un personnage à l’autre par un système de zapping. Cette mécanique est au centre de Resident Evil 0, certaines énigmes devant être résolues en switchant de Rebecca à Billy. Malheureusement, le système n’est pas tout à fait point, notamment à cause d’une gestion de l’inventaire catastrophique. Exit les coffres de rangement, le jeu met l’accent sur la pose d’objets dans le décor, imposant de pénibles allers-retours pour partir à la chasse à ces mêmes objets.
Le scénario est aussi intéressant que dispensable : on en apprend plus sur les intentions du traître Albert Wesker, sur Umbrella et ses fondateurs, James Marcus et Oswell E. Spencer, et le jeu fait le lien direct avec le premier épisode (mais aussi le deuxième via le personnage prépondérant de William Birkin). Rayon level design et décors, mis à part le cadre inaugural passionnant d’un train infesté de zombies, Resident Evil 0 a la mauvaise idée de s’enfermer ensuite dans des environnements aussi peu inspirés qu’un laboratoire (encore !) et une usine d’armement… Reste un bestiaire aussi dégoûtant que mémorable : Scorpion, Sangsue, Chauve-souris et mille-pattes géants. Le zoo de l’horreur.



