« Resident Evil Revelations »

Les deux Revelations ne font décidément pas partie du gratin de Resident Evil. Conçus comme des interludes étoffant (ou étouffant, à vous de voir) la grande histoire de la série, ces jeux souffrent d’un manque criant de moyens et d’ambitions. Le premier Revelations a au moins pour lui d’avoir été produit au départ comme un jeu 3DS, une console portable qu’on ne soupçonnait pas capable de proposer des graphismes aussi soignés. Le jeu est beau c’est certain, et tout le décor principal du bateau (level et sound design) est bluffant. Le souci vient plutôt des “à côté” de la trame principale, situés dans des zones enneigées, balnéaires ou industrielles peu inspirées, qui découlent de la narration fragmentée en 12 épisodes (comme Revelations 2) avec leurs lots de rebondissements et cliffhanger débiles.

Car Resident Evil Revelations est d’un intérêt scénaristique (T-)abyssale. Centré sur une organisation bioterroriste méditerranéenne nommée Il Veltro, le jeu ne fait que reproduire des schémas vus et revus tout au long de la saga (remplacez Il Veltro par Umbrella Corporation et vous n’y verrez que du feu). On est bien embêté de retrouver les héros du premier Resident Evil dans une telle galère. Le jeu a au moins le mérite de clarifier la situation autour de Jill Valentine et Chris Redfield dans leurs nouveaux rôles au sein du BSAA (sorte de milice internationale engagée contre le bioterrorisme). Seul le T-Abyss, nouveau virus, cousin du T-Virus,  a un quelconque intérêt puisqu’il introduit un nouveau type de bestiaire aquatique, proche des cauchemars d’Innsmouth et de Dagon de la mythologie Lovecraftienne.

Sur le plan du gameplay, Revelations tire partie de l’écran tactile et de la fonction gyroscopique de la 3DS pour résoudre quelques énigmes, mais également pour approfondir la gimmick d’analyse, qui permet de trouver des objets cachés dans l’environnement et concevoir des vaccins, biens utiles dans le jeu. Le jeu introduit également le mouvement lors de visée, avant sa démocratisation dans Resident Evil 6, et une mécanique de contre rendant les affrontements au corps à corps plus dynamiques et cruciaux, quitte à encourager la prise de risque. Un vrai petit laboratoire. D’ailleurs c’est le premier Resident Evil sur lequel Koshi Nakanishi occupe la place de réalisateur, alias l’homme derrière la renaissance de la série.

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