On cite souvent Resident Evil 4 comme l’épisode qui a ouvert la série à l’action, mais la première pierre à l’édifice on la doit à Resident Evil 3 : Nemesis. Se déroulant deux mois après les événements du Manoir Spencer, le jeu remet en scène Jill Valentine, cherchant à s’enfuir de Racoon City alors que la menace d’une bombe nucléaire afin d’éradiquer l’épidémie du T-Virus pèse sur la ville. Elle est accompagnée dans son périple par Carlos Oliveira, membre de l’UBCS (une milice de criminels et d’ex-militaires formée par Umbrella pour récolter des informations et données sur le terrain), jouable dans quelques segments. Mais la vraie star du jeu, c’est Nemesis, un colosse de plus de deux mètres lancé à la poursuite des survivants du S.T.A.R.S., donc de Jill, pour effacer toute trace accablante à l’encontre d’Umbrella. C’est dans les moments où le monstre vous colle aux basques que le jeu plonge dans l’action. Plus le temps de souffler ou de réfléchir, il s’agit d’agir vite et de fuir. Des séquences de stress mémorables, Nemesis étant d’une extrême résistance et ayant la faculté d’ouvrir les portes.
Pour le reste, le jeu reprend globalement la formule de son prédécesseur (ainsi que quelques éléments de décor, comme le commissariat de Racoon City quelques heures avant l’arrivée de Léon) transposée dans un cadre urbain, du moins dans sa première partie – la plus réussie, avec le passage de l’horloge. On peut reprocher à Resident Evil 3 l’épuisement d’une formule qui arrivait à son terme. Ce que le remake de 2020 fait exploser, faisant définitivement le pari de l’action, à quelques exceptions près (les égouts et l’hôpital). Un choix radical, qui passe par l’omission de certains passages et boss chers aux fans (l’horloge, donc, et le ver géant), au profit d’un rythme mené tambour battant. Nemesis est encore plus imposant – il fait le double de la taille de Jill – et chaque rencontre avec ce golgoth est un moment de terreur. Heureusement, pour coller à ce changement de ton, le jeu a la bonne idée d’introduire un mouvement d’esquive salvateur. Malgré sa durée de vie tronquée (environ 6 à 7h), le jeu est un ride horrifique d’une redoutable efficacité.



