« Resident Evil Revelations 2 »

Quand la saga creusait sa tombe. Après 10 années d’errance, Resident Evil atteignait le stade terminal de sa mutation en série Z faussement baroque, voué à épouser les codes des AAA occidentaux en vogue à chaque nouvel épisode. Comme si l’affreuse série de films de Paul W.S. Anderson avait fini par contaminer sa source d’inspiration. Non content d’imiter les tics séries de son temps depuis le premier Revelations, Resident Evil Revelations 2 adopte un format épisodique. Découpé en 4 épisodes, eux-mêmes scindés en deux chapitres se déroulant à 6 mois d’intervalle, avec à chaque fois un duo de personnages différents, le jeu a été déployé de façon hebdomadaire lors du premier trimestre 2015. Un choix plus désastreux qu’efficace, tant le découpage en épisode semble avoir causé du tort à l’écriture et au rythme du jeu. Alors que les précédents Resident Evil avaient encore pour eux un certain sens de l’action, Revelations 2 est d’une mollesse rédhibitoire, pas aidé par un gameplay dépassé (quelques mois plus tôt sortaient The Evil Within et surtout Alien : Isolation, autrement plus modernes en matière de survival horror) et un scénario stupide.

Alors même qu’il était le point fort de l’épisode 6 honni, le coop apporte ici une moins-value. Quitte à choisir entre un tueur de zombie aguerri (Claire Redfield, de retour après Code Veronica, et Barry Burton pour la première fois jouable) et un poids mort dont la fonctionnalité est ultra limité (Moira Burton, fille de, qui peut aveugler les monstres avec une lampe torche ; Natalia Korda et ses pouvoirs qui servent à détecter les ennemis à travers des parois), autant se farcir la campagne en solo. Comme dans Resident Evil 0, on peut passer d’un personnage à l’autre d’un simple bouton, ce qui évite au joueur de passer trop de temps dans la peau du menu fretin. Malgré une conclusion ratée (avec une bonne et une mauvaise fin passables) et une antagoniste ridicule (Alex Wesker, sœur de), tout n’est pas à jeter. Au rayon des rares bons points du jeu : l’ambiance Lovecraftienne de l’île, les références à Kafka et la quête de ses dessins (d’où la colonie pénitentiaire), les énigmes à base de statues et de pièges du troisième épisode. Après Revelations 2 (qui n’a d’ailleurs de révélations que le nom), pire épisode de la série, il était temps que Resident Evil ressuscite. Chose qui adviendra deux ans plus tard, mais ceci est une autre histoire.

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