Sherrie, jeune provinciale, rencontre Drew, garçon de la ville, sur le Sunset Strip, alors qu’ils tentent de percer à Hollywood. « Rock Forever » raconte leur histoire d’amour à travers les tubes de Def Leppard, Foreigner, Journey, Poison, REO Speedwagon, et Twisted Sister…
Après « Hairspray », musical tiré du film de John Waters, Adam Shankman adapte « Rock of Ages », un autre musical à succès en mettant tous les atouts dans sa poche. Mais le voir aux commandes de cet hommage aux tubes hard rock FM semble aussi improbable que Michael Haneke pour parler du grunge. Comme dans une comédie musicale superficielle, le réalisateur se contente d’exploiter la sempiternelle nostalgie dorée des années 80 sur le mode «ils étaient quand même bien ridicules avec leurs perruques et leurs vêtements mais au moins ils savaient s’amuser». Les shows sont mous du genou, les tubes pas toujours bien réorchestrés et par-dessus tout, il faut se cogner une roucoulade sentimentale entre deux personnages/acteurs ineptes prompte à séduire le public de « Glee ».
Desservi par son humour de sitcom, ce produit pop semble formaté pour draguer différentes générations de mélomanes, en particulier les fans de Justin Bieber qui ne connaissent sans doute pas Guns N’Roses ou REO Speedwagon. Sans surprise, ce sont les comédiens qui sauvent l’entreprise. Et si Malin Ackerman, Alec Baldwin ou encore Russell Brand ne déméritent pas, Tom Cruise triomphe en avatar de Axl Rose, l’acteur trouvant définitivement au cinéma un espace de jeu où il peut créer, bouger son corps, affirmer toute sa démesure sans gêne (revoir « Magnolia » ou même « Tonnerre sous les tropiques » pour s’en convaincre). Dommage que ce « Rock Forever » ne soit jamais à sa hauteur.

