Réalisateurs du film d’horreur The Boy Behind The Door (2020), les stakhanovistes David Charbonier & Justin Powell ont déjà terminé le film fantastique The Djinn (2021). Mais comment font-ils?
On ne les connait pas en France mais aux Etats-Unis, les médias spécialisés, de Deadline à Screen Anarchy, les suivent avec la plus grande attention. Retenez bien leurs noms: David Charbonier et Justin Powell, deux jeunes cinéastes qui ont envie de faire de bons petits films d’horreur entre amis. Tout d’abord, en se faisant la main sur des courts, notamment Secret Admirer (2015) dans lequel une femme flippe qu’un intrus se soit introduit dans son appartement.
Puis, en passant au long, avec leur coup d’essai The Boy Behind The Door (2020) qui a marqué les esprits lors de sa présentation au Fantastic Fest, avec avis dithyrambiques et critiques pouce-en-l’air (100% d’avis positifs sur le site Rotten Tomatoes). Faut dire qu’il faut oser se frotter à un sujet pareil et illustrer, littéralement, un cauchemar à hauteur de pré-ados séquestrés par des criminels effroyables. Justin Powell et David Charbonier fantasmaient déjà sur des films de terreur pendant la cour de récré (ils se connaissent depuis la maternelle) et ensemble, ont trouvé un moyen de collaborer de façon complémentaire sur ce premier long, qui n’a rien d’autobiographique mais qui s’inspire de ce qui les faisait flipper à l’âge de leurs deux jeunes protagonistes (qu’ils ont connu ensemble): « Nous sommes simplement de grands fans d’horreur, de thriller et de suspense et nous voulions piocher dans tous ces genres », racontent-ils dans un entretien au site DailyDead. « Nous aimons aussi les films d’horreur avec de jeunes protagonistes, comme dans Jeu d’enfant (Tom Holland, 1988) ou Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993). C’est ainsi qu’est née l’envie de faire un film comme The Boy Behind The Door, conçu pour témoigner de l’esprit du cinéma indépendant et pour toucher d’autres cibles que les seuls fans de films d’horreur. » Soit un film d’amitié.
Parmi les qualités énumérées, les critiques mettent unanimement en valeur la dimension effrayante de la maison. Humbles, les deux réals louent dès qu’ils peuvent la virtuosité du chef-opérateur Julián Estrada qui a savamment composé les mouvements de caméra afin de donner un relief inquiétant au lieu, tout en jouant sur les ombres et les couleurs. « J’aime vraiment les films qui ont visuellement un style vraiment sombre, comme beaucoup de films de David Fincher », ajoute Charbonier, citant le chef-opérateur Roger Deakins comme référence. Mais alors que le film d’horreur The Boy Behind The Door demeure (hélas) inédit, ils ont déjà enchaîné avec un second long métrage, fantastique sur ce coup: The Djinn, où un enfant muet de douze ans est poursuivi par un démon après avoir demandé d’avoir une voix, grâce à un livre de sorcellerie. À présent piégé dans un petit appartement avec nulle part où se cacher, l’enfant doit trouver un moyen de survivre jusqu’au coup de minuit; sinon, il paiera le prix le plus cher. « Nous avons créé cette histoire pour tester ce que nous pouvions faire avec des ressources limitées, mais au fur et à mesure que nous l’avons développée, le film est devenu quelque chose de très spécial pour nous » assurent Powell & Charbonier. Surprise, The Djinn sortira avant The Boy Behind The Door (il sera diffusé le 14 mai en VOD aux USA). D’un genre à l’autre, la mission reste la même: filer les jetons avec des enfants désarmés face à des monstres, humains dans The Boy Behind The Door ou démoniaques comme ici, dans des lieux clos. Peu de moyens mais beaucoup d’idées. Il faudra compter sur eux dans les années à venir.


