Qualifié de mouton noir de la saga et quasi renié par Shigeru Miyamoto, The Adventure of Link, aussi appelé Zelda II, marque une rupture complète avec son prédécesseur. Le jeu abandonne à moitié la vue de dessus, réservée uniquement au déplacement sur une carte du monde simplifiée tirée des RPG de l’époque (dont Dragon Quest, inspiration principale de ce Zelda), et fait la part belle aux déplacements latéraux, que ce soit dans les villages ou donjons du jeu (au nombre de six chacun). Les affrontements, plus dynamiques, et l’exploration, plus proche d’un Super Mario Bros, s’en retrouvent donc chamboulés. Mais la principale nouveauté de cet épisode est l’aspect RPG très prononcé, et qui ne sera jamais réemployé par la suite. En effet, Link fait l’objet d’un système d’expérience pour augmenter sa vie, sa magie et son attaque.
L’aventure du titre est donc une promesse non tenue. Cela en fait-il un jeu médiocre pour autant ? Absolument pas. Avec sa difficulté particulièrement relevée, son ton étonnamment mature, ses quête secondaires cryptiques et son système de progression simple mais efficace, The Adventure of Link fait figure de proto-souls like. Un jeu d’aventure raté, peut-être, mais surtout un très bon action-RPG qui mérite d’être revisité. Si vous en avez le courage.



