« Sans retour » de Walter Hill de retour en salles : entre « Délivrance » et « Rambo », un film toujours aussi étrange et étouffant

Walter Hill a toujours affirmé que Sans retour, qui suit un groupe de réservistes en manœuvre dans le bayou, n’a rien à voir avec le Vietnam. Dès le tournage en 1980, il avait prévenu l’équipe que les commentateurs ne manqueraient pas de faire le rapprochement, mais qu’ils devaient tous, en particulier les acteurs, effacer cette idée de leur esprit. Il est vrai qu’à l’époque, la tentation était forte de faire le lien avec le souvenir encore récent de conscrits envoyés pour une mission qu’ils ne comprenaient pas dans une région qu’ils ne connaissaient pas et où ils rencontraient des autochtones hostiles. Avec le recul, il est un peu plus facile de prendre l’histoire pour ce qu’elle est, un récit de survie, assez semblable au précédent film du réalisateur des Guerriers de la nuit, qui suivait un gang perdu en territoire hostile essayant de retrouver son chemin. La principale différence est le contexte, qui passe de la jungle urbaine à la jungle végétale, mais on y retrouve la même dynamique de groupe, la même interdépendance et la même problématique de l’autorité (qui choisir pour les diriger ?).

Au départ, il s’agit juste d’un exercice de routine. Une section de réservistes part en exercice sous la direction d’un chef autoritaire (Peter Coyote). Mais ils ont vite fait de se perdre dans les méandres du bayou, entamant la cohésion du groupe, qui commence à prendre de mauvaises décisions en empruntant des barques aux cajuns. La situation dégénère rapidement, et tout ce qui peut arriver de pire arrive. Les cajuns tuent le chef de groupe, et traquent les réservistes qui n’ont que des balles à blanc à leur opposer.
Hill a écrit un scénario faussement familier parce que dépourvu de tous les clichés attendus dans ce genre de film, où les personnages ne sont jamais réductibles aux caricatures qu’on est pourtant tentés d’invoquer. Il n’y a pas lieu de les juger pour ce qu’ils semblent être (des militaires du dimanche, des ploucs, des machos), mais l’hostilité dans laquelle ils sont plongés incite à s’identifier à eux ou au moins, à éprouver de l’empathie. Il n’y a pas de bons ni de méchants, juste des hommes confrontés à des situations extraordinaires qui les obligent à prendre rapidement des décisions risquées.

Walter Hill a été dans les années 1980 l’un des principaux représentants d’un cinéma viscéral héritier du western. Sa capacité à mettre en scène l’action et sa compréhension instinctive de l’environnement sont particulièrement mises en valeur dans ce film, où il excelle à créer de la tension, au point de rendre l’expérience traumatisante pour ses personnages qui passent leur temps à craindre le pire, lequel n’arrive pas toujours. D’où l’impression pour le spectateur d’un film beaucoup plus violent qu’il ne l’est réellement.

1h 39min | Action, Drame
Date de reprise 26 mars 2025
De Walter Hill | Par Walter Hill, Michael Kane
Avec Keith Carradine, Powers Boothe, Fred Ward
Titre original Southern comfort

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