« Resident Evil Village »

Suite à la renaissance de Resident Evil en 2017 avec l’épisode 7 (on en reparle plus loin), marqué par l’avènement du moteur maison de Capcom, le bien nommé RE Engine, la série poursuit son exploration de l’horreur à la première personne avec Resident Evil Village (ou Resident Evil 8, pour les intimes). On retrouve Ethan Winters, protagoniste introduit dans l’opus précédent, avec sa compagne Mia, sauvée de l’enfer des Baker, et leur fille Rose, âgée de 6 mois. Après un prologue chaleureux, le jeu bascule dans l’horreur lorsque Chris Redfield et son commando du BSAA font irruption dans ce joyeux foyer, tue Mia et enlève Rose en laissant Ethan inconscient. Lorsqu’il se réveille, Ethan découvre qu’il se situe dans un bourg délabré d’Europe de l’est où règne la famille Dimitrescu, une bande d’aristocrates dégénérés qui font des expériences avec la population locale. Ethan fait alors face à des créatures aussi variées que des lycans, vampires et autres monstres hybrides. Un bestiaire issu du folklore gothique plutôt que des zombies ou infectés sortis de laboratoires qui achève d’ancrer ce Resident Evil 8 dans une ambiance à part, comme l’épisode 7, plus proche de ce que le premier Resident Evil amorçait avec son manoir.

Ethan explore donc un village en perdition, un château gothique, une maison hantée ou encore un bourg inondé dans un lac. Autant de lieux aussi sublimes qu’envoûtants. Mais Resident Evil restant ce qu’il est, ce Village ne peut s’empêcher de raccrocher les wagons de la saga et Chris Redfield accompagné de toutes les tares de la série débarquent avec leurs gros sabots pour nous resservir la tambouille d’Umbrella et des décors industriels beaucoup moins inspirés. Le dernier tiers plus pénible du jeu, malgré un tournant émotionnel assez inédit dans la saga (le sacrifice d’Ethan, qui devient un vrai héros), ne sabote pas toutes ses bonnes idées et intentions. Au sommet desquelles, le level design du château de Lady Dimitrescu (inoubliable antagoniste hélas trop vite évacué) et la Maison Beneviento qui transforme, le temps d’un segment, ce Resident Evil en un appendice de jeux d’horreur psychologiques et de hide and seek à la Silent Hill ou Outlast. L’histoire d’Ethan Winters n’aura duré que deux jeux mais elle aura eu le mérite de bousculer 20 années d’acquis qui collaient à la série comme de la boue sur de jolis mocassins.

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