Dernier ajout à la série, Resident Evil Requiem a été conçu comme l’épisode du 30e anniversaire. Un épisode en forme de réconciliation, qui, s’il revient dans le giron plus classique de la saga (retour de Leon, d’Umbrella et même, de Racoon City), opère une synthèse entre ce qu’elle a fait de mieux depuis sa mutation moderne : horreur palpable à la première personne dans les segments de Grace Ashcroft (Resident Evil 7 et Village), du TPS efficace et dynamique dans la peau de Léon (Resident Evil 4), et un level design globalement solide, héritage des premiers Resident Evil et de leurs récents remake. Le prix à payer pour cette célébration : un scénario très inoffensif qui sert surtout de prétexte à réintégrer la grande trame principale et ses zombies, et à revenir dans un Racoon City décimé post-apocalyptique.
En bon Resident Evil, le jeu subit la malédiction de la baisse de qualité d’une partie à l’autre. Toute l’introduction, façon thriller grisonnant à la Fincher dans des rues pluvieuses et un hôtel miteux, puis le premier gros segment au sein d’une clinique cauchemardesque surpassent en tout point ce qui suit, atténuant les retrouvailles avec Racoon City. Il faut dire que les couloirs de l’hôpital de Rhodes Hill et ses zombies qui revivent en boucle des traits de leur personnalité d’antan (une femme de ménage nettoie des miroirs avec du sang, un cuisinier hache des membres humains,…) sont d’un soin et d’une efficacité sans faille, rendant presque ridicule le retour à un énième laboratoire caché dans les entrailles d’une ville. Malgré tout Requiem fait tout bien (ou presque, le retour au commissariat se révélant aussi court que vain), même dans ses temps faibles, prouvant tout le savoir-faire accumulé cette dernière décennie par Kosho Nakanishi et ses équipes. Et retrouver un Leon cinquantenaire, aussi sexy et drôle qu’impitoyable avec les zombies (quel plaisir de les zigouiller à coups de kicks, hachettes et tronçonneuses), reste un plaisir pas aussi coupable qu’il n’en a l’air.



