« Planètes » de Momoko Seto : une curiosité animée propre à émerveiller tout un chacun

Passé par la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2025 puis par le festival d’Annecy, Planètes nous parvient enfin, lui qui laissait miroiter une fable aussi mignonne qu’originale. Le premier long-métrage de Momoko Seto, jusqu’ici rompue à l’exercice du format court, nous propose de suivre l’aventure de quelques akènes de pissenlit au sein d’un monde désolé par une apocalypse nucléaire. Odyssée contemplative à l’intérieur de la nature, sa découverte semble d’une rigueur presque scientifique tant on y sent un geste d’exploratrice passionnée. Les jeux d’échelles sont aussi permanents que les changements de formes, entre 3D, prises de vues réelles, timelapse et stop-motion, pour un geste à l’image d’une nature pas toujours cohérente, mais fascinante d’une richesse quasi expérimentale.

Cet apparent manque de cohérence ne se fait alors léger frein à l’émerveillement que dans l’inégalité qualitative des différentes techniques, l’archaïsme de certaines laissant transparaître un univers hautement hétéroclite. Reste pour autant une propension à l’hypnose générale doucement fascinante, portée par une bande originale aux élans ludiques plus qu’amusants, trouvant par la synesthésie un rapport à la nature des plus purs. C’est ici, dans son aspect le plus documentaire, contemplatif, voire scientifique, que l’expérience trouve son essence vive.

Planètes surprend pour autant assez par sa capacité à construire une narration que l’on découvre des plus touchantes dès lors qu’un malheur arrive à l’un de ses protagonistes, pourtant simples akènes de pissenlit. On se prête d’abord à rire de le constater, mais le fait est que la caractérisation, visuellement comme par de simples traits comportementaux, touche très juste, poussant petit·e·s comme grand·e·s à s’identifier et à s’attacher. Ce n’est finalement que dans les scories de mise en scène de Momoko Seto que le dispositif se révèle artificiel. En dramatisant par des outils convenus, côté péripéties comme musique, le long-métrage affiche, en transparence de son originalité, la nature finalement très classique, et de fait possiblement interchangeable, de ses personnages. Il ne suffira alors que d’élans de flottement poétiques pour nous raccrocher : la vraie force du film se déployant lorsqu’il en fait le moins et laisse ses sujets se mouvoir, dans une joliesse documentaire rare.

Si l’on peut aisément, selon un regard adulte, voir les coutures parfois grossières de Planètes, c’est finalement dans la vérité d’un regard d’enfant que sa simplicité prend sens. Ces repères dramatiques connus n’apparaissent au final que comme un moyen de captiver, d’ouvrir à une beauté plus exigeante par sa lenteur et sa minutie. La beauté des choses, de la texture d’une peau animale à la forme d’une plante, ne surgit finalement que lorsqu’on l’écoute, lorsqu’on se met humblement à son niveau. Momoko Seto, même si sans doute trop sporadiquement, ne cesse d’épouser l’essence de la nature, délaissant les attendus de son récit pour des bulles à son image, d’une joliesse aussi aléatoire que poétique. Quelque peu tiède dans son adresse politique malgré un point de départ apocalyptique, le long-métrage ne confond pour autant jamais naïveté et niaiserie. Le geste n’a peut-être pour impact que sa sage fascination esthétique. Reste qu’ici, dans la fable naturelle, il y a une ouverture vers la nature loin d’être vaine, portée par un OVNI aussi unique qu’ouvert à émerveiller tout un chacun.

11 mars 2026 en salle | 1h 15min | Animation, Science Fiction
De Momoko Seto | Par Momoko Seto, Alain Layrac

 

Les articles les plus lus

« Resident Evil 3 : Nemesis » / « Resident Evil 3 Remake »

On cite souvent Resident Evil 4 comme l’épisode qui...

« Resident Evil 0 »

Difficile de placer cet épisode sur l’échiquier Resident Evil....

« Resident Evil 5 »

Tout (ou presque) ce que Resident Evil 6 a...

« Resident Evil Revelations »

Les deux Revelations ne font décidément pas partie du...

« Resident Evil 6 »

Il fut un temps où Capcom, en manque cruelle...

« Resident Evil Revelations 2 »

Quand la saga creusait sa tombe. Après 10 années...

Cannes 2026 : la Semaine de la critique, l’ACID et la Quinzaine des cinéastes s’affichent

Découvrez les affiches pour les sections parallèles du Festival...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!