« Moulin » de László Nemes : au départ catastrophique, puis de moins en moins

Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Ce Moulin par László Nemes faisait un peu peur sur le papier, avec son sujet très lourd porté par TF1 Studios et par son acteur principal Gilles Lellouche. La première chose qu’il faut dire, c’est que le Gilles s’en tire avec les honneurs : il a les épaules pour porter le rôle, et les doutes sont assez rapidement dissipés sur ce point, même si la première heure du film paraît très proche d’une forme d’académisme avec les dialogues un peu ampoulés, très fonctionnels. Il y a de grandes phrases déclamées à la volée, et le film reste parfaitement lisible, avec très peu de trouble dans ce que László Nemes cherche à installer.

Surtout, on voit mal ce que ce film apporte à la stature de Gilles Lellouche. On voit plutôt un héros à l’œuvre, et on se demande pendant une heure si c’est vraiment un bon sujet de cinéma, au fond. Et puis, le film décolle vraiment dans cette deuxième heure, reposant notamment sur une rencontre et de longs dialogues avec Lars Eidinger, qui joue Klaus Barbie. Bizarrement, à mesure que le personnage de Gilles Lellouche devient silencieux, peut-être aussi de plus en plus en proie au doute, puisqu’il se fait évidemment torturer (je ne spoile rien pour personne), quelque chose de très beau se dessine sur son visage. Le film parvient alors à nous toucher, alors que, pendant une heure, on pense être face à une sorte de nanar de luxe, pas loin du téléfilm de luxe. Ce qui l’en éloigne, justement, c’est une certaine élégance visuelle et une vraie fluidité. Le film échappe ainsi in extremis aux travers du bon vieux téléfilm historique. Une deuxième heure donc qui reste plutôt bien en bouche, alors même que son début parait assez catastrophique…

28 octobre 2026 en salle | 2h 14min | Drame, Historique
De László Nemes | Par Olivier Demangel
Avec Gilles Lellouche, Lars Eidinger, Louise Bourgoin

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