Dans le giron de la photocopie italienne, Alberto de Martino était bien la preuve qu’on pouvait se montrer opportuniste et offrir des dérivés de choix aux grands succès américains : c’est donc ce qui arriva en 1974 avec L’antéchrist, décalque à peine dissimulé de L’exorciste de William Friedkin qui apportait la petite touche italienne si précieuse. Comprendre du cul (un peu) et de la déviance (pas mal), le point culminant du bidule étant ce sabbat zoophile qui resta dans les mémoires les plus perverses.
Rebelote après le raz de marée satanique de La malédiction où Alberto De Martino offrit sa version des faits, toutefois plus éloignée dans son atmosphère et ses intentions que le fut L’antéchrist avec le classique de Friedkin. Il ne gardera dans son Holocaust 2000 que le point de vue bourgeois, avec cette fois-ci un industriel confronté au mal à l’état pur. Moins réclamé à Hollywood alors, Kirk Douglas se faufile sans problème dans ce bis grand luxe, où il incarne un grand ponte en pleine élaboration d’une usine révolutionnaire qui ferait frémir plus d’un Vert. Mais lorsqu’il fait sauter une grotte millénaire pour les besoins de son chantier, d’étranges phénomènes se produisent : et si sa création maousse costaud déclencherait ni plus ni moins que l’avènement de l’antéchrist ? C’est en tout cas la liste sans cesse rallongée de morts « accidentelles » et les nombreuses visions qui viennent le troubler la nuit, qui semblent lui annoncer le pire des avenirs.
Avec un scope généreux riche en images élégantes (des passages très shockcorridorien dans un asile blanc immaculé, les escapades dans une grotte légendaire, le désert de sel apparaissant en rêve…), Holocaust 2000 fait preuve d’une classe redoutable, sans toutefois sacrifier les excès si chers à son pays d’origine : comment oublier la rencontre d’un brave général et d’une pale d’hélicoptère, où la découpe peu délicate d’un pauvre scientifique (comme dans… Damien, la malédiction !)? Aux côtés de Douglas, investi comme jamais, l’aveuglante Agostina Belli pourrait devenir le réceptacle du fils du Malin (forcément…). L’environnement en péril devient l’ombre du crépuscule des temps : la veine écolo des années 70 bat son plein, probablement encore plus que dans certaines productions actuelles. Si on regrette peut-être une deuxième partie moins impressionnante, Holocaust 2000 fait office de Omen-like de choix. Et ils ne sont pas nombreux à se mesurer à ce titre…
| 1h 46min | Epouvante-horreur De Alberto De Martino | Par Alberto De Martino, Aldo De Martino Avec Kirk Douglas, Simon Ward, Agostina Belli |



