« Alpha » de Julia Ducournau : hélas, c’est raté !

Film chaos ultra-attendu cette année, quatre ans après le triomphe surprise de Titane, Alpha de Julia Ducournau a décontenancé plus d’un festivalier. Localisé au Havre, ce troisième long-métrage, soutenu en partie par des boîtes de production américaines (Film Nation, Neon) poursuit les expérimentations narratives et visuelles de Titane. Entouré des stars Tahar Rahim et Golshifteh Farahani, la jeune Mélissa Boros incarne la Alpha du titre, une adolescente ostracisée par ses camarades de classe lorsqu’ils découvrent qu’elle doit se faire tester à cause d’un tatouage fait à l’arrache lors d’une soirée, alors que plane l’ombre d’une épidémie meurtrière transformant les malades en statue de marbre.

Sur le papier, Alpha a de quoi emballer. Traiter des ravages du Sida et de l’addiction à l’héroïne sous le prisme du body horror est une excellente idée, en plus d’être singulière. Le film tient d’ailleurs ses promesses, le temps d’un échange candide entre Alpha et son oncle atteint du mal incurable, puis d’une soirée entre pré-ados destroys. Les premières apparitions des hommes ou femmes de marbre sont même impressionnantes et réaffirment les talents de la cinéaste pour figurer l’organique. Hélas, le récit inutilement alambiqué nous balade ensuite entre passé et présent, aisément reconnaissables grâce à la différence de teintes de l’image (orange argileux pour le passé, gris sinistre pour le présent) et aux coupes de cheveux de Golshifteh Farahani et Emma Mckey. Un procédé narratif censé laisser planer un voile de mystère sur le film, mais tellement éculé depuis les années 2000 (revoyez Memento ou Requiem For a Dream dont Alpha est un lointain cousin) qu’il ne fait qu’en alourdir le propos.

Visuellement, le film tourne également à vide, un comble pour une cinéaste qui a pallié les manquements de son écriture par une certaine maîtrise formelle. À part quelques belles idées employées pour détourner le gore attendu (le sang transformé en poussière, la chair en pierre), Julia Ducournau peine à donner corps à des scènes puissantes. Le renfort constant de musiques tonitruantes ou de séquences d’hystéries avec des acteurs en roue libre sont symptomatiques des faiblesses d’un film qui a tous les atours d’un gros ratage. C’est d’autant plus triste que le film, une fois débarrassé de tous ses artifices, parvient enfin à nous toucher dans les toutes dernières minutes.

Les articles les plus lus

« Resident Evil 3 : Nemesis » / « Resident Evil 3 Remake »

On cite souvent Resident Evil 4 comme l’épisode qui...

« Resident Evil 0 »

Difficile de placer cet épisode sur l’échiquier Resident Evil....

« Resident Evil 5 »

Tout (ou presque) ce que Resident Evil 6 a...

« Resident Evil Revelations »

Les deux Revelations ne font décidément pas partie du...

« Resident Evil 6 »

Il fut un temps où Capcom, en manque cruelle...

« Resident Evil Revelations 2 »

Quand la saga creusait sa tombe. Après 10 années...

Cannes 2026 : la Semaine de la critique, l’ACID et la Quinzaine des cinéastes s’affichent

Découvrez les affiches pour les sections parallèles du Festival...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!