Festival de Cannes 2023: Jeff Nichols, Jean-Bernard Marlin, Aki Kaurismäki… derniers pronostics sur la Croisette

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C’est un exercice que vous aimez, et qui revient chaque année enturbanné dans les douceurs du mois de mars: à deux mois du festin cannois qui se déroulera cette année du 16 au 27 mai, le Chaos reprend ses traditionnels pronostics d’avant compétition. Entre passages obligés, coups de poker et intuitions foireuses évidemment pratiquées au doigt mouillé, voici une liste qui sera régulièrement mise à jour avant la (désormais fameuse) conférence de presse de mi-avril.

Le Temps d’aimer – Katell Quillevéré
Compèt ou pas compèt? Si Justine Triet et Bertrand Bonello semblent déjà occuper les strapontins à tête double Films Pélléas/Films du Bélier, on serait étonnés de voir le nouveau Killayveray ne pas accoster sur la Croisette (un film en costumes à 9 millions avec aussi du Gaumont dedans). Les indispensables Vincent Lacoste et Anaïs Demoustier tiennent les deux rôles principaux, pour une intrigue se déroulant en 1947. Sur une plage normande, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. La providence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre, avec le temps, ce que François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien… Featuring Charades aux ventes inter (ça sent bon…).

The Bikeriders – Jeff Nichols
Avec un tournage emballé en novembre dernier, le nouveau film du Jeff attend patiemment l’annonce du 13 avril pour officialiser sa venue, pour ce film « en prépa depuis 20 ans » qui raconte l’ascension d’un groupe de motards dans le Midwest des années 60, moment où la contestation laisse bientôt place à la violence. Un casting gratiné que portent Tom Hardy, Austin Butler, Jodie Comer, et le grand frère Michael Shannon. Vroum vroum sur le red carpé!

Les filles d’Olfa – Kaouther Ben Hania
Jour2fête s’occupe de la distribution de ce docu-fiction signé Kaouther Ben Hania (une pluie de récompenses pour Le Challat de Tunis, La Belle et la Meute, L’Homme qui a vendu sa peau), alors que la rumeur enfle autour d’une possible présence documentaire en compétition (on n’a pas beaucoup d’exemples depuis la Palme d’or controversée attribuée par Tarantino à Fahrenheit 9/11 – produit par poto Harvey – en 2004). Ce titre sur lequel on sait peu de choses truste en tout cas tous les pronos de la presse étrangère: à minima du Cannes Premiere?

Dead Leaves (aka Les Feuilles mortes) – Aki Kaurismäki
Info chaos de première main: le film sera bien présent à Cannes, en compèt ou ailleurs (c’est Aki lui-même qui a fait leaker la chose dans la presse portugaise le 9 avril, pendant que vous faisiez la chasse aux oeufs!). Calé au 20 septembre par Diaphana, le 20e film du Roy Andersson finlandais verra Alma Pöysti et Jussi Vatanen camper une vendeuse et un sableur qui tentent d’entrer en contact l’un avec l’autre. On imagine assez mal le film ne pas occuper une place de choix au sein de la sélection frémaltienne…

Salem – Jean-Bernard Marlin
Et s’il y arrivait à temps? L’incertitude rôde autour de Salem, dont la fiche Allociné (fraîchement mise à jour) évoque une fresque sociale et fantastique qui suit la trajectoire de Djibril, un garçon frappé par des troubles psychiques et des visions prophétiques, sur plus de vingt ans, dans un quartier difficile de Marseille marqué par les règlements de compte. Un projet de 2h40 avec Oumar Moindjie, Dalil Abdourahim et Mohamed Soumare… Pas encore finalisé, le film a tout du projet surprise annoncé dans les ajouts de dernière minute, et s’annonce déjà comme l’une des sensations du festival, reprenant ainsi la case du film-à-rallonge-qu’on-n’attendait-pas: Toni Erdmann, The Square, Pacifiction

Le Pot-au-feu de Dodin Bouffant – Tran Anh Hung
Sous ce titre ébouriffant (haha!) se cache en fait le nouveau Tran Anh Hung (L’Odeur de la papaye verte, À la verticale de l’été) que personne ou presque n’a mis dans ses pronos. Juliette Binoche y retrouve pourtant Benoît Magimel, auquel il faut ajouter le chef cuistot Pierre Gagnaire, pour ce film où les deux passions du monde moderne seront réunies (nous parlons bien évidemment de la bouffe et du sexe). Un drame se déroulant au XIXe siècle et qui déplie l’histoire d’Eugénie, cuisinière depuis 20 ans au service du célèbre gastronome Dodin (un personnage fictif qui voue à l’art culinaire un véritable culte mais qui, contrairement à la légende, n’existe pas, puisqu’il est le héros du romancier Marcel Rouff). A force de passer du temps ensemble dans la cuisine, une passion amoureuse s’est construite entre les deux. Mais Eugénie n’a jamais voulu se marier avec Dodin, histoire de garder sa liberté… Ricci et Arnoux s’occupent de la presse (on est donc bien obligés d’y croire).

Little Girl Blue – Mona Achache
Assez intrigués nous sommes devant ce nouveau projet conçu par la réalisatrice des (géniales) Gazelles en 2014 et co-scénariste des (non moins intéressants) Gamins en 2013. D’autant plus que ce film beau bizarre, rapidement tourné à Mulhouse en novembre dernier, commence comme un documentaire et se termine en fiction: Marion Cotillard y tient le rôle principal, avec Les Films du Poisson à la baguette.

Un métier sérieux – Thomas Lilti
L’atout charme de la Quinzaine? Dans un contexte où le cinéma d’auteur a besoin d’un cast solide pour réconcilier des spectateurs netflixo-confinés depuis trois ans, Thomas Lilti se pose avec un objet de choix, qu’on voit mal être oublié de nos chers sélectionneurs (Vincent Lacoste, François Cluzet, Louise Bourgoin, Adèle Exarchopoulos, William Lebghil, Lucie Zhang, Bouli Lanners: rép à ça, Quentin Dupieux!) Pour son pitch, le Thomas ne s’est pas emmerdé, il a tout simplement mixé Première année et Médecin de campagne (avec un zeste d’Hippocrate). C’est la rentrée. Une nouvelle année scolaire au collège qui voit se retrouver Pierre, Meriem, Fouad, Sophie, Sandrine, Léo et Sofiane, un groupe d’enseignants engagés et soudés. Ils sont vite rejoints par Benjamin, jeune professeur remplaçant sans expérience et rapidement confronté aux affres du métier. A leur contact, il va découvrir combien la passion de l’enseignement demeure vivante au sein d’une institution pourtant fragilisée. Un challenger de choix à l’autre Thomas, aka Thomas Cailley, lui aussi pressenti avec son intrigant Le règne animal (et qui a lui aussi fait appel à Adèle Exarchopoulos, entourée de Romain Duris et Paul Kircher).

Acide (aka Eau-forte) – Just Philippot
Pathé est derrière ce second long du réalisateur de La Nuée (Semaine de la critique 2020) pour lequel le cinéaste a composé un casting intrigant: Guillaume Reconquête Canet, Laetitia Dosch et Patience Munchenbach (Perdrix). Programmé pour septembre mais bouclé right-on-time pour Cannes: pour être tout à fait honnête, on a zéro bruit de couloir concernant ce titre, mais on se dit qu’il y a un créneau genresque à aller chercher quelque part… Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michal et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s’abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fracturée va devoir s’unir pour affronter cette catastrophe climatique et tenter d’y échapper.

La colline parfumée – Abderrahmane Sissako
Depuis Timbuktu – il y a de ça bientôt 10 ans – on a très peu de nouvelles d’Abderrahmane Sissako, qui devrait surgir en compétition avec cette nouvelle coproduction franco-mauritanienne: le nom du film reprend celui d’un véritable restau de Guangzhou tenu par un couple afro-chinois. « Toute l’année, des milliers d’Africains y viennent de tout le continent. C’est le cadre cosmopolite par excellence où les langues africaines se mêlent au mandarin, où les différents plats s’influencent et se mélangent, où les affaires sont essentielles, faisant fi des barrières raciales de rejet, et où, inévitablement, des liens se tissent, s’importent, s’exportent et voyagent. » Plus en détail, le film raconte l’histoire de Joice, une jeune africaine d’une trentaine d’années qui dit non le jour de son mariage. Elle quitte son pays natal et se crée une nouvelle vie en Chine, à « Chocolate City », le quartier africain de Guangzhou, où elle travaille dans une boutique de thé. Au générique, on retrouve Gaumont, Arte France Cinéma, Canal+, le CNC et le Film Fund Luxembourg: est-il encore possible d’avoir un doute après ça?

Ebba – Johanna Pyykkö
Ebba, 18 ans, découvre un homme d’une grande beauté, blessé, dans le port d’Oslo. Lorsqu’elle se rend compte qu’il est atteint d’amnésie, elle ment et lui fait croire qu’ils sont amants. Au fur et à mesure de sa guérison, Ebba découvre qu’il n’est peut-être pas aussi innocent qu’elle ne l’imaginait. Un jeu sur les fantasmes et les apparences, témoignant aussi des réalités des différentes classes sociales dans les pays du Nord. C’est ce qu’on appelle un alignement des planètes: la réal est une ancienne collaboratrice du chouchou Joachim Trier + elle est entourée d’un doux parfum de hype scandinave (finno-suédois, pour être précis) => déjà un joli potentiel dans le tableau des étoiles du Film Français (partie UCR)!

The Old Oak – Ken Loach
Ne débordant pas d’enthousiasme sur ce titre – écrit par Paul Laverty, histoire de changer un peu! – nous avons décidé de faire court et de vous livrer uniquement le pitch dispo sur Allociné. En espérant que l’équipe du Pacte n’y voie pas ombrage… TJ Ballantyne est le propriétaire du « Old Oak », un pub qui est menacé de fermeture après l’arrivée de réfugiés syriens placés dans le village sans aucun préavis. Bientôt, TJ rencontre une jeune Syrienne, Yara, qui possède un appareil photo. Une amitié va naître entre eux…

La Vénus d’argent – Helena Klotz
Jeanne Francoeur a 24 ans. Elle vit dans une caserne de gendarmerie délabrée. Fille d’un gendarme malmené par la vie, aînée de trois enfants dont elle a la charge, Jeanne a misé sur le monde de la finance, non pas pour la gloire ou le luxe, mais parce qu’il lui a permis d’échapper aux carcans de son milieu et de gagner sa liberté… Grosse attente autour de ce film où figurent Pomme, Denis Menochet, Niels Schneider, et Anna Mouglalis (Noé Debré et Emily Barnett sont eux mentionnés au scénario): ça fait depuis la bombe L’Âge atomique en 2012 qu’on attend un nouveau long-métrage de la réalisatrice, qui nous a entre-temps gratifié du joli court Amour océan au FIFIB l’an dernier. Notre téméraire boule de cristal l’envoie soit à la Quinzaine, soit à Locarno.

Rabia – Mareike Engelhardt
Reprenant lâchement une info de nos copains de chez Wask, nous misons à notre tour sur ce titre, nouvelle livraison de Films Grand Huit (jeune maison couronnée par une flopée de César ces dernières années, et qui a montré son premier long à Berlin il y a quelques semaines: Disco Boy de Giacomo Abbruzzese). On y retrouve Megan Northam (Les passagers de la nuit, l’excellent Fifi à venir prochainement), Lubna Azabal, Natacha Krief, Christine Gautier (qui bouffait littéralement les doigts de pieds d’Anthony Bajon dans Teddy) ou encore Andranic Manet. Le pitch, mon commandant? Rabia, une jeune Française de 19 ans partie pour le jihad, se retrouve enfermée dans une maison de femmes de Daech à Raqqa avec une centaine d’autres jeunes venues de tous les coins du monde. Pour survivre, elle devient l’assistante de la directrice, Madame, qui exerce sur elle un pouvoir de fascination. Leur relation maître-esclave pousse Rabia à aller au-delà de ses convictions, jusqu’à ce qu’elle ne supporte plus le monstre que le système a fait d’elle. La presse américaine ne cesse en tout cas de nous prédire un nombre record de réalisatrices en Sélection officielle. Allez, on y croit!

La vie de ma mère (aka Planete Mère) – Emilie Brisavoine
Sevrés depuis Pauline s’arrache, présenté à l’ACID en 2015, nous attendons notre nouvelle dose d’Emilie Brisavoine depuis maintenant trop longtemps. Rien n’a filtré sur ce nouveau documentaire qui a décroché l’avance sur recettes du CNC il y a maintenant deux ans : en exclu pour nos lecteurs, voici un vieux synopsis d’alors que nous avons récupéré d’une brochure PDF qui traînait quelque part dans nos locaux. Le portrait de la mère de la réalisatrice, Meaud: fumeuse, RSA, médiumnité, mari gay. Mais aussi Skype avec son petit- fils et souvenirs d’une vie à la dure et haute en couleurs… Le virus passant par là, Meaud passe un deal avec «là-haut». Elle ne veut pas mourir. À bientôt soixante ans, il est temps pour elle de remettre de l’ordre dans sa vie. Mettez-nous ça en Séance spéciale à la Semaine pleassseee…

Funny Birds – Hanna Ladoul & Marco La Via
Aux dernières nouvelles et en dépit d’insistantes rumeurs, Catherine Deneuve ne viendra pas présenter l’attendu Bernadette de Léa Domenach (oui, c’est bien le biopic sur la veuve Chirac). Mais l’actrice-clopeuse devrait nous donner de rassurantes nouvelles dans Funny Birds, nouveau bébé de ces deux cinéastes français basés à Los Angeles – révélés par l’ACID avec Nous les coyotes en 2018 – projet pour lequel Jessica Chastain a un temps été annoncée avant de disparaître façon Ma-vie-avec-Donovan! Un triple portrait de femmes co-produit par Martin Scorsese et Melita « queen of Marrakech » Toscan du Plantier, qui sent effectivement Le Carnaval des animaux à plein nez: Charlie, 16 ans, revient de son pensionnat pour s’occuper de Laura, sa mère malade, agricultrice en Virginie. Des années de ressentiments inexprimés abîment la relation entre les deux femmes et leur quotidien à la ferme. Solange, la mère de Laura, la grand-mère de Charlie, qui, après une longue absence, débarque elle aussi à la ferme… Elle est française, féministe et excentrique. Solange a quitté l’Amérique alors que sa fille n’était encore qu’une enfant et elles ne se sont jamais beaucoup revues. Ces trois femmes que rien ne semble rapprocher, réussiront-elles à vivre ensemble?

En attendant la nuit – Céline Rouzet
Jean-Charles Clichet, Élodie Bouchez et Céleste Brunnquell réunis dans un film de monstre mis en musique par Jean-Benoît Dunckel (la moitié du groupe Air), ça vous parle? Nous, oui! Grosse attente autour de ce long-métrage dont nous vous parlions déjà l’an dernier et qui peut légitimement espérer un écrin cannois: le projet semble bien outillé pour les parallèles, d’autant qu’il s’abreuve à de magnifiques références que seuls les ravis de la crèche du twitter ciné estampillent du qualificatif d’elevated horror (Lynch, Martin de Romero, Donnie Darko, Running on empty, Parasite)… Par la réalisatrice du documentaire sorti l’an dernier, 140 km à l’ouest du paradis: Cannes ou pas Cannes, on vous en reparle très vite!

Monster / Kaibutsu – Hirokazu Kore-eda
Après des incartades françaises et coréennes, Kore-eda est de retour avec un projet bien de chez lui: la date de sortie japonaise de Monster a été fixée au 2 juin (on vous laisse en conclure ce que bon vous semble). Hasard morbide du calendrier, la musique est assurée par le grand Ryuichi Sakamoto! On a encore très peu d’infos sur ce projet dont Wild Bunch pilote les ventes internationales, mais voici ce que Google Translate nous laisse entrevoir comme synopsis (pardonnez nos phrases malhabiles): « Dans une ville de banlieue, une bagarre éclate dans une école; bagarre qui prend de l’ampleur à mesure que les témoignages s’accumulent et que les médias s’en mêlent. Par un matin orageux, les enfants se mettent à mystérieusement disparaître… » On n’avait pas spécialement d’attentes autour de ce titre, mais dans la mesure où très peu de gros poissons asiatiques sont pressentis – pas de Jia Zhangke, Bong Joon Ho, Park Chan-wook, Naomi Kawase, Hong Sang-soo ou Na Hong-jin à l’horizon – on se dit que Frémaux et Cie peuvent difficilement s’en passer…

The Idol – Sam Levinson
« Je n’ai vu qu’un seul épisode, qui m’a l’air prometteur »: c’est Thierry Frémaux himself qui l’assurait à nos confrères de Variety fin mars, alors qu’Indiewire laisse courir la rumeur azuréenne depuis un bon mois. D’abord conçue comme une satire de l’industrie musicale, le show proposé par The Weeknd – co-créateur, producteur et acteur de cette série HBO au parfum polémique – aurait viré « de façon sauvage et crado » vers un cocktail explosif panachant scènes de torture porn et violences envers le sexe féminin (ça, c’est Rolling Stone qui le dit). Un buzz savamment entretenu sur les rézosocio pour une projo qui s’annonce déjà comme le temps fort du hors-compèt (Lily-Rose Depp est déjà en train d’essayer ses robes). 10 ans après Spring Breakers, un formidable hommage à Harmony Korine…

May/December – Todd Haynes
Abonné de luxe à la Croisette depuis le hit en chromo Carol (2015), Todd Haynes pourrait surgir avec un nouveau film au casting très Frémaux compatible: Natalie Portman, Julianne Moore et Charles Melton (Riverdale). Il y sera encore une fois question de romance sur fond de tabloïd et de scrapbook encapsulant la mémoire d’Hollywood. Jugez plutôt le synopsis Allociné: Vingt ans après que leur histoire d’amour ait fait les choux gras de la presse, Gracie Atherton-Yu et son mari Joe – de 23 ans son cadet – se préparent à la rentrée de leurs jumeaux au lycée. Lorsque l’actrice hollywoodienne, Elizabeth Berry, vient passer du temps avec la famille pour mieux comprendre Gracie, qu’elle va incarner dans un film, la dynamique familiale s’effiloche. Joe a l’impression d’être passé à côté de sa jeunesse. Parallèlement, Elizabeth et Gracie s’étudient mutuellement, les similitudes et les différences entre les deux femmes commencent alors à s’estomper… Le prequel de Fin août, début septembre du père Assayas?

Hitman – Richard Linklater
Distribué sous nos latitudes pas SND, Hitman pourrait marquer le grand retour de Richard Linklater à Cannes, le réal texan ayant pris l’habitude de skipper la case Croisette depuis presque 20 annuités (souvenez-vous le triomphe Boyhood à la Berlinale 2014). Le film retrace l’intrigue racontée dans le livre du même nom en 2001, soit la folle épopée de Gary Johnson, un policier de Houston qui travaille sous couverture comme tueur à gages et qui rompt le protocole pour aider une femme désespérée, tentant d’échapper à un petit ami violent. Au casting, Glen Powell (Top Gun: Maverick), Adria Arjona, Austin Amelio et Retta (Parks and Recreation). Aucune certitude sur ce titre, d’autant que le contingent américain paraît déjà encombré (Scorsese ici, Indiana Jones là) et que les places restantes sont chères…

Anatomie d’une chute – Justine Triet
Un titre breillatien en diable pour notre Justine nationale qui a jusque-là placé ses 3 longs-métrages à Cannes (dont l’étrange Sibyl en toute fin de compèt il y a maintenant 4 ans). Une nouvelle fois emballé par la trinité Les Films Pelléas / Les Films de Pierre / Le Pacte, une nouvelle fois co-écrit avec notre chouchou Arthur Harari, le film – porté par Sandra Hüller, Swann Arlaud, Antoine Reinartz, Samuel Theis et Jehnny Beth (!) – coche toutes les cases du met cannois qu’on attend non sans impatience, d’autant plus que Triet s’aventure ici sur le territoire du thriller conjugal. Le pitch? Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère, véritable dissection du couple.

Vincent doit mourir – Stéphan Castang
Tourné en septembre-octobre dernier, ce premier long avec Karim Leklou et Vimala Pons devrait faire le prestigieux déplacement: son Prix à la Création de la Fondation Gan 2021 pourrait l’orienter quelque part entre la Semaine et la Quinzaine (confere Rien à foutre, Dalva, La Montagne, L’Eden, Bruno Reidal, Mon légionnaire et tant d’autres ces dernières années). Un objet hybride flirtant avec le fantastique, l’humour, la romance, et qui devrait – c’est Stéphan en personne qui vous en parlait fin 2021 – se rappeler à la mémoire des fans de Carpenter, Romero et Buñuel. Du jour au lendemain, Vincent se retrouve agressé sans raison par des gens qui tentent de le tuer. Il essaye de poursuivre une existence normale mais quand le phénomène s’amplifie il n’a pas d’autre choix que de fuir et changer de mode de vie. Inutile de vous préciser qu’on en sera…

Le Consentement – Vanessa Filho
Un retour à Un Certain Regard pour la réalisatrice de Gueule d’Ange (2018), où Marion Cotillard s’enfilait des reality show et des fonds de bouteille de Poliakov même pas coupés au jus de pomme? On y va tout droit pour ce film forcément attendu, trois ans après la parution du livre où Vanessa Springora décrivait comment elle s’était retrouvée dans les années 80 sous l’emprise d’un écrivain célèbre (déjà dégarni à l’époque): elle avait 13 ans; lui, presque 50. Ledit écrivain chauve sera joué par Jean-Paul Rouve (!!!!) qui donnera la réplique à Kim Higelin, Laetitia Casta, Sara Giraudeau, et Lucie Debay, vue récemment dans Lucie perd son cheval. Valérie sera évidemment aux premières loges (battant le fer avec notre intrépide Log Lady) pour signer une critique qu’on annonce déjà comme son chef-d’œuvre…

Zone of interest – Jonathan Glazer
Alerte curiosité maximale pour ce nouveau projet du plus mystérieux des cinéastes chaos – dont on a peu de nouvelles depuis la bombe Under the Skin lâchée il y a dix ans – et dont on sait aussi que le travail de post-production ne sera pas torché à la-vite dans le seul but de décrocher une place sous le soleil cannois (celui de Venise sied par ailleurs très bien au consciencieux cinéaste). D’après le roman de Martin Amis, Zone of interest nous plonge au coeur de la Seconde Guerre mondiale et narre l’histoire d’amour compliquée entre un officier nazi et la femme d’un kapo (s’y superpose aussi le point de vue d’un membre des Sonderkommandos, ces prisonniers juifs contraints de participer à la Solution finale: remember Le fils de Saul en 2015). La grosse machine A24 est derrière ce film très attendu, où vous retrouverez Sandra Hüller (Toni Erdmann, Sibyl), Christian Friedel, Ralph Herforth, Max Beck: autant dire que la hype autour de film (ira? ira pas?) risque de durer jusqu’à la veille de l’ouverture.

La Bête – Bertrand Bonello
« Il se trouve qu’à plein d’endroits, ce film devient de plus en plus contemporain et ce n’est pas une bonne nouvelle »: on attend comme tout le monde le nouveau projet de notre BB adoré, évidemment perturbé par la disparition de Gaspard Ulliel, survenue en janvier 2022. Un mélodrame teinté d’anticipation, quelque part entre l’anticipation et le slasher, porté par Léa Seydoux et George MacKay, dont on ne voit pas vraiment comment il pourrait enjamber la Croisette (Bonello n’a plus monté les marches depuis l’exquis Saint-Laurent en 2014, ce qui commence à faire long pour cet habitué). Produit par Les Films du Bélier et co-écrit avec Guillaume Bréaud (Le petit lieutenant) et Benjamin Charbit (Gagarine, La Nuit venue), La Bête plonge dans un futur proche où les émotions sont devenues une menace. Gabrielle se décide à purifier son ADN dans une machine – cronenbergienne? – qui va la plonger dans ses vies antérieures et la débarrasser de tout sentiment fort. Elle rencontre alors Louis envers qui elle ressent une puissante connexion, comme si elle le connaissait depuis toujours… Dans un grand entretien avec le Chaos donné il y a un an, Bonello évoquait le projet en ces termes: «Il y a deux manières d’en parler. C’est tiré d’une adaptation extrêmement libre de Henry James, La Bête dans la jungle, qui est un mélodrame sur un couple qui passe à côté de l’amour parce que les deux personnages ont peur de l’amour. Lorsqu’ils s’en aperçoivent, c’est évidemment trop tard… Après, il y a une autre manière d’en parler, qui colle plus avec la manière dont j’ai traité cette adaptation. Nous sommes en 2044. Il y a eu un méga chaos mondial en 2025 et l’intelligence artificielle a pris les clés du monde, réglant absolument tous les problèmes: écologiques, économiques, sociétaux… Absolument tout. Et on se trouve dans un modèle de société où, si on veut avoir des responsabilités, on doit se débarrasser de ses affects, parce que l’affect est quelque chose qui perturbe le bon sens. Il faut donc nettoyer son ADN et se replonger dans ses vies antérieures...» Encore une soirée où il va falloir batailler sévère pour espérer être admis…

L’été dernier – Catherine Breillat
Ça s’active en très haut lieu du côté de chez SBS pour pouvoir proposer un montage convenable à Thierry Frémaux et ses équipes: le premier film en 10 ans pour la réalisatrice provocatrice – qu’on aime beaucoup ici et qui nous a joyeusement envoyé balader l’an dernier: on vous racontera – qu’on n’a plus vue à Cannes depuis déjà 16 berges (Une vieille maîtresse en 2007). Remake du film érotique danois Dronningen (Queen of Hearts) réalisé par May el-Toukhy en 2019, L’été dernier raconte l’histoire d’une brillante avocate, Anne, qui défend les mineurs victimes d’abus et les adolescents en difficulté. Son mari Pierre, leurs deux filles et elle vivent en parfaite harmonie dans une belle villa sur les hauteurs de Paris. Lorsque Théo, fils de Pierre né d’un précédent mariage, emménage avec eux, l’équilibre de la famille se retrouve chamboulé par l’irruption de cet adolescent rebelle et contestataire, qu’on imagine tout droit sorti du Théorème de Pasolini! Featuring Léa Drucker, Samuel Kircher, Olivier Rabourdin, Clotilde Courau (et non pas Cournau, comme le disent nos confrères d’Indiewire). Pyramide est à la distrib’: on est évidemment très, très impatients de voir ça.

Close Your Eyes / Cerrar los ojos – Victor Erice
Si l’on murmure ici et là que le film n’est pas prêt, nous croyons fort à la présence de Victor Erice (l’homme derrière L’esprit de la ruche – qui fête cette année son demi-siècle – et Le Sud: deux films chéris par votre aimable rédaction) pour ce qui sera son 4ème long-métrage, malgré 82 années au compteur! Il y sera question d’identité et de mémoire puisque le film raconte la disparition d’un célèbre acteur espagnol en plein tournage: si son corps n’a pas été retrouvé, la police conclut qu’il a été victime d’un mystérieux accident sur une falaise en bord de mer. 30 ans après le fait divers, un show TV s’empare du sujet et diffuse des images inédites dudit tournage… Figurent au casting José Coronado, Manolo Solo et surtout Ana Torrent, l’héroïne de L’Esprit de la ruche, Cría cuervos, Elisa, mon amour, Tesis… Tout juste remise du triomphe de La nuit du 12, c’est l’équipe de Haut et Court qui bichonnera cette sortie. De quoi être très optimiste quant à une présence azuréenne (allez, la compèt pour Victor!!!)

La Chimera / La chimère – Alice Rohrwacher
Cela fait aussi un bon moment que ce titre circule dans les couloirs cannois: tous les voyants sont au vert pour l’une des cinéastes chouchous du festival, qui précise à nos confères de Variety: « La Chimera est la dernière pièce d’un triptyque sur le territoire que j’ai commencé avec Les Merveilles et qui pose une question centrale: que faire du passé? Le passé est-il simplement un monde perdu ou concerne-t-il intimement notre présent?” L’intrigue se situe dans les années 80, où Arthur revient dans une petite ville sur le littoral de la mer Tyrrhénienne. Il est chasseur de vestiges étrusques, activité illégale qu’il pratique avec une bande de joyeux drilles, bandits à la petite semaine. Tutur a un don (don qu’il partage avec la majorité présidentielle): il ressent le vide. Le vide qu’a laissé en lui le souvenir de son amour perdu, Beniamina… Une co-production italo-franco-suisse portée par un cast intrigant: Josh O’Connor (The Crown), Isabella Rossellini, Carol Duarte, et l’inévitable Alba Rohrwacher!

Asteroid City – Wes Anderson
Un Wes programmé au 21 juin (date française) peut-il vraiment faire l’impasse sur un grand festival? Après l’accueil mitigé reçu par son French Dispatch en 2021, le Texan devrait nous amener sa team habituelle sur la Côte d’Azur, provoquant ainsi un attroupement de mamies en bob fuchsia prenant d’assaut le tapis rouge (sans s’excuser de nous massacrer nos talonnettes, bien évidemment): Scarlett Johansson, Tom Hanks, Jason Schwartzman, Jeffrey Wright, Tilda Swinton, Bryan Cranston, Adrien Brody, Liev Schreiber, Steve Carell, Matt Dillon, Willem Dafoe, Margot Robbie, Jeff Goldblum… Côté synopsis, nos confrères de Trois Couleurs sont allés traduire ce complément d’info glané sur le site US The Film Stage: «Il y a des milliers d’années, un astéroïde est tombé du ciel, créant un énorme cratère au centre duquel subsiste un morceau de roche astéroïde. Une fois par an, une convention se tient sur le site, attire des astronomes en herbe, des enseignants, des familles et du personnel militaire. Alors que les étoiles commencent à s’aligner, des événements surprenants et totalement inattendus se produisent… On retrouve un Wes Anderson au meilleur de sa forme comique. Le film est imprégné d’une grande douleur suite à la mort d’une mère de famille, conférant au film une profondeur émotionnelle.» Nous n’attraperons peut-être qu’une vulgaire séance du lendemain, mais nous y serons.

L’île rouge (aka Les Blancs aka L’école de l’air) – Robin Campillo
Début des années 70, sur une base de l’armée française à Madagascar, les militaires et leurs familles vivent les dernières illusions du colonialisme… Nul doute que le nouvel opus du discret Robin Campillo, dont le très plébiscité 120 BPM remonte à déjà 6 ans, fera bel et bien le déplacement, entouré de son scénariste Gilles Marchand et de son casting en slip de bain: la fraîchement césarisée Nadia Tereszkiewicz, accompagnée par Quim Gutiérrez (le beau gosse de Madeleine Collins), Charlie Vauselle, Sophie Guillemin et Hugues Delamarlière. Une question reste en suspens: aurons-nous droit à du Céline Sciamma et du Arnaud Rebotini aux platines si l’on réussit à gratter un carton pour cette fête Memento endiablée?

L’Amour et les forêts – Valérie Donzelli
Coécrit avec Audrey Diwan – dont les deux films en tant que réalisatrice n’ont pas fait le déplacement sur la Croisette – cette adaptation du roman éponyme d’Éric Reinhardt devrait marquer le grand retour de la Donzelle sur la Croisette (la dernière remonte à 2015 pour Marguerite et Julien, avec le non-succès que l’on sait). Le casting est on ne peut plus Cannes compatible puisqu’on y retrouve Virginie Efira, Melvil Poupaud, Dominique Reymond, Romane Bohringer, et Virginie Ledoyen. Le livre raconte l’histoire d’une femme prise dans l’étau d’une relation toxique, incapable d’échapper à sa condition d’épouse et de mère, voici ce que nous dit le pitch semi-officiel du film: «Quand elle a croisé le chemin de Greg, elle a cru rencontrer celui qu’elle cherchait. Les liens qui les unissent se sont tissés rapidement, leur histoire s’est écrite dans l’emportement. Blanche fait taire ses appréhensions, s’éloigne de sa famille, de sa sœur jumelle, pensant se réinventer. Et fil après fil, se retrouve prise au piège d’un homme possessif et dangereux. Un homme qu’elle n’ose dénoncer par honte, par peur. Car l’emprise n’a que deux issues possibles. Soit la victime s’effondre, soit elle se libère…»

Club Zero – Jessica Hausner
Dans une école d’élite, le portrait d’une enseignante fraîchement recrutée dont l’influence sur cinq élèves va prendre une tournure dangereuse: faut dire que sa discipline s’appelle « l’alimentation consciente », ce qui laisse entrevoir un film voguant probablement en territoire ducournien… Un film en anglais tourné à Oxford pour la réalisatrice autrichienne (multi-abonnée à Cannes) et dans lequel vous retrouverez notamment notre chouchou Mia Wasikowska et Sidse Babett Knudsen. Distribution par nos amis de BAC Films (nous avions croisé un certain Ruben à la soirée de Little Joe en 2019: autant dire que le film sera non seulement en compèt, mais également au palmarès!)

Le Soleil de l’Avenir / Il Sol Dell’Avvenire – Nanni Moretti
Grosse présence transalpine attendue cette année, avec en tête de liste le nouveau bébé du cinéaste palmé (à qui on avait foutu la projo de Tre Piani le soir de la finale de l’Euro opposant l’Italie à l’Angleterre il y a de ça deux ans…) Le Pacte n’a pas encore lâché beaucoup d’infos sur ce film dont on sait qu’il s’articule entre les années 50 et 70, avec un certain Mathieu Amalric dans le lead role, donnant notamment la réplique à Margherita Buy et Silvio Orlando. L’histoire d’un film dans le film où un réalisateur – qu’on imagine en crise – s’apprête à boucler le long-métrage le plus ambitieux de toute sa carrière. Après The Fabelmans et Empire of Light, l’année des lettres d’amour au cinéma?

Les Herbes Sèches – Nuri Bilge Ceylan
Tout récemment programmé au 12 juillet (tiens donc), c’est l’autre film Memento qu’on voit mal skipper la case Compétition cette année: on n’arrive même plus à se souvenir de la dernière fois où le Turc n’a pas été convié au Festival (probablement l’époque pré-Frémaux). Dans un village isolé d’Anatolie – how surprising, Nuri! – Samet, jeune professeur célibataire, finit son service obligatoire en espérant être nommé à Istanbul. Son affectation manquée, il perd alors tout espoir d’échapper à la vie morose dans laquelle il semble embourbé. Mais sa rencontre avec Nuray, professeure comme lui, va peut-être lui permettre d’aller au-delà de ses idées noires et de ses appréhensions… Un casting composé de noms vraiment mal connus en France (Deniz Celiloğlu, Merve Dizdar, Musab Ekici) et un profil vraiment pas mal pour tenter d’aller chercher une deuxième Palme, après celle glanée par Winter Sleep en 2014, au nez et à la barbe d’un Xavier Dolan “seulement” récompensé d’un Prix du jury (mais véritablement dégoûté de s’être fait coiffer au poteau par un Turc au nom imprononçable venu avec un film de 3 heures et 16 minutes).

Jeanne du Barry – Maïwenn
Difficile d’imaginer également le festival se passer d’une cinéaste over-choyée par Frémaux, de retour avec un film à 20 millions d’euros de budget (merci, le co-producteur saoudien) starring Maïwenn herself, Melvil Poupaud, Pierre Richard, Noémie Lvovsky, Pascal Greggory, India Hair, Micha Lescot et l’inénarrable Johnny Depp (rép à ça, Sofia Coppola). La star aurait eu une relation plus qu’orageuse avec Maïwenn, à en croire notre respecté chroniqueur Bernard Montiel… Une pièce montée accompagnée par Le Pacte, Why Not et Wild Bunch: autant dire que la date de la projection officielle a déjà été fixée.

Memory (titre provisoire) – Michel Franco
Toujours très peu d’informations à se mettre sous la dent pour le nouveau Michel Franco: on connaît le lieu de l’action (New York), le chef-op (le fidèle Yves Cape) et le casting, composé par Jessica Chastain, Peter Sarsgaard, Elsie Fisher, Merritt Wever, Josh Charles ou encore Jessica Harper, revenue donc de ses incartades chez Luca Guadagnino. Elle pourra donc en profiter pour présenter une énième version restaurée de Phantom of the Paradise ou de Suspiria du côté de Cannes Classics, à moins que les sélectionneurs ne leur préfèrent le plus méconnu Shock Treatment (1981)?

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