[CANNES 2019] «Sibyl» de Justine Triet?

Le Chaos enquête avant l’annonce de la sélection de Cannes 2019 et se demande si Juju a ses chances sur la Croisette.

PAR GAUTIER ROOS

Vous connaissez maintenant la formule qui réussit plutôt bien aux films de Justine Triet : une femme de tempérament (assez nettement portée sur l’alcool) traverse ce qui s’apparente à une crise, entourée par des hommes pas franchement dégourdis.

Le synopsis officiel de Sibyl fait état d’une romancière reconvertie en psychanalyste depuis 10 ans (Virginie Efira), désireuse de retrouver la plume. Alors qu’elle semble avoir mis le divan de côté, une patiente campée par Adèle Exarchopoulos la supplie de la recevoir, et lui fait part de ses problèmes. Révélations qui ne vont pas sans perturber totalement le processus créatif de l’ancienne animatrice de La Nouvelle Star (avec Dove Attia).

Mais c’est encore sur la fan page de Virginie qu’on trouve les meilleurs compléments d’infos (pourquoi donc s’embêter à lire les copier-coller des journalistes ciné ?) : Adèle Exarchopoulos camperait une jeune actrice enceinte en passe de se faire avorter, ce qui ferait écho aux propres tourments de Sibyl, qui se mettrait à enregistrer ses propres séances (« elle part en vrille : elle se retrouve sur les lieux du tournage de son propre film qu’elle dirige elle-même »)…

À mi-chemin entre Woody Allen et Fellini, un film dans le film ? Cela explique peut-être pourquoi une partie du projet a été tournée à Stromboli et qu’une scène nécessitant 100 figurants semble reconstituer une soirée s’étalant des « années 20 aux années 50, les années folles à l’ambiance du film Casino de Martin Scorsese ». Les annonces de casting n’étant pas toujours ce qu’on fait de plus précis en termes historiques, mais qu’importe : rien n’est incohérent dans la psychanalyse, non ?

On retrouvera à la photographie de cette « dramédie » Simon Beaufils, l’homme derrière Fidelio, l’odyssée d’Alice, Victoria et Bêtes blondes, mais surtout Les îles et Un couteau dans le coeur du copain Yann Gonzalez. Yepah !

Pourquoi ça sent bon : Gaspard Ulliel, Niels Schneider, Laure Calamy, Paul Hamy, Sandra Hüller (la révélation de Toni Erdmann). On a vu pire casting pour une réalisatrice qui bouclait son premier long avec à peine 800 000 euros il y a 6 ans.

Pourquoi ça pourrait coincer : Tourné en toute discrétion l’été dernier, le film semblait loin d’être prêt au moment où on évoquait nos attentes pour 2019. On l’a vu se blottir dans la liste de moults pronostiqueurs, mais est-il vraiment prêt au juste ? Et pourquoi ne pas avoir gardé ce titre tout désigné : La dernière séance ?

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