Culte des années 90 : Donna Lewis – « I Love You Always Forever »

En l’an de grâce 1996, Donna Lewis arrive avec un tube très doux et très pop qui passe sur toutes les radios, cartonne au Hit Machine de Charly et Lulu et renvoie aux cartons de Cyndi Lauper, Kate Bush et autres Cock Robin. Galloise de Cardiff, pianiste et chanteuse, elle n’est pourtant pas une débutante parachutée par une maison de disques au moment où sort son I Love You Always Forever. Elle a passé plus de dix ans à jouer dans des groupes de reprises, à enseigner la flûte, à se produire dans des piano-bars. I Love You Always Forever a d’ailleurs été fabriqué dans des conditions assez artisanales : Lewis raconte l’avoir écrit chez elle, à Birmingham, sur un petit Portastudio huit pistes. Elle puise son inspiration dans Love for Lydia, le roman de H. E. Bates, dont l’atmosphère de campagne anglaise lui donne envie de créer une chanson qui ressemble à une rêverie amoureuse. C’est de là que Lewis emprunte ces mots : ”I love you always forever, near and far closer together ». Elle chante dans un registre léger, presque fragile, tandis que la production installe une pulsation obstinée, des claviers vaporeux et ce refrain qui finit par tourner en boucle dans la tête.

Aux États-Unis, I Love You Always Forever devient l’un des plus gros tubes radio de l’année, jusqu’à être entendu par environ 100 millions d’auditeurs en une seule semaine selon les données citées par le Los Angeles Times dans un article intitulé Will Radio Play Her Music Always Forever?. Dans ce même article, on peut lire que Lewis reste neuf semaines à la deuxième place du Billboard Hot 100, bloquée par l’incontournable Macarena de Los del Río. C’est incontestablement ce qu’on appelle un « one-hit wonder » et Donna Lewis restera largement associée à cette seule chanson. N’empêche : près de trente ans plus tard, le morceau continue de trouver de nouveaux imaginaires. On a entendu le titre dernièrement en conclusion de Teenage Sex and Death at Camp Miasma, le dernier long métrage de Jane Schoenbrun. Interrogée sur ce choix dans Queerty, Schoenbrun ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme : « C’est la meilleure chanson ! », avant d’ajouter : « C’est peut-être la meilleure chanson de tous les temps ». Si c’est Jane qui le dit, c’est que c’est peut-être vrai…

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