Demon, Jérémie Mondon de son vrai nom, a signé avec You Are My High l’un des classiques de la French Touch de la fin des années 90 et du début des années 2000. Sorti en 2000 sous le nom de Demon vs. Heartbreaker, le morceau est construit autour d’un sample de You Are My High du Gap Band. Le mystérieux « Heartbreaker » n’existait en réalité pas : Mondon a expliqué par la suite qu’il s’agissait d’un faux featuring destiné à donner une identité au sample. Après ce succès, Demon poursuivra son activité de producteur et de remixeur avant de se tourner notamment vers la production rap, travaillant entre autres pour Booba et La Rumeur. Le plus énigmatique demeure son clip, réalisé par Julien Bréart, Julien Creuzard et Fabien Dufils, et directement inspiré d’une couverture du magazine WAD. L’idée naît d’un poster représentant un baiser, aperçu dans les locaux du label. Demon raconte que Julien Creuzard lui aurait alors proposé d’en faire le concept du clip.
French kiss pour French Touch : deux bouches, filmées en gros plan, qui s’embrassent à pleine langue pendant plus de deux minutes. Le clip, conçu comme un plan-séquence fixe, joue volontairement sur l’ambiguïté : le cadrage extrêmement serré masque presque entièrement l’identité des deux protagonistes. Plus Andy Warhol que scandaleusement sexy, dans l’esprit. « Le tournage était marrant, hyper spécial », se souvient Demon à Mixmag en 2017. « On filmait une toute petite fenêtre et tu avais les deux acteurs et toute l’équipe derrière. Pour avoir un grain d’image et un mouvement un peu sensuel, le clip est un peu au ralenti. Donc on a tourné avec la musique en accéléré. »
Bien sûr, il y a cette question inéluctable, inhérente à ce langoureux exercice de bisou donnant envie d’en faire : mais à qui appartiennent donc les deux bouches de ce somptueux baiser ? Spoiler dans cet article : à l’actrice Draghixa et à Hakim, un jeune mannequin alors âgé de 18 ans. Draghixa était à l’époque connue pour sa carrière dans le cinéma pour adultes, mais le clip joue justement sur le fait que l’identité des deux protagonistes n’est pas immédiatement identifiable à l’écran…



