[CRITIQUE] LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS de Saverio Costanzo

Adaptation du best-seller de Paolo Giordano, La solitude des nombres premiers est un titre-métaphore traduisant les destins étroitement liés d’un homme/garçon et d’une femme/fille aux capacités intellectuelles exceptionnelles, fragilisés par un traumatisme. En opposant la raison et les sentiments, le récit privilégie une piste psychologique (la nécessité presque romantique de trouver un autre pour les comprendre) pour raconter une histoire d’amour travaillée par le manque de communication. Comment la conséquence d’un acte peut corrompre une existence à jamais? Comment devient-on prisonnier de son éducation et de l’obligation d’être supérieur aux autres? Comment une sensibilité et une intelligence exacerbées peuvent rendre autiste? Comment l’incapacité d’être frivole, les pulsions interdites et la déception dans le regard des parents font souffrir? Rétifs aux notions altruistes, effrayés à l’avance d’affronter la vie, les enfants brimés sont devenus des adultes tristes qui conservent des traces de leur éducation drastique sur leurs corps mutilés.

Le sujet est beau mais Saverio Costanzo utilise toute la gamme du contorsionniste (flash-backs, sauts temporels et spatiaux, fuites en avant maniéristes), et, comme ses personnages, ne semble pas spécialement à l’aise dans un registre émotionnel. Surtout, il n’est pas aussi doué que Julio Medem (Les amants du cercle polaire). La construction narrative, qui pouvait fonctionner à l’écrit, devient «programmatique» à l’écran – à l’image de la bande-son trop au diapason; et la mise en scène esthétisante emprunte aux canons du cinéma transalpin, en considérant le cinéma comme une somme d’effets et de symboles qui permet d’affirmer une artificialité bien léchée. Or, on n’est pas loin de la redondance, voire de la complaisance dans la solitude morbide. A l’inverse, si l’illustration avait suggéré le contraire (rendre possible ce qui ne l’est pas), l’ensemble aurait gagné une dynamique, une ambigüité, une épaisseur onirique réellement poignantes. L’obsession concernant l’influence du hasard sur les existences dilue au passage l’intérêt pour ces tranches de vies pathétiques qui, faute d’avoir connu la chance de se «transformer», ont arrêté d’y croire.

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