Sous un soleil caniculaire, Purdey, dix-sept ans, et son frère Makenzy, quinze ans, sont livrés à eux-mêmes et tentent de se débrouiller seuls. Alors que Purdey fait des ménages dans un complexe hôtelier, Makenzy se fait un peu d’argent en volant des touristes et en vendant des vélos à la retape. Entre l’insouciance de l’adolescence et l’âpreté de la vie adulte, ils devront se soutenir l’un l’autre dans ce voyage qui semble bien être le dernier été de leur jeunesse…
Oui, ce n’est pas le pitch le plus original du monde, mais la façon qu’a la cinéaste de saisir des menus détails – ces maudits sacs Lidl qui nous laissent d’affreuses traces sur les mains, pour vous donner un exemple – force quelque peu l’admiration, cette chronique réussie s’inscrivant dans un sous-genre bien particulier (appelons ça le film d’été à dominante mélancolique: Un monde sans femme, Le ciel les oiseaux et ta mère, Baden Baden…).
Au-delà du thème attendu sur la perte de l’innocence liée à l’enfance, le film esquisse un tableau assez fin de la lutte des classes – le grand impensé de bon nombre de films francophones – le temps de deux scènes aussi douces que glaçantes (un fils à papa niant sa condition de môme bien pourvu au cours d’une discussion sur une plage, un agent immobilier pensant faire preuve de tact quand il explique à la jeune Purdey qu’elle n’a « pas le profil » pour postuler pour un logement joliment agencé, ce qui est une totale absurdité dont seul notre méchant monde tragique est capable quand on y pense deux minutes). Le film touche incontestablement quelque chose de juste, pétri de douce cruauté qui rend l’ensemble des personnages humains (donc pas manichéens!) Et on y a dégoté la meilleure réplique-insulte du festival de Cannes en 2023: «Flamant, va!» G.R.
3 avril 2024 en salle | 1h 22min | Comédie, DrameDe Paloma Sermon-Daï | Par Paloma Sermon-Daï Avec Makenzy Lombet, Purdey Lombet, Donovan Nizet |
3 avril 2024 en salle | 1h 22min | Comédie, Drame


