Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui qui s’efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement…
Après American History X (1998) et Lake of Fire (2006), son documentaire moralement douteux sur l’avortement, Tony Kaye, réalisateur abrasif et politiquement incorrect, dirige Adrien Brody dans le rôle de Glenn Ford dans Graine de Violence (Richard Brooks, 1955). Depuis maintenant cinquante ans, c’est à chaque fois la même histoire : un professeur idéaliste et courageux tente de s’imposer dans une école essentiellement fréquentée par des délinquants juvéniles. On ne compte plus le nombre de productions du même genre témoignant du malaise de la jeunesse : Elegy To Violence (Seijun Suzuki, 1966), Panic High School (Sogo Ishii, 1978) ou encore Class 84 (Mark L. Lester, 1982). Creuser ce sillon implique donc une approche contemporaine et un discours inédit. C’est bien tenté, surtout lorsqu’il s’agit de retranscrire un chaos social inéluctable – quitte à ce que l’excès de noirceur paraisse grotesque. Seulement, malgré la conviction de Tony Kaye et de ses comédiens, ça reste un semi-échec : entre les soliloques face caméra, la stylisation outrancière, l’inflation glauque, les personnages outrés et les bonnes intentions propres à la catéchèse sociologique, le résultat n’évite pas la démagogie ni le pathos.


![[JEUNE ET CHAOS] ANATOLE LEVILAIN-CLEMENT](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2022/03/Capture-décran-2022-03-13-à-00.10.35-1068x1044.png)