Lorsque Paris Is Burning paraît en 2008, Ladyhawke veut raviver, avec classe, les sonorités et l’esthétique des années 1980 dans la pop et force est de constater que ça marche bien, et que c’est mieux qu’un simple pastiche. Le single, sorti le 30 juin 2008 sur Modular/Island, est le deuxième extrait du premier album éponyme de Ladyhawke. Derrière ce nom se cache la Néo-Zélandaise Pip Brown, alors âgée de 27 ans, qui s’est d’abord fait connaître dans la scène rock indépendante avant de se tourner vers cette électropop très marquée par les années 80. Le morceau est écrit par Brown avec Roy Kerr et Anu Pillai, ces deux derniers assurant également la production sous le nom de Kid Gloves. Dès sa sortie, Paris Is Burning attire l’attention : The Guardian le présente comme un futur succès international et souligne son mélange de rythmes électroniques, de batterie synthétique et de sensibilité pop.
La bonne nouvelle, c’est que la chanteuse propose avec ce single une production fortement marquée par l’électronique et les codes de l’électropop de la décennie. Paris Is Burning s’appuie ainsi sur une écriture pop directe et une production qui revendique clairement cette filiation avec les années 80 : on pense notamment à Kim Wilde, Grace Jones ou encore aux Bangles. Plusieurs critiques de l’époque rapprochent également Ladyhawke de la pop synthétique de Cyndi Lauper, de Garbage ou de Fleetwood Mac période fin 80. Pas faux. Pitchfork relève notamment, dans le morceau, une parenté avec Cars de Gary Numan, tandis que The Guardian insiste sur son caractère très pop et électronique. Cette accumulation de références pourrait facilement produire un exercice nostalgique ; or la personnalité de Pip Brown permet au titre de rester identifiable.
La production associe avec efficacité une ligne de basse épaisse à des nappes et textures électroniques, créant un contraste entre le registre pop du titre et son assise rythmique. Il n’est donc pas interdit de la comparer à une rencontre entre Le Tigre et le producteur Trevor Horn. Et puis quel hommage à notre bonne vieille capitale ! Paris Is Burning aurait été écrit à la suite d’un séjour de Pip Brown à Paris, et la ville y est présentée à travers une atmosphère nocturne et agitée, résumée par la phrase « Paris is screaming all night long ». Le titre transforme ainsi la capitale en décor d’une chanson consacrée à la nuit, au mouvement et à l’intensité urbaine. Cette dimension est renforcée par le clip, réalisé par le Danois Casper Balslev, dans lequel Brown déambule dans les rues de la ville. En bref, Paris Is Burning participe pleinement au séduisant renouveau de l’électropop inspirée des années 80 qui marque la fin des années 2000, mais sans franchement se limiter à reproduire ses modèles.



