La douce pente de la médiocrité que dévale André Øvredal a de quoi inquiéter, surtout après les bonnes surprises que constituèrent Troll et The Autopsy of Jane Doe. Au banc des accusés, un Scary Stories to Tell in the Dark au potentiel monstre réduit à un catalogue d’effets grossiers, puis The Last Voyage of the Demeter, énième relecture de Dracula dont l’utilité était probablement égale à celle d’un ventilateur posé sur la banquise. Après plusieurs années d’absence et un détour SF en terre natale, le réalisateur norvégien revient sous l’égide de Paramount Pictures avec ce qu’il décrit comme « son film le plus terrifiant ». Une manière de se tirer une balle dans le pied comme une autre…
Premier plan, premier jump-scare, juste une voiture fonçant sur la route : Passenger n’attend pas longtemps pour augurer le pire. Et ça ne s’arrête pas là : avec son couple niais sorti d’un téléfilm Hallmark, tout le maigre capital sympathie du bidule s’effrite très vite. L’élément surnaturel (un boogeyman grimaçant poursuivant sur la route deux baroudeurs fraîchement fiancés) relève d’une fainéantise confinant à l’indécence. Jump-scares à la moindre occasion, cuillère à café de gore pour justifier le R-rated, et catho porn à toute berzingue : Øvredal semble persuadé de tourner encore son Dracula, et il faut ici se tourner vers saint Christophe puis filer sous le toit de mère l’Église pour se débarrasser du démon envahissant. Et en profiter pour resserrer les liens sacrés du mariage, évidemment. La seule idée vaguement poétique dans cet océan de bêtise : un projecteur de cinéma diffusant Roman Holiday est utilisé dans la panique pour éclairer des bois hostiles, faisant apparaître le visage d’Audrey Hepburn comme un songe dans la nuit.
20 mai 2026 en salle | 1h 34min | Epouvante-horreurDe André Øvredal | Par Zachary Donohue, T.W. Burgess Avec Jacob Scipio, Lou Llobell, Melissa Leo |
20 mai 2026 en salle | 1h 34min | Epouvante-horreur


