[CRITIQUE] THE DARK KNIGHT RISES de Christopher Nolan

Avec ses péripéties et ses moments forts, « The Dark Knight Rises » conclut de manière satisfaisante la saga Batman. Grâce à un savoir-faire indéniable dans la gestion des effets illustratifs, Christopher Nolan est parvenu à donner une forme cohérente, à aligner à la bonne place et au bon moment les éléments nécessaires et à assurer une parfaite continuité dans cette trilogie exceptionnelle. Dans cet ultime épisode, exploitant la notion de martyr suggérée à la fin de « The Dark Knight », on trouve tout ce qu’on espérait et même plus : Nolan combine les approches denses des deux précédents volets en piochant autant dans l’actualité que dans les comics (Batman Knightfall). Sur plus de deux heures trente, le résultat apporte son lot d’enseignements ou plutôt de confirmations. En profondeur, Batman épouse toutes les contradictions du héros Nolanien, taraudé par une obsession – en l’occurrence le visage d’une femme aimée et disparue, hanté par la mélancolie, rongé par la culpabilité. Le super-héros-démiurge est affaibli, enfermé dans sa tour d’ivoire. Pour survivre, il doit briser la glace.

Le film paranoïaque et désarmé au sens propre, plus ancré dans la réalité que dans l’artifice, a un goût de cendres : il mélange l’épique et l’intimisme, recèle autant d’abîmes existentiels que politiques et témoigne de la vision de son auteur. Surtout, « The Dark Knight Rises » reflète les convulsions de l’époque, bouleversant l’ordre moral, les codes sociaux et politiques (les hauts dirigeants prêts à pactiser avec l’ennemi, la menace terroriste, l’impuissance de la justice). Dans ce contexte de chaos et de révolution, la schizophrénie est moins marquée chez Batman que chez les autres personnages, produits de Gotham City, qui possèdent une double face et se révèlent finalement moins extrêmes que le Joker (Heath Ledger) qui, lui, n’en avait qu’une seule. Ici, le méchant, c’est Bane (Tom Hardy), monstre au corps maladivement sculptural qui porte des stigmates et s’impose presque malgré lui comme le double noir de Batman. Leurs fonctions sont différentes (protéger pour Batman, détruire pour Bane) mais on comprend rapidement que leurs trajectoires ne sont pas si opposées. Ceux qui agissent au nom du bien ont leur part obscure, secrète et tourmentée ; et inversement ceux qui représentent le mal ne se résument pas à des archétypes. Anne Hathaway détermine bien l’ambiguïté de Catwoman/Selena Kyle qui peut se révéler à la fois complice et ennemie, bonne et mauvaise. Elle affirme un caractère indépendant, une sexualité libre et agit toujours en fonction de ce qui est le mieux pour elle. Joseph Gordon-Levitt défend John Blake avec une discrétion exemplaire et son personnage prend de plus en plus d’importance au fil du récit sans que l’on s’en rende compte.

Plus généralement, le traitement est d’une noirceur abyssale et le climat apocalyptique, proprement fascinant. Si certains risquent de remettre en cause les différents retournements de situation, ils accentuent la dimension romanesque et témoignent au passage de réelles prises de risque – ce qui, dans le cadre d’un blockbuster n’est pas si fréquent. Quant aux scènes spectaculaires comme la destruction du terrain de foot, elles sont mémorables, ridiculisant sans problème toute la concurrence actuelle. Aujourd’hui, qui dit mieux  ?

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Date de sortie 25 juillet 2012 (2h 44min) De Christopher Nolan Avec Christian Bale, Gary Oldman, Tom Hardy Genres Action, Thriller Nationalités Américain, Britannique[CRITIQUE] THE DARK KNIGHT RISES de Christopher Nolan
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