[CRITIQUE] SLEEPING GIANT de Andrew Cividino

Not another teen movie. Adam est un adolescent qui passe l’été avec ses parents au bord du vaste Lac Supérieur, à la frontière des États-Unis et du Canada. Sa routine se brise quand il se lie d’amitié avec Riley et Nate, deux cousins qui jouent aux petits malins en passant leur temps libre entre débauche, insouciance et sauts périlleux du haut des falaises.

Souvenirs, souvenirs. Dis donc, il s’en passe de jolies choses au lac Supérieur, pas loin du Canada. Cela donne presque envie de s’y installer… Flanqué de copains pas aussi sensibles que lui et de parents égoïstes, le jeune Adam apprend l’infidélité de son père et n’a pas les mots pour communiquer ce qu’il ressent. Soudain, la bulle insouciante dans laquelle il vivait éclate à la faveur de l’été (ce fameux été où il va grandir) et des sentiments inattendus le submergent, de la jalousie au désir indécis. Dans ce film totalement autobiographique, Andrew Cividino raconte une révolution intérieure et sonde les valses hésitations de l’adolescence pleine de zones d’ombre dorées, hantée par des pulsions de vie comme de mort.
Pourtant, le teen-movie est un genre trop balisé pour ne pas voir toute nouvelle mouture comme périlleuse. Comment faire du neuf sur le thème: qu’elle était complexe, mon adolescence… Ici, c’est attractif un quart-d’heure. Et puis un doute vous prend… Ce Sleeping Giant n’innove en rien des années après les chefs-d’œuvre réalisés par Larry Clark et Gus Van Sant sur le même canevas. Si Cividino a du tact, il est beaucoup moins fort et beaucoup plus mimi pour marquer les esprits. D’où le côté pas déplaisant mais anodin et donc anecdotique dans ce qu’il filme et capte. Avec, en sus et en dépit de la passion, l’aspect « court étiré en long » un peu flottant, un peu fastidieux aussi. On ne trouvera rien que de très classique dans la narration, la mise en scène, les enjeux psychologiques. Certes, ça ne donne aucunement envie de s’énerver, mais ça manque de chaos de partout et c’est sans ambition, sans caractère, sans aspérité, sans rébellion. Et devant de promesses de chaos non confortées, on sort fatalement déçus. Bref, pour la révélation estampillée Semaine de la critique, on repassera.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

« Crystal Lake » : la franchise horrifique « Vendredi 13 » déclinée en série

Les studios A24 et la plateforme Peacock ont dévoilé...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
Sleeping Giant Date de sortie 17 février 2016 (1h 29min) De Andrew Cividino Avec Jackson Martin, Reece Moffett, Nick Serino Genres Aventure, Drame Canadien [CRITIQUE] SLEEPING GIANT de Andrew Cividino
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!