A l’ère des réseaux sociaux, un nouveau gimmick est en train de faire des adeptes un peu comme le found footage en son temps: c’est le live streaming, qui a inspiré au moins deux films avec des résultats très différents.
Le moins mauvais est anglais: Paul Dood’s Deadly Lunch Break de Nick Gillespie raconte comment un rêveur se prépare à poser sa candidature à un compétition façon Nouvelle star. Mais par un concours de circonstances fâcheux, sa mère meurt le jour où il se présente, et il décide de se venger des responsables en filmant son entreprise en direct, et il devient un héros. En équilibre permanent, le film est sauvé du ridicule par la force de conviction de son interprète principal et par une mise en scène solide.
Ce qui n’est pas le cas du russe Blue Whale de Anna Zaytseva, filmé du point de vue d’un téléphone portable pour les scènes d’extérieur ou depuis un ordi lorsque l’actrice principale s’adresse à son public. Elle enquête pour retrouver les organisateurs d’un jeu en ligne qui pousse les joueurs à des actes extrêmes, comme sa soeur qui s’est suicidée en direct. L’intrigue indigente et ultra prévisible est parasitée par la prolifération de signaux sonores, et la multiplication simultanée d’écrans ouverts en permanence. Comme les personnages parlent en russe, il faut lire les sous-titres pour comprendre, tout en suivant les conversations des followers, qui utilisent une novlangue internationale pour exprimer leurs pensées du genre: «No way, bro!». C’est stupide et irritant. G.D.

